(Test FG – Jeux vidéo) A Plague Tale: Innocence (Jusqu’à la mort)

 
Enfin… j’ai pu mettre la manette sur ce jeu: A Plague Tale: Innocence. Dès que j’ai vu le premier extrait ce de jeu, j’ai été conquis. Déjà me direz-vous? Hé oui, conquis par la période dans laquelle il se déroule, par le récit qui suit une sœur et son frère et par ses mécaniques de jeu. Ça, c’est sans y avoir joué encore. Alors, après l’avoir terminé, quand est-il? C’est du tout bon et même un sérieux candidat au jeu de l’année 2019. Voici pourquoi.

De prime abord, le contexte dans lequel l’histoire prend place n’est pas légion. On se retrouve dans la période du Moyen-Âge au XIVe siècle. On est loin du médiéval fantastique avec des orcs, des gobelins et des dragons. Cependant, attention, ce titre renferme une large part de mystère. C’est donc, que l’on se retrouve dans une France ravagée par la Guerre de Cent Ans et la peste noire dans la peau d’Amicia une jeune ado de 15 ans qui doit prendre soin de frère Hugo à peine âgé de 5 ans. Tous deux se retrouvent poursuivis par l’inquisition après que leur village ait été mis à feu à et à sang et leurs parents tués de sang-froid. Pourquoi? On ne le sait pas, mais on tentera de le découvrir. Là ne s’arrêteront pas leurs problèmes. Ils devront aussi apprendre à se connaître, car, Amicia étant plus proche et élevé par son père et Hugo atteint d’un mal étrange, c’est leur mère qui se retrouvait à son chevet et en prendre soin. Amicia a toujours été du style action et elle a appris les rudiments de la chasse aux côtés de son paternel. D’ailleurs, cet aspect sera utilisé à grand déploiement tout au long du jeu, la fronde demeurant une arme de prédilection.

Comme je me retrouvais en fuite tout au long de mon parcours, j’ai dû affronter outre les soldats de l’inquisition, des hordes et des hordes de rats qui ravageant tout sur leur passage, ne laissant aucun être vivant debout. Dès le départ, le chapitre 1 mettait en place une sorte de didacticiel dans le but d’apprendre les différents contrôles, mais c’est là que j’ai vu l’innocence d’Amicia et Hugo être mise à mal. Jamais Amicia n’avait tué, jamais ils n’avaient vécu autant de violence extrême. Je me suis retrouvé dans un jeu incluant une narration passionnante, un récit prenant et venant mêler plusieurs émotions. Un jeu sans temps mort ou le repos n’est que très passager. Une belle dualité familiale, en tout cas ce qui en reste entre l’amour et la cruauté.

Le jeu se déroule sous 16 chapitres et m’a pris un bon 10 heures de jeu. Aucune période de longueur, aucun moment ou je me disais que bof, pourquoi avoir mis ce passage. Bref, un excellent travail des scripteurs. D’ailleurs, petit conseil, restez après le générique… je dis ça, je dis rien. De plus, il s’agissait de la première fois que je voyais deux génériques dans un jeu.

Bien que le jeu semble linéaire et il l’est, on vous offre une certaine liberté. Il y a un chemin déjà tracé du point A au point B, mais ce que j’ai appris en explorant, c’est que je me suis retrouvé récompensé. Pas par des quêtes annexes ou autres objectifs, le jeu ne renfermant qu’une mission principale, mais par divers items que j’avais besoin ainsi que d’autres qui pouvaient s’ajouter à ma collection. Chaque coin, chaque petit endroit aussi étroit soit-il doit être vérifié. Un jeu où l’exploration est grandement récompensée. Les décors sont remplis de cachettes dans lesquels on peut y dénicher des ressources dans le but d’améliorer l’équipement d’Amicia, mais également d’autres items dont voici la nomenclature se divisant en trois onglets distincts:

  • Onglet de Fabrication – dans lequel on peut y concocter différentes mixtures . entre autres.
  • Onglet d’Amélioration – celui-ci sert à améliorer l’arme principale d’Amicia, sa fronde qui vous sera d’une grande utilité ainsi que tout son équipement et ses aptitudes. En plus d’y aller d’un brin d’alchimie.
  • Onglet Codex – ce dernier se concentre sur les items cachés se divisant en trois catégories: Herbier d’Hugo, vous devrez trouver des fleurs qu’Amicia mettra dans ses cheveux, Cadeaux et Curiosités. À vous de les découvrir, certains d’entre eux sont une belle surprise.

Bien que le dernier onglet soit optionnel, il en vaut la peine quand même soit pour en connaître un peu sur l’époque ou la famille De Rune, les deux premiers sont primordiaux si vous voulez progresser.

Les mécaniques de jeu reposent sur trois phases bien distinctes, mais qui se regroupent pour permettre l’avancée dans l’aventure. J’ai eu droit à des périodes d’infiltration, des affrontements et quelques puzzles mettant en vedette les fameux rats. Oui, car sont-ils vraiment vos ennemis tout au long du jeu? Hummm, rien n’est moins sûr. Depuis le début jusqu’à la fin, je pensais camper qu’un rôle, celui d’Amicia. Ça, c’était avant de débuter le chapitre 14, je n’en divulgue pas davantage. Le chapitre 13 m’a carrément donné des frissons. Jamais je ne suis tombé dans un état de redondance. Je ne sais pas si les développeurs se sont inspirés de l’excellent Brothers: A Tale Of Two Sons, mais j’ai vu quelques parallèles, ce qui s’avère une très bonne chose à mon point de vue.

Le jeu ne renferme pas un grand facteur de rejouabilité, si ce n’est que pour refaire les différents chapitres dans l’ordre que vous le voudrez dans le but de chercher les éléments manquants pour finir le jeu à 100%. L’intelligence artificielle est vraiment très réveillée, je n’ai eu d’autres choix que de vraiment passer outre certains combats, je serais mort en très peu de temps, tentez à certaines occasions la furtivité, c’est une option payante au final. Pensez utiliser les moyens qui s’offrent à vous pour détourner l’attention des gardes pour ainsi passer et continuer dans certains passages. Si vous avez de la difficulté lors de certaines séquences, tentez de comprendre et suivre la routine des gardes. Cela vous permettra enfin de réussir.

Maintenant, j’y vais avec un chapitre sur l’immersion, car oui, les développeurs, outre un récit prenant et palpitant, ont réussi grâce à une multitude de petits trucs à ajouter à l’expérience que je vivais de pas en pas. Quelques exemples: Hugo qui n’est jamais vraiment sorti, maladie oblige, découvre un monde qui s’offre devant lui, comme l’épisode du moulin. Il s’émerveille tant devant la moindre petite chose, ah l’innocence d’un enfant. Un autre exemple, au lever, on peut voir Amicia et Hugo s’étirer comme n’importe qui ou encore, lorsqu’arrivé au château, je pouvais entendre Lucas, tenter d’ouvrir un coffre et je l’entendais encore en quasi sourdine rendu un peu plus loin. De plus, les dialogues entre les persos sont nombreux et ajoutent encore à l’immersion. Certes, une fois terminé, c’est tout, mais vous savez quoi. Ce jeu n’a pas besoin de rejouabilité après tout, comme je le mentionnais plus haut. Une des grandes forces du jeu réside dans sa narration et son histoire. Le reste fait admirablement le travail. Ah oui, j’allais oublier de mentionner, j’ai adoré voir Hugo toujours vouloir prendre la main de sa soeur et lorsque cette dernière s’éloignait, il tombait dans un état de panique et me le faisait savoir.

Le travail de doublage a été fait dans un français impeccable. Enfin, un jeu qui offre de véritables émotions à tous ses personnages. On sent que les divers acteurs et actrices se sont investis à 100%. On sent les émotions heureuses ou moins. Tout a été fait avec passion. La bande originale est signée par l’illustre Olivier Derivière, qui travaille avec Focus Home Interactive depuis 2011. Si ce petit bijou sonore est en vente, il est certain que je me le procurerai. Parfois, la musique instrumentale offre plus d’émotions qu’avec des paroles.

Graphiquement, le jeu atteint pratiquement la perfection. Il n’a rien à envier aux grosses productions avec un budget quasi sans fin. L’engin graphique utilisé est impressionnant. Je n’ai vécu aucun ralentissement ou gel. Les effets de lumière sont bluffants et les effets météos comme la neige au coucher du soleil: du bonbon pour les yeux. Ce sont les petits détails qui font un grand jeu et ce titre en est rempli. Un jeu riche autant par sa beauté que sa technicité. Bref, la direction artistique est exceptionnelle. Les cinématiques sont incroyables. Il n’y a pas de transition entre celles-ci et le jeu en action. Les centaines de rats à l’écran… épeurant et en même temps saisissant. Retenez que le feu demeure votre meilleur allié!

Bon, si je dois lui mettre un point négatif et qu’un seul… il m’est arrivé à de très rares occasions de rester pris dans le cadre d’une porte, car un autre personnage y était et ne voulait pas se tasser pour me laisser passer. Oui, je chipote quelque peu, mais le jeu est presque parfait.

Au final, rares sont les jeux qui viennent me chercher émotionnellement. Je cite quelques exemples comme Brothers: A Tale Of Two Sons, The Town Of Light et Hebllade: Senua’s Sacrifice. A Plague Tale: Innocence m’a apporté mon lot d’émotions tantôt bonnes, tantôt triste ou même habité par une vengeance. Ce jeu a réussi dès le départ à me placer dans le rôle d’Amicia. Elle était moi et moi elle. Elle m’a habité jusqu’à la toute fin. Je vivais pour elle. Pour ça, chapeau aux développeurs. Ne pas le recommander, serait un sacrilège.

Cote FG: 9.5 rats sur 10

Points positifs:

  • Un récit digne d’un film.
  • Une production de grande valeur.
  • Les personnages riches en émotions.
  • Un graphisme sublime.
  • Un doublage parfait.
  • Une bande originale de haute qualité.

Point négatif:

  • Quelques soucis techniques, mais sans plus.

Fiche technique:

  • Développé par Asobo Studio.
  • Publié par Focus Home Interactive.
  • Disponible sur PC, PS4 et Xbox One (testé sur Xbox One).
  • Offert en version intégrale anglaise ou française.
  • En version boîte ou téléchargeable.