(Test FG) Ori and the Will of the Wisps (Windows 10)

 
On ne peut jamais faire confiance aux développeurs lors de la présentation d’un jeu. Il peut être hyper sombre, sans être pour autant conçu avec sérieux. On l’a bien appris alors que Nintendo nous offrait Metroid qui offre un univers généralement coloré mais qui nous force à creuser si on souhaite aller au fond des choses. On peut voir un jeu coloré, enchanteur, mais ce produit peut être audacieux.

Le jeu Ori and the Will of the Wisps a pu être évalué à partir d’un code téléchargeable Xbox Play Anywhere remis à des fins critiques. Cet écrit fait suite à la défaite du boss final à 71% et onze heures de progression.

Ori and the Will of the Wisps est le tout nouveau jeu par Moon Studios qui nous a offert, il y a cinq ans presque jour pour jour, The Blind Forest. Avec un départ narratif qui a pu surprendre sur le ton émotionnel, la majorité ne s’attendait pas au genre réel qu’était le titre original en 2015. Tout comme le volet précédent, The Will of the Wisps s’ouvre avec une narration interactive, mais ne vous laissez pas avoir une seconde fois : Ori est une série de jeux de plateforme-action à défilement latéral 2.5D avec une emphase importante sur l’exploration dans un univers enchanteur/fantastique.

La comparaison avec Metroid n’est pas mauvaise puisque ce jeu est effectivement digne de la série qui a fait ses débuts en 1987. La raison pour laquelle je n’ose pas mentionner Metroidvania pour le reste de la critique, c’est que ce terme n’est jamais défini correctement par son auteur lors d’un écrit, une analyse ou tout type d’essai et ne mène qu’à la confusion ou l’erreur absolue. En fait, ce terme est souvent utilisé comme raccourci pour déterminer un genre ou type de jeu ce qui mène à un manque de connaissance ou une volonté de faire vendre au consommateur quelque chose qu’il pourrait ne pas aimer. Étant moi-même accro aux jeux d’exploration 2D depuis mes premiers pas dans Zero Mission, Ori est donc un jeu qui surprend dès les premiers pas et son ambiance sonore menée par l’excellente composition musicale de Gareth Coker.

L’autre raison pour laquelle Ori and the Will of the Wisps pique la curiosité des fans de Metroid est que le volet original sous son édition définitive fut lancé sur Nintendo Switch en septembre 2019. Milton Guasti, surnommé DoctorM64, a joint Moon Studios après le succès vite annulé par Nintendo de AM2R, une réimagination non-officielle de Metroid II : Return of Samus. La même année que DoctorM64 a rejoint Moon Studios comme concepteur de niveau (en plus de l’annonce officielle au E3 2017), Metroid : Samus Returns était lancé. Comme quoi le destin fait de bien belles choses.

Vous reconnaîtrez cette référence si vous avez joué à un certain classique de 1994.

En tant qu’Ori, un esprit sylvestre, vous parcourez un nouveau monde loin de la forêt de Nibel où se déroulait le premier jeu. Après un nouveau cataclysme, Ori est séparé d’un compagnon qui mérite bien mieux. Votre mission est simple : retrouver ce compagnon et retourner dans votre contrée. Vous dévoiler les éléments narratifs qui sont constitués de séquences non-interactives serait vous gâcher le travail accompli par l’équipe d’animateurs et il est fortement recommandé d’avoir terminé le premier volet afin de comprendre certains éléments narratifs avant d’entamer le présent jeu.

Je vais devoir frapper sur le clou d’un aspect artistique de nouveau avant de vous décrire certains éléments du jeu. En effet, je dois de nouveau consacrer un paragraphe sur le flou de mouvement. Dans un jeu comme Ori où la vitesse est un aspect intégral à la jouabilité, il est essentiel de désactiver ce genre d’options par défaut. Cela rend les séquences de plateformes plus difficiles car le tout peut devenir brouillon. Chaque trame d’image compte dans Ori, mais il y a une limite à l’expression visuelle. Le flou de mouvement dans un jeu n’est jamais beau et ne fait que camoufler des raccourcis ou des compressions.

Le jeu se déroule effectivement dans un monde loin de Nibel et il s’agit de la forêt de Niwel… petit raccourci des noms pour garder ça simple. Le jeu se joue effectivement comme votre Metroid traditionnel où vous parcourez les diverses sections selon les thèmes différents et chacun vous permet de récolter une habileté. Très tôt dans le jeu, votre capacité d’attaque vous dévoilera le principal concept : le jeu met l’emphase sur le corps à corps et le haut risque pour de bonnes récompenses. Ori se munit d’une épée pour effectuer des combos simples et efficaces. Bien sûr, d’autres habiletés comme une roulade, des sauts améliorés et d’autres trucs s’ajoutent afin d’agrémenter les défis de plateformes et certaines de ces capacités viennent du premier jeu. Oui, la formule Metroid à son plus fort puisque tout comme Samus Aran, Ori oublie ses propres compétences. Vous pourriez considérer ceci comme un défaut, mais Ori n’a pas à activer un pouvoir à la demande d’un personnage supérieur dans la narration comme le joueur rend Ori exceptionnel. Ori sait déjà nager au moins.

Pour être franc, ces défis vous donneront du fil à retordre si vous jouez sur PC puisque les contrôles ne sont franchement pas adaptés pour passer d’une fonction à l’autre. Tout comme dans Metroid, on devient surpuissant vers la toute fin, mais Ori se limite à trois fonctions à la fois via les touches B, X et Y sur Xbox. Tout comme dans Metroid ou Zelda, les boss que vous pourriez affronter mettent l’accent sur une capacité récente. Vous êtes donc forcés à l’apprendre afin d’avancer.

Ne soyez pas surpris si je vous dis que je suis « mort » quelques fois car le jeu, tout comme son volet précédent, est très difficile. En fait, même à Normal, le jeu dévorera votre patience et il en a fallu de peu que je pousse des jurons plus forts que dans ma tête. Le jeu vient, comme vous pouvez l’imaginer, mélanger quelques concepts à la fois. À chaque fois que vous obtenez un nouveau pouvoir, laissez-vous tenter par l’exploration. Vous pouvez récolter des fragments pour augmenter vos jauges. Cependant, certains points de contrôle sont sévères et certaines récupérations selon les boss sont peu efficaces. On souhaitera avoir au moins la moitié de sa jauge de vie et non les quatre points de base. Le système de progression pour vos capacités est retiré afin de laisser place à un arbre d’habiletés que progressez et ajustez à votre volonté tout comme Hollow Knight. Les « Soul Link », la capacité de créer des points de contrôle, sont retirés au profit d’une sauvegarde automatique bien que les fontaines servent de station de recharge à la Metroid Prime en plus de points de téléportation à votre demande.

Il y a des obstacles que vous reconnaîtrez si vous avez joué au premier volet, mais le véritable changement est la grandeur de la carte à explorer puisque le tout est effectivement plus étendu. Bien qu’on puisse se téléporter à partir de fontaines localisées, le tout est fluide et laisse place à un univers diversifié en couleurs et thèmes. Le bleu et mauve jouent un rôle principal dans la palette comme elles sont les couleurs associés au compagnon que vous devez aider.

Un élément qui rend Ori and the Will of the Wisps spectaculaire est la galerie de boss que vous devez affronter. On se surprend à apprécier les concepts qu’on finit par oublier que ceux-ci nous donnent un véritable défi de jouabilité. Il faut quand même mentionner que l’ensemble du jeu est un spectacle visuel et il faut saluer Moon Studios sur cet aspect. Ils ont été capables d’intégrer quelques références et ce sera à vous de les repérer.

Le jeu n’est pas à l’abri de quelques petits défauts concernant la physique du jeu et les éléments de hasard qui pourraient arriver lors de combats de boss. Il y a aussi quelques problèmes techniques lors des séquences semi-interactives ce qui est étrange (même à la fin), et j’ai fait face à des problèmes de son et de contrôles avant son lancement officiel. Je crois aussi que certains éléments de plateformes ne sont pas idéaux et les objets d’avant-plan peuvent couvrir votre personnage et ainsi nuire à votre progression.

Ori and the Will of the Wisps n’est pas une promenade de santé. Il s’agit d’une escalade émotionnelle qui résulte en un produit qui peut se conclure sur une dizaine d’heures. En ce qui me concerne, j’ai terminé le jeu à 71% avant de vous offrir cet écrit.

Verdict: Le plus récent titre de Moon Studios réussit à surprendre visuellement et musicalement. Cela dit, il faut avoir une bonne concentration afin d’examiner au-delà du spectacle et de la mélodie afin d’apprécier l’ensemble du concept.

Le jeu Ori and the Will of the Wisps a pu être évalué à partir d’un code téléchargeable Xbox Play Anywhere remis à des fins critiques. Cet écrit fait suite à la défaite du boss final à 71% et onze heures de progression.

Fiche:

  • Titre: Ori and the Will of the Wisps
  • Développeur: Moon Studios
  • Éditeur: Microsoft
  • Disponible sur: Xbox Play Anywhere (Xbox One et Windows 10) et Steam
  • Inclus avec la Xbox Game Pass
  • Joueur: 1
  • Prix au lancement: 39,99$