Deadlight – la critique

On sait tous que les zombies n’ayant pas encore envahi notre planète, même si ça ne saurait tarder, l’ont fait virtuellement du côté des jeux vidéo et des films. Les jeux se multiplient à la même vitesse que Sonic, c’est à dire très rapidement. Mais qu’arrive-t-il lorsque l’on mélange l’atmosphère de Limbo, le scénario de Walking Dead et la jouabilité d’un Shadow Complex? Un bon jeu que vous devez avoir dans votre ludothèque.

Scénario:

Vous campez le rôle de Randall Wayne, un homme complètement démoli par la perte de sa famille dû à une épidémie ayant ravagé et semé le chaos dans un Seattle version 1986 complètement défait. Ah oui, le plus important, la race humaine est transformée en… zombies. Vous serez plongé dans un cauchemar, mais réel au cours duquel vous rencontrerez certaines personnes qui feront équipe pour survivre aux Ombres, le nom donné aux zombies dans le jeu. Jusque-là, ça va, mais cette cellule de résistance devra se séparer après que Randall ait dû mettre fin aux jours d’une de ses collègues s’ayant fait mordre par un infecté et s’étant transformé en bête sanguinaire. Par contre, cet événement révélera aux zombies l’endroit ou les survivants tentaient de survivre tant bien que mal. Vous aurez donc, à partir seul en quête de survie pour ainsi affronter vos cauchemars et tenter de retrouver les êtres chers.

Certes, le scénario peut paraître simplet et fortement inspiré de la série à succès Walking Dead, n’en reste pas moins que le récit renferme plusieurs rebondissements et événements inattendus. Pour les fans de Walking Dead, vous remarquerez le nombre de clins d’oeil, c’est effarant. Le gros point négatif du titre, vient du fait que l’on ne s’attache pas vraiment au personnage principal. On a parfois de la difficulté à suivre le résonnement de Randall qui semble vraiment perdu dans ses pensées. On peut cependant l’excuser, qui ne serait pas perdu après avoir perdu sa famille?

Durée de vie et modes de jeu:

Plus tôt, je brossais un parallèle avec Limbo et les similarités sont nombreuses avec la durée de vie en tête. Il vous a pris cinq heures pour venir à bout de Limbo? Alors, compter le même nombre d’heures pour voir le déroulement final de l’histoire. Malgré quelques items cachés à trouver comme des cartes d’identité des gens morts ou les pages du journal de Randall, le jeu n’offre pas une très grande rejouabilité. Lorsque vous aurez terminé le jeu, vous pourrez y revenir pour tester trois mini-jeux qui sont sans grand intérêt. Le jeu s’arrête donc à un seul mode solo et rien en multijoueur. Il aurait été bien de jouer la campagne à deux, en local du moins. Donc, cinq heures de jeu avec pratiquement aucune rejouabilité pour 15$, c’est un peu cher tout de même.

Les contrôles:

Vous avez aimé Shadow Complex et Limbo? Alors, vous apprécierez Deadlight. Plus souvent qu’autrement tout se fait sans problème. Tout sauf les sauts. Un peu comme le jeu de Playdead, les sauts vous feront atterrir vers votre mort deux fois sur trois. Votre personnage est porté à effectuer un pas ou deux après l’impact ce qui le déstabilise et le repousse du point sélectionné pour l’atterrissage. Pour les petits sauts, ça peut aller, par contre face à un précipice… L’instabilité est de mise. Autre point négatif, on s’entend que lorsque vous avez une horde de zombies à vos trousses, vous accélériez le pas soit en courant ou en escaladant ou montant des échelles. Ici c’est tout le contraire, Randall ne fait preuve d’aucune vitesse d’action lorsqu’il gravite vers un point plus haut. Ce qui s’avère fort frustrant lorsque l’on doit s’échapper. Les combats sont simples, mais efficaces. Comme les zombies sont très solides, compter parfois par exemple quatre ou cinq coups d’une arme pour en venir à bout. Petit conseil, lorsqu’ils sont au sol, achevez-les. Ils ne pourront se relever. Vous aurez plusieurs puzzles à résoudre, mais jamais aussi difficile que Limbo. Prenez votre temps pour analyser votre environnement et tout devrait aller.

Le graphisme:

Le parallèle avec Limbo est encore frappant. Le style artistique rappel encore une fois l’excellent titre réalisé par Playdead. Le principe des teintes de gris et de noir avec quelques couleurs fonctionne très bien. Vous serez les trois quarts du jeu plongez dans la pénombre. Les ennemis seront toujours de couleur noire avec des yeux verts ou rouges. Un autre bon point vient de la très grande fluidité des animations. Il y a plusieurs trucs qui se produisent en arrière-plan: des explosions, des destructions, des objets qui tombent ce qui rajoute à l’immersion. Pour ce qui se déroule à notre vue, on a une réelle impression de jouer le rôle principal d’une bande dessinée interactive. Ce n’est pas clairement du cel shading, mais le titre en comporte tout de même une certaine dose.  Il demeure un style artistique de plus en plus répandu. Les cinématiques vous rappelleront le jeu de Telltale Games qui remporte un immense succès: The Walking Dead. Bref, un aspect visuel qui tape à l’oeil sans se prendre la tête.

Musique et sons ambiants:

Appart la musique du menu au départ qui est sublime, dans le reste du jeu elle se fera oublier très rapidement. Pour ce qui est de la trame sonore, c’est bien, mais sans plus. On entend souvent des voix, mais c’est surtout celle du héros principal qui restera en tête. Pas pour son grand jeu d’acteur, mais justement sa trop grande exagération face à ses émotions. Parfois, c’est trop poussé tandis qu’à d’autres moments, c’est dénudé d’expressions. On dirait presque un lecteur de nouvelle qui lit son texte. À l’opposé, les effets sonores sont très bien réalisés et intégrés à l’action. Les zombies ont des bruits classiques, mais toujours aussi épeurants. Les décors aussi apporte leur lot de sons ambiants. Je prends par exemple lorsque vous devez briser des planches de bois pour passer d’une zone à une autre. On y croit vraiment. Bref, ça passe bien et l’ambiance est bien ressentie.

En conclusion:

Certes le titre n’est pas extraordinaire, mais n’est pas foncièrement mauvais non plus. Il apporte son lot de bonnes idées inspirées d’autres titres forts populaires. Par contre, pour sa faible durée de vie, il s’avère un peu cher. Peut-être vous devriez tester la démo avant d’en faire un achat. Par contre, lorsqu’il sera offert en rabais ou lors d’une promo, vous devriez en faire l’achat pour le rajouter dans votre ludothèque.

Cote FG: 7.5/10

Points positifs:

  • L’ambiance de Walking Dead
  • Le meilleur de Limbo
  • Le jeu des ombres versus la pénombre
  • Les puzzles
  • L’aspect BD

Points négatifs:

  • La faible durée de vie
  • Pratiquement aucune rejouabilité
  • La jouabilité (les sauts)
  • Le coût

Caractéristiques:

  • Développé par Tequila Works
  • Publié par Microsoft Studios
  • Jeu de survival horror à défilement latéral
  • Exclusif à la Xbox 360 via XBLA
  • Mode solo
  • Disponible depuis le 1er août 2012
  • Coût: 1200 points
  • Version anglaise, sous-titrée en français
  • Site officiel: http://deadlightgame.com/