(Test FG) Death Stranding

 
Malheureusement je suis de ceux qui n’apprécient pas particulièrement les jeux de Kojima Prod. Pour de multiples raisons. Cependant, je dois admettre que ces jeux renferment toujours quelque chose de spécial. Un style unique à Kojima. En fait, il est très ardu d’entrer dans le cerveau de ce dernier et encore plus difficile de le comprendre. J’ai quand même décidé de lui accorder une autre chance avec un style de jeu totalement différent que les autres faits auparavant. Il était déjà venu me chercher solidex avec la démo nommée P.T. qui devait servir de faire de lance au projet Silent Hills. Vous connaissez la suite…

Le scenario? Au départ, j’y comprenais rien. Et au nombre de jeux que j’ai fait, ce n’est jamais arrivé de ne pas comprendre ce que je faisais là. Je fus placé dans la peau de Sam Porter Bridges, alias Norman Reedus (The Walking Dead). Je devais livrer des marchandises recueillies un peu partout et pourquoi? Aucune idée, sans doute pour aider les derniers habitants de ce monde qui ne ressemble en rien à celui que l’être humain avait connu et bâti auparavant. Bref, après un prologue explicatif me permettant d’assimiler les différentes mécaniques de jeu et ce que sont les ennemis et pourquoi ils apparaissent, le premier chapitre débuta. Au final, ma mission principale et but précis était de reconnecter les différentes villes environnantes et leurs habitants pour enfin prospérer.

Un peu plus tard, j’ai enfin compris. Je me retrouvais dans un États-Unis post-apocalyptique qui fut frappé par le Death Stranding, qui est un événement surnaturel qui a décimé une large partie de la population. Seulement quelques-uns d’entre eux se terrent encore des précipitations, qui font vieillir tout ce qu’elles touchent : humains, objets, etc. Donc, pour reconstruire les villes, pas le choix, ça prend des marchandises et c’est là que j’entre en eux. Je suis un transporteur. Malheureusement, cette pluie ne vient pas seule, elle s’accompagne des Échoués, c’est-à-dire des fantômes errants de personnes mortes lors du Death Stranding, qui refusent de partir vers l’au-delà. Ce qui au final, offre une cohabitation entre le monde des morts et des vivants. Donc, si le climat est nuageux, n’approchez pas de l’endroit, car s’ils tombent sur vous, vous mourrez. Chaque humain restant, ne doit pas mourir, car 24 heures le sépare d’une vie d’Échoué. On doit les incinérer dans un crématorium prévu à cet effet. Sans quoi, la nécrose s’installera et le défunt deviendra un Échoué. C’est plus facile à dire qu’à faire, car les survivants ne sont pas que foncièrement bons. Il existe aussi des terroristes. Je devais en plus de mes livraisons, transporter un bébé dans une sorte de cellule protectrice attachée à mon équipement. Son rôle principal sera d’avertir et éloigner les Échoués. De plus, vous remarquerez que l’interface de Sam comporte une icône pour uriner. Ça ne sert pas qu’à se soulager. Il pourra s’en servir lorsqu’il sera entouré des marées noires créées par les Échoués pour se déprendre d’une situation critique. BB est bien plus ça. Il m’a aussi servi de guide et m’a transmis des souvenirs qui m’ont révélé une grande partie de l’histoire.

Pour être honnête, je n’ai jamais vécu un tel début d’histoire. Lorsque Kojima mentionnait que lui même ne savait pas dans quelle catégorie le placer, il avait raison. Il est très complexe à décortiquer. Disons que ce récit écrit de Kojima lui-même se retrouve dans mon classement des scénarios les plus mystérieux avec Enslaved: Odyssey To The West et Singularity. Par contre, mystérieux ne veut pas dire mauvais ou dénué de tout intérêt, au contraire. Tellement d’éléments ont piqué ma curiosité et il m’a été très difficile de le quitter pour vaquer à d’autres occupations. Ce qui est un excellent signe d’une réussite vidéoludique.  Je me suis laissé porter par les idées de Kojima. Une pléthore de situations, de missions, de personnages m’ont gardé en haleine. Dernière chose, que dire du rôle du bébé qui était relié à moi. Il ne faisait pas que de pleurer, en plus d’assumer notre protection jusqu’à un certain point, plus j’avançais et plus mon lien envers ce petit être se resserrait. Nous étions fusionnels, mentalement et physiquement.

Le jeu repose que sur une expérience en solo, mais en pouvant être branché en ligne ou hors ligne. Le contenu est tellement dense et riche qu’il n’avait pas besoin de mode multijoueur. Par contre, j’ai bien aimé le système de « Like » un peu comme dans Facebook. Je m’explique, disons que vous manquez d’échelle dans votre inventaire. Vous pourrez alors utiliser celle laissée par un autre joueur et ainsi lui offrir un « Like ». Il en va de même pour vous si vous aidez d’autres joueurs. Ce procédé confèrera davantage d’expérience à la fin d’une mission.

J’estime la durée de la campagne à plus de 50 heures avec de longues cinématiques jamais au grand jamais ennuyeuses. Ce jeu se vit comme une oeuvre cinématographique/vidéoludique. Laissez-lui une chance, le jeu s’installe tranquillement et prend son envol après environ 5 heures. Le jeu est rempli de moments tantôt touchants, tantôt déprimants. Ne tentez pas de tout comprendre, je crois que Kojima, n’a pas tout compris de toute façon.

Pour faire court, disons que les premières heures servent de long didacticiel. Vous y apprendrez comment évoluer dans ce monde fort hostile en plus de saisir les différentes mécaniques de jeu. Au début du jeu, je savais que Sam pouvait uriner, mais pourquoi? Ça servait à quoi? Simple, les Échoués détestent. Alors, si vous vous retrouvez entouré d’une marée noire, sortez votre… et pissez dessus. C’est une des nombreuses choses qui se cachent dans le jeu. Il faut fouillez, tentez des manœuvres et peut-être qu’au final, ça donnera un résultat favorable… ou pas.

Le jeu comporte son lot de petits détails qui fait de lui un titre se démarquant des autres. Si vous êtes arrivés jusqu’ici dans mon test, vous savez donc que Sam doit transporter une panoplie de colis ayant chacun un poids différent. Ce qui peut faire pencher Sam d’un côté ou de l’autre, tituber ou même perdre l’équilibre avec une charge mal répartie. Dernière chose, le bébé peut devenir très stressé ou apeuré, ce qui peut l’amener vers un état de panique et alors il sera empreint à faire des crises de larmes. Comment y remédier? Le détacher, le bercer en le consolant et tout devrait revenir à la normale. Kojima pense à tout c’est fou.

Le graphisme? Juste un gros WOW! Le plus beau jeu de la PS4 sans conteste. Kojima Productions a mis le paquet et le budget. Preuve qu’il n’a pas besoin de Konami. Dès mes premiers pas, j’ai été conquis. Le jeu offre des environnements divers et riches en détail. Que dire de la représentation à l’écran des vrais acteurs: Norman Reedus, Guillermo Del Toro et les autres. Le bébé est carrément réel. Malgré quelques bogues, le jeu roule très bien et la fluidité est de mise. Le seul défaut provient de la pub et surtout de la place faite à ces produits de consommation. La boisson énergisante y est présente en quantité. Il faut se rendre à l’évidence, nous sommes rendus là en 2019. Autre petit irritant qui peut en devenir un grand, comme les cinématiques sont assez longues, il est impossible de les mettre sur pause pour y revenir plus tard.

Pour l’aspect sonore, c’est encore du tout bon. Tout d’abord le jeu est offert en version intégrale anglaise et française. Le doublage est impeccable. La bande originale est sublime et j’ai grandement apprécié l’idée d’incorporer de superbes compositions non instrumentales, mais avec voix svp durant certaines phases plus calmes. La musique devient un personnage en soi. Les pièces du groupe Low Roar sont devenues le coup de cœur musical de Hideo Kojima et ça se ressent. Le jeu des protagonistes est juste et donne vie à tous. Ce sont de vrais acteurs après tout.

Au final, je ne sais toujours pas dans quelle catégorie le placer. Cependant, je sais que c’est un excellent jeu. Niche certes et qui ne plaira pas à tous. Il faut être réaliste, si vous n’aimez pas les jeux avec des longues cinématiques, passez votre chemin. Pour ma part, j’ai toujours aimé me faire raconter une histoire dans laquelle je suis le protagoniste principal et y être interactivement relié. Je veux vivre mon expérience et y est le témoin primaire, c’est ce que m’a permis Death Stranding.

Cote FG: 9/10

Points positifs:

  • Le scénario qu’est le Death Stranding.
  • Une grande aventure.
  • Dans le cerveau de Hideo Kojima…
  • Norman Reedus et tous les autres acteurs.
  • Une excellente durée de vie.
  • Un doublage impeccable.
  • La bande originale sublime.
  • Tous ces petits détails!

Points négatifs:

  • Un jeu très niche qui ne plaira pas à tous.
  • Quelques bogues sans conséquence.
  • … difficile de s’y retrouver.
  • La surconsommation à son meilleure… Monster.

Fiche technique:

  • Développé par Kojima Productions.
  • Publié par Sony et 505 Games.
  • Jeu d’action.
  • Mode solo seulement avec certains aspects en ligne.
  • Offert sur PS4 exclusivement avec sortie à venir sur PC.
  • Disponible en version intégrale anglaise et française.
  • Téléchargement ou en boîte.
  • Site officiel: http://www.kojimaproductions.jp/en/death_stranding.html