(Test FG – Jeux vidéo) Pathologic 2 – PC

 
Amateur de récit tordu et de longues marches dans un endroit lugubre, bienvenu à Gorkhon.

Pathologic 2 est un jeu d’horreur et survie qui est aussi une suite et un remake de l’original sorti en 2004. Définir ce type de jeu n’est jamais facile à décrire en commençant par la production. Le jeu, produit grâce à une campagne Kickstarter, est une reconstruction de l’original qui devrait, si la production va bien, sortir en trois volets. Le jeu avait déjà eu droit à un remake HD en 2014, mais cette fois-ci le Concepteur Ice-Pick-Lodge a décidé de refaire le jeu dans Unity et de séparer le jeu en trois, un jeu pour chacun des personnages. Il est important de savoir cela, car le jeu original propose de jouer la même histoire selon la perspective de trois personnages différents.

La seul chose qui a le mérite d’être clair.

Pathologic 2 vous parachute dans la peau de Artemy Burakh, un chirurgien qui doit combattre une épidémie qui s’abat sur un village. Le jeu commence un peu en plein milieu de l’histoire, les premières rencontres ne font aucun sens, et on ne sait même pas qui l’on est. C’est à force de parler à des gens et de remplir des missions que le voile se lève sur notre destinée et notre passé. Si vous pensez avoir droit à un jeu scénarisé, avec un objectif et des directives claires, vous allez manger toute une claque dans la gueule. Tout d’abord, vous devez non seulement résoudre l’énigme de votre père, mais il y a aussi celui de vos origines, celui de la maladie et les dizaines d’autres histoires rocambolesques qui vous sont donnés par les habitants. On se sent vite submergé, mais s’est voulu ainsi. Il est impossible de tout faire, ou de sauver tout le monde, un peu comme dans la vraie vie, on doit faire des choix qui nous semblent les plus sensés avec l’information disponible.

j’ai acheté ça… en espérant que ça donne du steak.

Le jeu se déroule sur 12 jours, à la fin de chaque jour le résultat de nos actions est présenté. Certains personnages meurent, certaines missions disparaissent et ne seront plus jamais disponibles. De plus, vous devez constamment veiller à votre propre santé, courir réduit votre résistance (Stamina) et vous donne soif, vous avez aussi faim et sommeil. Certains habitants, pas trop gentils, vont vous taper dessus, alors les pansements deviennent nécessaires. Il serait facile de s’en sortir si on avait les poches pleines de monnaies, mais ce n’est pas le cas, on doit alors marchander, fouiller, voler, ou bénéficier de la charité des gens. Ce n’est pas facile puisque la majorité des habitants vous présume coupable de meurtres que vous n’avez pas commis.

Vous ai-je mentionner qu’en plus de tout le bordel autour de notre vie, on a des rêves vraiment déstabilisant?

Si le jeu est construit autour des dialogues et des choix de réponse, il arrive aussi de se battre. Au début, parce que tout le monde vous déteste, mais par la suite, par choix. Cela dit, la mécanique de combat est loin de Vermintide. C’est probablement voulu ainsi pour vous décourager de jouer à la Rambo. Le jeu étant bâti sur enquête et la collection de matériel, il va sans dire qu’un solide menu de gestion est nécessaire. Pathologic livre la marchandise, avec trois sections : la carte, les informations narratives (pensées) et une liste des acteurs principaux. Avec cela il est facile de savoir qui est qui et quelles actions sont interconnectées. Notre inventaire est petit et il n’y a pas de place pour 64 blocs de diamants comme dans Minecraft. À peines quelques trucs peuvent y rentrer et on doit vite faire des choix, heureusement il est possible de déposer du matériel dans les coffres et armoires du jeu. Après la 2e journée, les choses commencent à déballer plus vite. On reçoit notre labo secret et une panoplie de nouvelle mécanique entre en jeu. On peut enfin faire des potions avec toutes les maudites herbes que l’on ramasse depuis le début. De plus on apprend comment diagnostiquer et soigner les gens. Cette partie est un long tutoriel, le seul du jeu en fait. Plusieurs nouveaux personnages font leurs apparitions, beaucoup de nouvelle information est dévoilée et on réalise très vite que comme dans la vie, on ne pourra jamais pas tout faire. En fait on réalise autour du 3e jour qu’on doit prendre une direction et s’y tenir. Si vous décider que de découvrir ce qui est arrivé à votre père est ce qui a de plus important vous  devez vous y mette, parce que le temps est compté. Vous pouvez aussi vous laisser emporter par les nombreuses requêtes du village ou encore le mystère de ces bizarres taches rouges qui commencent à apparaitre sur les murs des maisons.

La gestion d’inventaire, le fléau de tout bon RPG.

À ce point-ci, il est difficile de parler du jeu sans divulguer trop de secrets et puisque chaque joueur risque d’avoir une expérience complètement différente je vais maintenant mettre le narratif de coté et parler de la jouabilité. Pathologic 2 est un jeu lent, parfois même frustrant. Si comme moi vous jouez surtout à des jeux d’action, il est très difficile de devoir marcher d’un bout à l’autre du village et d’être puni à chaque fois que l’on essaie de courir. Mais voilà, Pathologic se veut une simulation. Le temps étant un facteur, on est donc forcé de faire des choix basés sur les distances à parcourir. Un autre facteur, c’est que tout ce déplacement nous donne faim et nous fatigue. La gestion de notre propre santé devient donc primordiale. Avec rien dans nos poches, on ce rend compte rapidement que le petit bout de pain dans nos poches ne fera le travail. On embarque alors dans une autre frustration, celle de devoir choisir entre les missions et survivre.

Heureusement cette carte permet de suivre le développement narratif de ce capharnaüm.

La majorité du jeu se passe dans des écrans de dialogues, si dans Mass Effect on peut rapidement sauter les textes pour en venir au choix de réponse, Pathologic 2 requiert de lire attentivement tout le texte ainsi que les réponses qui sont parfois très similaires. Pas de Oui, non, peut-être. Et surtout, pas de code de couleur ou d’indicateur pour vous informer sur les répercussions de vos choix. Parfois, envoyer paitre un allier est la bonne marche à suivre pour le secouer. Le scénario mélange réalité et fantaisie. Une minute vous parlez de choses terre à terre avec le biznessman du village, puis vous achetez un bœuf parlant à un individu louche. Sans compter les habitants de la steppe qui parlent en code et agissent comme les éléments les plus fous d’une secte de la fin du monde.

le personnage le plus farfelu est aussi celui qui fait le plus de sens.

Pathologic réussi à nous aspirer dans cette histoire compliment déjantée malgré le graphisme monochrome, les NPC tout semblables, la lenteur exacerbant et la difficulté générale. Si vous travaillez dans une entreprise où vous avez l’impression d’être la seule personne sensée parmi un groupe de fous, jouer à Pathologic 2, pourrait vous donner une impression de déjà vue. C’est un jeu qui plaira à un public très ciblé. Il est donc difficile de le recommander ouvertement. Mais si vous aimez les jeux qui vous punissent, les jeux où il n’est pas possible de tout accomplir et les jeux ou les choix de dialogues et les actions sont irréversibles, il y a là quelque chose pour vous.

Site Officiel

Page Steam

Points forts :

  • Histoire prenante une fois l’introduction passée.
  • Bonne interface qui aide à garder le fils du jeu.
  • Une journée émotionnel.

Points faibles :

  • Encore un maudit jeu brun, la nuit est particulièrement pénible. Trouver des herbes dans un champ relève de l’exploit.
  • Trop peu de modèles de NPC différents
  • Performance, lag intermittent surtout à l’entrée et sortir des maisons
  • Une seule difficulté : Maximum.