(Test FG – Jeux vidéo) Outward

 
Le marché des jeux indépendants occupe une très grande place dans le monde vidéoludique. Parfois même avec plus de qualité que certains AAA. Il est simple d’arriver à cette conclusion, ces développeurs n’ayant pas le choix de risquer et offrir de l’originalité. Depuis plusieurs années, j’encourage ce type de marché, surtout lorsque le produit est issu de mon coin de pays.

Donc, depuis quelques mois, je suivais assidument le développement du jeu Outward du studio indépendant montréalais Nine Dote Studios. L’ayant maintenant sous ma manette, voici le compte-rendu final de mon expérience.

Le scénario nous place dans la peau d’un villageois qui suite au naufrage du bateau et la disparition de l’équipage dont il faisait partie, se retrouve dans son village avec une dette à acquiescer pour loyer non payé. Suite à un accord passé, il obtient un sursis de 5 jours pour payer son dû. Pour ce faire, il devra quitter son village pour trouver les moyens nécessaires pour amasser ladite somme. Notre personnage évoluant sous fond médiéval, vivra toute une aventure pour arriver à ses fins. Somme toute, la trame principale semble pauvre, mais regorge de belles surprises.

Au tout début du jeu, vous devrez créer votre personnage avec très peu d’options: couleur de la peau, des cheveux, la classe et son nom. C’est très sommaire pour un jeu dit de type action-RPG dans un monde ouvert. Petit conseil, avant de débuter votre quête, je vous conseille fortement de faire le didacticiel qui se veut fort pratique. Comme il s’agit d’un jeu de rôle sous fond de survie: vous devrez porter une grande attention à votre personnage. Vous devrez boire, manger, dormir et vous guérir. Donc, beaucoup de gestion en perspective. De plus, un système de gestion du poids y est greffé. Ayez en tête qu’un personnage trop encombré de son inventaire, le ralentira assurément. Dans le didacticiel, vous pourrez apprendre tous les contrôles, le combat, les compétences, comment concocter des recettes, des potions de guérison, etc. Merci aux développeurs d’avoir pensé aux joueurs pour cette option. Sans cette dernière, il aurait été fort complexe de m’aventurer dans le jeu.

Outward s’inspire grandement d’un titre comme The Legend Of Zelda: Breath Of The Wild, car oui, c’est un jeu de rôle de survie comme mentionné plus haut avec un aspect réaliste. En plus de votre santé, vous devez être à l’écoute de votre corps. Attention, le studio n’avait clairement pas le niveau monétaire de Nintendo, mais le produit final n’est pas mauvais pour autant. J’ai en tête le jeu The Solus Project, un jeu de grande qualité avec un budget limité.

D’ailleurs, parlant de survie, le jeu vous place dès le départ avec rien. Aucune arme, pas d’argent, aucune compétence. C’est comme si j’avais été projeté dans ce monde avec que des vêtements.

La durée de vie est très conséquente avec sa quête principale, ses nombreuses quêtes annexes et son haut niveau de difficulté.Il vous prendra plusieurs heures voire des dizaines pour en voir la fin. Un titre tout en solo. Au niveau des mécaniques de jeu, en plus du didacticiel, il m’a pris une bonne période d’adaptation. Il n’est pas simple de comprendre et mettre en pratique les différents combos en plus des sorts ainsi que la gestion de tous les autres éléments. Il m’a paru que certains mouvements d’attaque ou d’esquive semblaient lents et approximatifs. Ce qui n’est pas très bon en mode combat. Le tout pouvant cependant se corriger via mise à jour.

Avant d’entrer sur-le-champ de bataille, assurez-vous de jeter un coup d’oeil à l’usure de votre arme, car oui les différents outils d’attaque et défense peuvent s’user et perdre de leur efficacité. Le poids également peut devenir un facteur non négligeable. Vous pourrez déposer vos différents items encombrants pour les reprendre par la suite. Le système de poids est aussi important que dans Lords Of The Fallen pour ne citer que celui-ci. En plus d’avoir des items sur soit, vous en aurez de stocker dans votre sac à dos.

Évidemment, que serais un jeu de rôle sans les PNJ ou si vous préférez, les personnages non jouables. Souvent, il représente un très haut pourcentage de l’histoire et la plupart des quêtes annexes arrivent par eux. C’est le cas avec Outward. J’ai fait la connaissance de divers marchands, des mages, des armuriers, des forgerons, etc. D’ailleurs, les armuriers qui sont vus comme des maîtres d’armes, vous permettront d’apprendre diverses compétences. Attention cependant, car vous devrez bien choisir, ce choix est primordial pour mieux avancer. Pour trouver tout ce beau monde, une seule solution: explorer, explorer et encore explorer.

De plus, sachant que l’argent est primordial dans le succès de votre objectif primaire, vous devrez vraiment faire attention à vos dépenses. Il faut suffisamment économiser. Vous pourrez toujours revendre quelques babioles inutiles, mais ne vous attendez pas à devenir riche comme Crésus. Autre aspect que j’ai grandement apprécié, c’est les choix que je devais effectuer lors des dialogues. Chacune de mes réponses m’a apporté une réaction différente dans le jeu. Un beau facteur d’immersion. Chaque petit élément viendra altérer le cours de votre histoire. Au moment de passer l’arme à gauche, vous ne perdrez pas d’argent, de compétences ou autre, cependant vous réapparaitrez dans un moment aléatoire choisi par le jeu sans recommencer depuis le début. Il faut savoir que le jeu comporte qu’une sauvegarde unique. Donc, pas question de revenir en arrière en choisissant un autre moment, car vous avez merdé avec une décision. C’est dommage, mais vous devrez assumer.

Le graphisme est parfois impressionnant et parfois décevant. Par contre, il faut partir avec l’idée que le studio n’avait pas les moyens des studios AAA. Pour le positif, le monde qui m’entourait était riche en détail de toutes sortes. Le jeu comporte un cycle jour/nuit doublé d’un système de météo fort bien rendue. Pour ce qui est du négatif, disons que la facture visuelle semble avoir pris un coup de nostalgie. À mon point de vue, je l’aurais plus vu sur la Xbox 360 que la Xbox One. Les personnages ne sont pas très bien modélisés, les temps de chargement sont fréquents, les actions à l’occasion ne sont pas très fluides et souvent approximatives.

La bande originale accompagne le joueur tout au long du jeu. Elle est bien choisie en fonction de ce qui est reflété à l’écran. Le jeu est disponible en version intégrale anglaise ou française, mais vous remarquerez que lors des dialogues, soit les sous-titres sont totalement différents de ce que dit le personnage ou il manque des parties. Ça brise un peu la magie.

Au final, le jeu ne peut pas plaire à tous et c’est compréhensible. Il est très difficile et les mécaniques de jeu en sont fort complexes. Cependant, il vaut la peine d’y jeter un coup d’œil. L’histoire est fort intéressante et on y retrouve de belles surprises. Je ne veux pas passer pour un chauvin, mais c’est fait chez nous tout de même.

Cote FG: 8 sur 10

Points positifs:

  • Une histoire bien ficelée.
  • Une durée de vie fort conséquente.
  • Peut-être en solo ou coop.
  • Des dialogues et choix impactants.
  • Le réalisme vs la survie.
  • Une bande-son qui suit l’action.

Points négatifs:

  • Une jouabilité fort complexe.
  • Un graphisme décevant parfois.
  • Temps de chargement nombreux et longs.

Fiche technique :

  • Développé par Nine Dots Studios.
  • Publié par Deep Silver.
  • Disponible sur PC, PS4 et Xbox One (testé sur Xbox One).
  • Offert en version intégrale anglaise ou française.
  • En version boîte ou téléchargeable.