(CRITIQUE) Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate

La série Castlevania : Lords of Shadow revient dans l’actualité vidéoludique avec le lancement de Mirror of Fate. Ce nouvel épisode scellera le destin du 2e (mais 3e) volet de la nouvelle légende créée par Konami et MercurySteam. Il s’agit d’une exclusivité 3DS… qui sera tranquillement oublié.

Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate nous présente une histoire centrée sur les héritiers de Gabriel Belmont qui est désormais Dracula. Révélé dans le premier jeu, le fils de Gabriel, Trevor, s’est donné pour mission de vaincre Dracula mais, une fois dans le château, il n’en est jamais ressorti. Simon, le fils de Trevor, suivra les traces de son père et voudra venger la mort de sa famille. Il croisera sur son chemin un être mystérieux du nom d’Alucard.

Le prologue nous présente donc Gabriel Belmont dans une de ses quêtes alors qu’il quitte Marie, sa femme, et n’est nullement au courant de la naissance de Trevor. Le prologue sert de tutoriel hautement efficace où les mouvements de base sont bien expliqués et, bien que vous soyez immortel sur ce passage, vous aurez le temps nécessaire de mettre en pratique la jouabilité car elle sera nécessaire à la complétion du jeu qui repose sur plusieurs scènes d’action sans toutefois rejeter l’aspect exploration. Dès lors, on remarque un style d’animation assez lent : la fréquence d’image est peu élevée. Nous sommes en 2013 et je trouve ça un peu bizarre sachant que la 3DS nous a habitués à des jeux avec une meilleure fluidité. Est-ce la décision de Konami d’avoir importé une mouture HD sur la 3DS? Je n’en sais rien puisque le jeu est surchargé de détails. On sent ses défauts et ses qualités dès le départ.

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Le jeu est de style action/aventure avec défilement 2D et modélisation 3D. Les contrôles sont, à ma grande surprise, très simples! Vous marchez et courez avec le Pad Circulaire mais vous ne pouvez vous accroupir ce qui devient très difficile à prendre en compte lorsqu’on doit éviter certaines attaques. À l’instar, il est possible d’effectuer des roulades en tenant le bouton L et en donnant un coup vers la droite ou la gauche avec le Pad Circulaire. Pour parer les attaques, il faut tenir le L mais certaines d’entre elles ne peuvent être parées et un indice lumineux est généralement laissé. Pour attaquer avec votre croix de combat qui est un fouet, deux types de mouvement s’offrent à vous : avec le bouton X, vous utilisez un fouet (ou une chaîne de combat obtenue plus tard dans le jeu) pour attaquer avec une portée assez énorme. Avec le bouton Y, vous effectuez des attaques directes et plus puissantes. Le menu sur l’écran tactile nous permet de voir la carte (digne de Metroid), sélectionner nos pouvoirs magiques, armes secondaires et consulter un registre pour voir les informations de notre personnage et les combos. Tout se fait rapidement et les combos, dès le départ, simples à effectuer… peut-être trop simples à cause du manque de fluidité. Vous pouvez obtenir de nouveaux combos en gagnant de l’expérience. Ces points XP sont attribués lorsque vous tuez des ennemis et boss en plus d’accomplir certaines énigmes ou même en trouvant des tas d’os bien identifiés avec un nuage violet. Cependant, y accéder n’est pas toujours d’une facilité puisque certains exigeront des allers-retours ce qui pourrait rebuter certains joueurs. Les points XP n’augmentent pas votre vie ou votre magie : il vous faudra trouver, comme les tas d’os, des coffres spéciaux. Au final, vous ne gagnez rien en force mais certains combos seront plus efficaces contre d’autres ennemis.

Cela dit, un joueur occasionnel pourrait voir son personnage mourir plusieurs fois mais après une mort, le personnage récupère de la vie (et de la magie) et ne sera jamais bien loin d’où il est mort. Les sauvegardes sont fréquentes et l’indice est bien visible. Malheureusement, lors d’un combat de style arène (zones limitées), il vous faudra tout recommencer. Certains ennemis comme les loups-garous vont carrément parer vos attaques mais vous découvrirez rapidement leur portée et quand esquiver ou parer leurs attaques. En bloquant au bon moment (Parade Synchronisé), il y a des étincelles, l’animation sera ralentie et vous serez capable d’attaquer. Certains lanceront des projectiles que vous ne pouvez bloquer mais votre attaque de longue portée vous sera fort utile à ce moment. En fait, ils ne cesseront pas de les utiliser même si vous les laissez tranquille lorsque vous vous promenez et trouvez des secrets dans le château. Les combats de boss sont un peu redondants mais présentent toujours de bonnes surprises et un excellent défi. Les combats sont divisés en phases et, si vous mourrez, vous recommencez la phase et non un combat au complet. Au final, c’est de l’essai-erreur mais vous finirez toujours par vous en sortir. Certains moments misant sur l’action contextuelle apparaîtront mais si vous les échouez, vous devrez recommencer parfois au tout début de ce moment ce qui est un peu absurde mais les plans de ces scènes sont souvent très réussis.

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Il est surtout important d’explorer les zones puisque les bonis acquis dans un acte seront transférés au prochain chapitre. Vous n’avez donc pas à vous soucier de vos points de vie et magie mais il sera important de connaître vos nouveaux pouvoirs secondaires. C’est là que réside un autre point faible du jeu. Malgré quelques animations différentes, les personnages ne possèdent pas de combos distincts et on a plutôt l’impression qu’ils ont simplement changé les rendus. Cependant, lors des phases d’exploration, les obstacles et secrets vous forceront d’utiliser vos aptitudes secondaires comme un grappin ou d’autres pouvoirs que je vous laisserai découvrir. Malgré le système de prises de note intégré à la 3DS, Mirror of Fate vous laisse prendre des notes sur la carte à n’importe quel moment dans le jeu en plaçant un marqueur où vous voulez sur la carte et vous pourrez donner un nom pour la note. Lorsque vous avez terminé le jeu une première fois sur un fichier, vous pourrez le recommencer tout en gardant votre niveau (18 au maximum), barres de vie et magie. Il y a un mode Hardcore à débloquer et… je ne parie pas sur vos chances de survie.

Techniquement, le jeu est beau malgré quelques pixelisations et des rapprochements de caméra lorsqu’on arrête de bouger. C’est sans oublier de rappeler ce fameux problème de fréquence d’image. Lorsqu’on explore le château de Dracula, on a souvent l’impression de refaire une salle similaire à l’occasion même si certains ont un style approprié. Cependant, je déteste énormément le style d’animation pour les cinématiques qu’on ne peut sauter mais heureusement, elles ne sont pas longues. Si vous avez acheté la 3DS pour la 3D, vous serez récompensé puisque le rendu est extrêmement fort et j’insiste sur extrêmement! La 3D dans Castlevania est poussé au maximum. Dans le jeu, à cause du 3D, j’ai souvent le réflexe de vouloir aller à un endroit dans le décor puisqu’il y a beaucoup de portes et fenêtres que j’en oublie qu’il s’agit d’un jeu à défilement 2D et que la carte fonctionne comme dans Metroid. C’est la preuve que l’immersion est totale et qu’on a le goût d’en avoir plus sachant qu’on ne peut pas. Les acrobaties et passages avec le grappin ont de quoi rappeler les aventures de Prince of Persia mais les combats pourraient plonger les fans de Castlevania dans du véritable God of War. On assiste donc à la naissance du GoWvania. L’animation légèrement ralenti pourrait laisser de glace certains joueurs mais le son n’est pas débalancé pour autant. Le tout est correct pour les oreilles et la musique orchestrée est magnifique. Avec les dialogues, j’ai l’impression d’assister à une petite caricature d’un théâtre de Shakespeare tellement le doublage est cliché et peu inspiré.

Malgré tout, le jeu n’est pas sans défauts techniques. Il arrive que vous tomberez sur le dos… dans les airs. C’est sans oublier aussi dans les coins avec un mur et un plancher en angle où, à un moment, j’avais l’impression de flotter mais je suis retombé sur mes pieds une fois sur la plate-forme. Je finis ce point avec les rails magnétiques : pendant que je circulais sur un rail, j’ai subitement été remis au début de celui-ci pour je-ne-sais quelle raison. Il s’agit là de défauts mineurs qui n’affecteront pas votre sauvegarde.

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Avec une aventure d’environ 10 heures et un niveau de difficulté qui peut être changé à tout moment dans le menu Pause, Mirror of Fate nous permet aussi de replonger dans les actes déjà complétés afin de récupérer des objets oubliés. Parmi les bonus, il est possible de récupérer des parchemins qui nous donnent accès à un bestiaire. Il aurait été intéressant de voir, peut-être, un mode multijoueur avec les quatre personnages tant leurs fonctions sont trop bien balancées. Vaut-il l’achat de la console? Certainement pas mais ceux qui ont une 3DS et veulent découvrir Castlevania, Mirror of Fate est un petit jeu mais n’est pas mauvais. Il s’agit quand même du jeu à défilement 2D le plus complet actuellement disponible pour la 3DS mais le tout est générique et aurait pu être mieux travaillé. Vous, les fans de Castlevania, aurez le dernier mot sur la qualité du titre. Si vous avez réellement des doutes, je vous suggère une location ou un achat usagé.

Points positifs :

  • Jouabilité simple!
  • Le 3D poussé à la limite!
  • Liberté d’exploration!
  • Éléments de plateformes classiques!
  • Combats redondants… mais épiques!

Points négatifs :

  • Accent principal sur l’histoire…
  • Animation peu fluide à cause de la fréquence d’image…
  • Chargement long…
  • Cinématiques affreuses… avec des dialogues clichés…
  • Énigmes parfois simples…
  • Surclassé par l’ESRB..

Fiche :

  • Nom : Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate
  • Développeur : MercurySteam
  • Publication : Konami
  • Disponible sur : Nintendo 3DS
  • Genre : Action/Aventure
  • Classement ESRB : M (Mature 17+)
  • Langue : Anglais/Français (Sous-titrée seulement)