(Test FG – Jeux vidéo) Super Smash Bros. Ultimate

Ce qui semblait être une attente interminable pour la majorité des amateurs de jeux Nintendo est enfin terminée alors que Super Smash Bros. Ultimate est sur les tablettes du marché et probablement sous le sapin pour les jeunes et moins jeunes… ou probablement que vous prenez une pause du jeu pour voir ce que FacteurGeek a pensé du titre. On a aussi un petit compte-rendu de la journée pré-lancement du 6 décembre alors que l’équipe était invitée à essayer le jeu quelques heures avant le lancement public.

L’écrit est rendu disponible grâce une copie digitale remise par Nintendo Canada à des fins critiques. L’amiibo Super Smash Bros. de Ridley a été acheté par l’auteur. Les photos présentées dans cet écrit sont des captures d’écran prises via la Nintendo Switch avec le système de capture Elgato par l’auteur. Aucun divulgâcheur sur le mode World of Light ne sera présent à l’exception de quelques mentions de défis présents.

Développé par SORA en collaboration avec Nintendo ainsi que plusieurs autres éditeurs/développeurs responsables pour la présence des personnages disponibles (Game Freak, Intelligent Systems, Konami, Sega, Capcom, Square Enix, MonolithSoft, Bandai Namco, PlatinumGames… et Retro Studios), Super Smash Bros. Ultimate se veut la célébration de toute l’histoire de Nintendo. Oui, il y a un intrus mais cet intrus sera bientôt sur Nintendo Switch avec le jeu Final Fantasy VII.

Super Smash Bros. Ultimate… Comment peut-on parler du jeu objectivement? C’est un jeu de combat-plateforme à défilement latéral qui permet, jusqu’à 8 joueurs, de s’affronter sur des stades bourrés de pièges en s’envoyant une panoplie d’objets en pleine figure. Malgré son aspect compétitif qui prend de plus en plus de place, Smash Bros. reste d’abord et avant tout un jeu rassembleur, cette franchise ayant débuté en 1999. L’auteur a d’ailleurs joué à chaque itération, tout particulièrement Melee, un peu comme tout le monde.

C’est au Montréal Esports que Nintendo a invité les médias à essayer la version de lancement de Super Smash Bros. Ultimate. Parmi les invités de marque, il y avait l’humoriste et auteur Jean-François Provençal et les membres du groupe folk 2Frères, Érik et Sonny Caouette. Breuvages et nourritures étaient servis sur place. Tous les personnages étaient bien sûr jouables sur place durant les deux heures allouées et deux heures, ça passe vite. Cette invitation n’affecte en rien la critique et on remercie Nintendo Canada pour l’invitation, bien entendu.

Comme vous pouvez l’imaginer, Super Smash Bros. Ultimate met en vedette une panoplie de personnages. Ce jeu est véritablement une célébration car on voit Mr. Game & Watch en passant par la plus récente sortie de Nintendo soit Splatoon grâce à Inkling, une des nouvelles venues (disponible en itération masculine). On voit aussi les personnages des éditeurs tiers comme Ryu et Ken de Street Fighter, Simon et Richter Belmont de Castlevania, Pac-Man, Snake de Metal Gear Solid, Cloud de Final Fantasy VII et Sonic The Hedgehog. On peut aussi admirer la présence des personnages créés dans les pays occidentaux soit King K. Rool de Donkey Kong Country (Rareware) et Dark Samus de la trilogie Metroid Prime (Retro Studios).

L’auteur est certainement ravi que CE personnage soit une réalité! Le big boy Ridley est dans Smash!

En parlant des pays occidentaux, l’un des personnages ajoutés est Ridley de Metroid et la demande venant des pays d’Amérique et l’Europe était forte selon le directeur Masahiro Sakurai, lui qui aura probablement besoin de bonnes nuits de sommeil. Lors de la présentation de King K. Rool, on pouvait maintenant imaginer Bowser de Super Mario Bros., Ganondorf de The Legend of Zelda, Ridley, Wolf de Star Fox et Meta Knight de Kirby affronter le seul vilain manquant parmi les franchises importantes si on exclut Mewtwo de Pokémon. Au total, ce sont plus 69 personnages différents qui s’affrontent, certains d’entre eux sont des combattants échos (le mot utilisé pour excuser la présence de clones ou combattants conçus à partir d’un personnage de base) et ceci inclut tous les personnages depuis Melee, les huit originaux ayant été présents dans tous les titres depuis 1999. Marth et Roy, les originaux de Melee, bénéficient maintenant d’un doublage anglophone mais il est possible de choisir la langue du jeu dans les options. Ces personnages sont rassemblés mais il s’est passé quelque chose…

Ce qui m’amène à vous parler du mode World of Light. Il s’agit effectivement du mode Aventure bien attendu par les amateurs. Si le volet sur Wii U n’a pas eu tel mode, celui d’Ultimate est bien poussé en comparaison avec Brawl et le Subspace Emissary. Si on fait les comparaisons nécessaires, World of Light regroupe de multiples défis avec des modificateurs de jouabilité et ces modificateurs peuvent monter de niveau alors que le jeu devient également très difficile au fur et à mesure que vous progressez. Ces modificateurs sont nommés Spirits. Ils modifient comment vous jouez mais lorsque vous croisez ce Spirit pour la première fois, le défi vous présente le tout avec un contexte qui, parfois, peut faire extrêmement de sens. Souvent, cela fait une référence directe à l’histoire même d’un jeu. Vous pouvez donc avoir trois Ridley de différentes couleurs qui représentent un ennemi important de Kid Icarus: Uprising ou encore Incineroar, le Pokémon Starter de type Feu/Combat de Sun & Moon qui devient littéralement le Red Cyclone de Street Fighter, Zangief, ne serait-ce que pour un défi. Ainsi, en combinant les Spirits avec les personnages que vous débloquerez à partir de l’aventure, vous pourrez découvrir le mystère derrière Galeem. Autant dire tout de suite que Smash Bros. a fait un meilleur travail pour honorer Street Fighter que Capcom avec Street Fighter V.

Il ne peut être plus métal que ça!

Des défis, des modificateurs… Oui, c’est ce que le mode World of Light vous propose : le mode Event Match revampé de manière grandiose pour permettre des défis loufoques et incroyablement exigeants. Si on peut rester sur le sujet de Street Fighter, je ne risque pas d’oublier ce défi contre Ganondorf alors qu’il était essentiellement M. Bison. Le contexte de World of Light, si on pousse les théories, nous fera poser des questions sur cette fameuse annonce du « crossover ultime ». Le stade Final Destination mérite votre analyse si vous avez un intérêt pour le mode Aventure.

En étant capable d’inclure des nouveaux persos qui font du sens parmi les vétérans, Masahiro Sakurai réussit en quelque sorte un tour de force. Il sait que la meilleure chose à faire, c’est de faire plaisir à tout le monde… mais aussi satisfaire l’investisseur. Avec la Nintendo Switch qui est à son plus fort, c’était le moment idéal pour sortir ce Smash Bros. qui sera actif pendant longtemps sur la scène vidéoludique compétitive tout comme Super Smash Bros. Melee. Pour lui, c’était de trouver la balance, faire quelque chose de spécial.

Ce Smash Bros. a vu son mode Classic être légèrement revampé avec un défi boni qui n’a rien des défis des cibles. Cependant, chaque parcours pour chaque personnage est différent car ils sont tous basés un thème bien spécifique avec quelques règles différentes tout comme World of Light. Avec une difficulté qui s’accentue selon nos performances et qui s’ajuste en conséquence, on a droit à un mode Classic plus intéressant mais qui reste court. Le mode All-Stars est relégué au style Multi-Man maintenant intitulé Mob Smash où on doit expulser une armée d’ennemis généralement plus faibles. Et en sachant l’ajout de personnages en contenu téléchargeable jusqu’en 2020, un mode All-Stars serait extrêmement dangereux, difficile à accomplir.

Dans cette situation, le Spirit est le Pokémon Zekrom et le personnage qu’on affronte a des couleurs et des fictions similaires. Cela vaut pour tout Spirit du mode World of Light.

Les Spirits compensent pour l’absence de trophées mais cela aura permis aux développeurs d’inclure une multitude de références pour chaque franchise représentée ainsi que des titres tierces et indépendants qui ont connu leurs meilleurs moments chez Nintendo… ou ne serait-ce que pour les honorer. Les trophées étaient souvent victimes d’erreurs de traduction ce qui fut dommage sans oublier les erreurs factuelles comme par exemple King K. Rool dans Smash Brawl alors que le trophée indiquait que Kaptain K. Rool était son frère… alors que le boss de Donkey Kong Country ne fait qu’utiliser différents alter-égos. Avec le Spirit Board, on peut débloquer des Spirits supplémentaires ce qui est une extension du mode World of Light.

Au niveau graphique, il est clair que c’est très coloré et on assiste à un véritable tour du monde grâce aux multiples stades. Du Mushroom Kingdom en passant par Termina ou le coucher de soleil dans Kongo Jungle jusqu’aux cavernes infernales de Norfair sur Zebes. Certains personnages ont un costume supplémentaire (Mario en a trois) et les couleurs des personnages sont généralement représentatives des nombreuses apparitions des personnages (Bowser était principalement vert dans Super Mario World et Ridley est rouge sur l’art concept de Super Metroid) et j’en passe. L’ajout d’une présentation « dramatique » lors des coups qui peuvent mettre KO ou sont généralement plus durs à placer (certains coups de Ganondorf par exemple) recoivent un plan rapproché avec un ralentissement volontaire. Jamais un Shoryuken aura été aussi satisfaisant.

« SHORYUKEN! » Sérieusement, Capcom devrait payer Nintendo des millions pour relancer Street Fighter avec les références disponibles incluant le moment EVO 37 sur un des Final Smashes de Ken Masters!

Il est difficile de trouver une faiblesse au jeu alors qu’on a un mode Aventure qui peut durer presque 20 heures selon nos capacités (que des combats, on s’entend… pas de cinématiques ou de bla-bla qui durent plus longtemps que la jouabilité elle-même), les modes Classic et All-Star revampés, le multijoueur local jusqu’à 8 joueurs, plus de 70 personnages différents, des tonnes de références… Qu’est-ce que Smash Ultimate n’offre pas de mieux que la compétition?

Il faut aller en ligne pour le constater. Eh oui, contrairement à d’autres qui ne feront que survoler les composantes du produit, j’ai vite constaté les problèmes du mode Arena qui est le système de « lobby ». Seul l’hôte est responsable des règles et, s’il quitte, le lobby entier est fermé. Le mode standard Quick Play nous permet de configurer les règles souhaitées mais ne garantit pas que les matchs effectués seront composés de ces règles. Avec une bonne majorité de gens qui ne savent comment changer les règles, l’aspect compétitif est immédiatement mis de côté… alors qu’on avait For Glory dans Smash 4.

Le mode en ligne avec Quick Play ne garantit pas non plus que les joueurs seront d’un calibre respectable ou des personnes qui ne comprennent rien au jeu et utilisent moins que la base. Le Global Smash Power devient donc la seule source pour déterminer la qualité d’un joueur ou d’une joueuse mais on ne peut voir ceci qu’à la fin des matchs. Aussi, avoir un Global Smash Power (GSP) des plus hauts ne signifie en rien la réelle qualité du joueur ou de la joueuse. Cependant, j’ai expérimenté très peu de problèmes avec des matchs contre un joueur que je connais depuis Killer Instinct sur Xbox ce qui est exceptionnel. Je n’excuse en rien ceux qui souffrent de problèmes facheux.

Non… l’auteur n’est pas biaisé du tout quant à la sélection des photos.

Pour ceux qui préfèrent regarder plutôt que jouer, la fonction amiibo revient avec le Fighter Player où on place un amiibo compatible sur le point NFC pour Nintendo Switch. À force de le faire combattre, il devient plus fort et peut finalement exceller devant l’ordinateur. Peut-être que vous pourriez apprendre certains combos en regardant le Fighter Player. Cela dit, cette fonction ramène de l’avant les amiibo avec le lancement de trois nouvelles figurines. Et oui, l’auteur n’a pu résister à prendre celui qui était le choix logique d’entre tous.

La réalité nous frappe quand on voit la bande originale… ou plutôt les dizaines et les dizaines de morceaux musicaux qui retracent l’histoire du jeu vidéo. On peut penser aux nombreuses musiques de Super Mario Bros. en passant par The Legend of Zelda, une reprise du thème de la Parasite Queen de Metroid Prime, le nouveau thème pour Final Destination, etc. Explorer l’ensemble de morceaux musicaux vous prendra de bonnes minutes et ils ne sont pas tous présents dès le départ. Si certains éléments sonores sont recyclés pour les personnages existants, on peut constater de nouveaux dialogues entre Pit, Palutena et Viridi (la déesse de la nature dans Kid Icarus: Uprising) alors que certaines conversations ont été mises à jour (Link, Zelda et Robin) alors que d’autres sont toutes nouvelles comme Wolf, Pichu et Ridley (oui, les infos sur Ridley sont 100% exactes lors de la conversation).

Si le mode en ligne est le petit indésirable dans ce repas, le reste mérite d’être savouré car Super Smash Bros. Ultimate est un véritable délice qui célèbre l’histoire du jeu vidéo. Jamais je n’ai été aussi fier d’être gamer car ce jeu représente une partie de mon enfance mais aussi ma situation en tant qu’adulte. L’enfant qui a grandi avec Donkey Kong Country pour finalement devenir l’adulte critique mais amateur de Metroid et The Legend of Zelda tout en étant émerveillé par les surprises de Super Mario (Odyssey, surtout). Ce qu’Ultimate fait, c’est aussi célébrer les développeurs tierces… mais aussi les développeurs indépendants qui ont eu un certains succès sur les plateformes Nintendo et je vous souhaite de découvrir leurs Spirits.

Verdict: Super Smash Bros. Ultimate, malgré quelques éléments recyclés et son mode en ligne qui mérite d’être repensé, est un réel chef-d’oeuvre! En souhaitant que Masahiro Sakurai se repose et qu’on laisse ce jeu vivre pour plusieurs années! 

Points positifs:

  • Un musée de l’histoire du jeu vidéo grâce aux Spirits!
  • Plus de 70 personnages!
  • Ridley! Désolé, fallait que ça se dise…
  • Le mode World of Light est un nouveau mode Event Match à la hauteur de Melee!
  • Une compilation musicale des plus époustouflantes!

Points négatifs (oui, il y en a):

  • Un mode en ligne qui mérite d’être repensé…
  • Des personnages en contenu téléchargeable… c’est pas vraiment Ultimate…

Fiche:

  • Nom: Super Smash Bros. Ultimate
  • Genre: Combat-plateforme à défilement latéral
  • Développeur: SORA et Bandai Namco en collaboration avec Nintendo
  • Éditeur: Nintendo
  • Exclusivité Nintendo Switch
  • Compatible avec tous les amiibo Smash Bros. et ceux possédant des Spirits pour le mode World of Light
  • Joueurs: 1-8 local avec multiples consoles et/ou manettes et en ligne
  • Classement ESRB: 10+

L’écrit est rendu disponible grâce une copie digitale remise par Nintendo Canada à des fins critiques. L’amiibo Super Smash Bros. de Ridley a été acheté par l’auteur. Les photos présentées dans cet écrit sont des captures d’écran prises via la Nintendo Switch avec le système de capture Elgato par l’auteur.