(Test FG) Journey To The Savage Planet

 
Rares sont les jeux en français qui incorporent des éléments québécois. Je pense à Cursed Mountain sur la Nintendo Wii qui était tout en québécois, un combattant dans Lost Planet 3, le fameux Roger Cadoret interprété par Vincent Leclerc dans Far Cry 5 et quelques autres exemples, mais ça s’arrête là. Pourtant, le studio indépendant Typhoon Studios l’a fait avec son jeu Journey To The Savage Planet. Okay, ça peut nous charmer, mais qu’en est-il de l’expérience globale?

Tout d’abord, lors de mon achat, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. Je me suis un peu interrogé, à savoir, est-ce un jeu de science-fiction, un jeu d’aventure, un jeu à la No Man’s Sky? En fait, c’est un peu tout ça, mais avec un humour totalement déjanté et ce titre est loin, loin, loin, même à des années-lumière (sans jeu de mots de l’espace) de se prendre au sérieux. Donc, je me lance avec ce qui fait office d’histoire.

Le tout débute à l’intérieur d’un vaisseau spatial alors que je sors de mon lit, j’entends un retentissant « Bienvenue Dans Le Programme Pioneer ». Mettons que ça réveille, donc, je m’installe et visionne une vidéo qui m’explique un peu ce que je fais là. Donc, si j’ai bien compris, je suis la nouvelle recrue de l’organisme Kindred Aerospace, qui n’est pas la première, pas la deuxième, ni même la troisième, mais la quatrième plus importante entreprise d’exploration interstellaire dans le monde. Quand je vous mentionnais que le jeu ne se prenait pas au sérieux. Toujours est-il qu’il en revient à moi de déterminer si la planète sur laquelle je vais bientôt me retrouver pourrait devenir le nouveau bastion de l’humanité. Est-ce le choix d’y rester? Mon vaisseau s’étant abimer lors de mon atterrissage et refusant de redécoller.

Le récit, bien que basique, m’en a fait voir de toutes les couleurs et j’en ai ri un bon coup. Avec les voix de trois personnes issues du milieu d’artistes québécois, ça ne faisait aucun doute. J’en parlerai plus tard. Pour parvenir à mes fins, je devais explorer la planète entière en analysant une panoplie d’items, une faune inconnue, en tout cas pour moi et une flore qui me réservait de belles surprises. Le tout, en devant rester… bien oui, en vie… évidemment.

Côté durée de vie, ça dépendra de vous. Pour ma part j’y ai investi plusieurs heures, car en plus de la quête principale, je pouvais me lancer dans plusieurs objectifs secondaires. Même si le jeu est bâti comme un style frappe, tue et réfléchi par la suite, sachez que le tout peut s’effectuer sans faire de victimes parmi la faune et ses différentes espèces présentes. D’ailleurs, je vous ferai remarquer que c’est nous l’envahisseur et pas le contraire. Lorsque j’ai posé mes pieds pour la première fois sur cette étrange planète, je croyais qu’un gigantesque monde ouvert s’ouvrait à moi, mais… au final, le parcours était plutôt linéaire. Oui, l’exploration est de mise, mais avec certaines restrictions à la clé. Si vous aimez être pris par la main, alors ce procédé vous ne posera aucun souci. Assez souvent, je devais me rendre d’un point A au point B tout en esquivant les pièges, me défendre et poursuivre ma route. Si vous croyez que le jeu fait dans la facilité, il n’en est rien. Vous vous en rendrez compte dès le combat contre le premier boss.

Dans mon dernier paragraphe, je mentionnais que le jeu était linéaire, mais maintenant que j’y pense, ce n’est peut-être pas si décevant après tout. Il y a tellement de missions, de ressources à collecter et une panoplie d’items à analyser via un scanneur. Ces derniers se retrouvent confinés dans une encyclopédie. Petit conseil, pensez à déguster des fruits jaunes, ces derniers servant à monter de niveaux et d’autre servant à retrouver un peu de sa vie.

Vous croyez que ça s’arrête là? Bien non, car je pensais que je me trouvais seul sur cette planète, mais je me suis aperçu très rapidement qu’une intelligence extraterrestre avait déjà élu domicile. Revenait à moi de découvrir leurs technologies et leurs secrets. Tout ça, dans le but de réparer mon vaisseau ou simplement de me téléporter d’une installation à une autre. Une sorte d’option de voyage rapide. Mon vaisseau et peut-être le vôtre très bientôt, renferme une imprimante 3D. Un outil fort utile pour créer de nouvelles armes et certains utilitaires. Quelques exemples? Un grappin, un jetpack, une bombe, etc. Bref, de nombreuses améliorations pour l’arme principale et d’autres objets utiles sont au menu.

Ce qui m’amène au volet sonore. C’est là que l’humour débarque et change la donne. Tout d’abord, je m’habitue tranquillement à un jeu entièrement produit en québécois. Deuxièmement, le trio présent fait un travail colossal. En premier lieu, Emmanuel Bilodeau qui prend place dans la peau d’une espèce de scientifique un peu timbré que l’on peut voir via certaines vidéos et qui est le PDG de Kindred Aerospace. Deuxième personne présente, Katherine Levac, qui tel une Glados #2 (Portal) vous offre son aide et surtout ses commentaires acerbes à la limite du ridicule dans son rôle de E.K.O. l’intelligence artificielle. Elle se moquera de vous, souvent, très souvent. Surtout, à l’heure de la mort. Disons que son bagage d’humoriste lui va bien. Le dernier, mais non le moindre, Guillaume Lambert, il s’agit de la voix derrière les pubs carrément survitaminées et ne faisant aucun sens que l’on peut entendre dans le Javelin, oui dans notre vaisseau pas le Javelin du jeu Anthem.

Dernier aspect dont je vous parlerai est le graphisme. Même si Journey To The Savage Planet est un jeu indépendant, le graphisme n’en fait pas partie. Les similitudes avec No Man’s Sky sont plus que frappantes. Le jeu est fort joli et le contraste entre le côté humoristique des créatures et le côté plus réaliste des vidéos avec de vrais humains détonne. Cependant, j’ai vécu quelques ralentissements et un gel ou deux. Bref, rien de trop grave. L’aventure se déroulant à la première personne, j’ai également vécu quelques moments de caméra mal positionnée.

Au final, voici une belle surprise. J’ai eu du plaisir du début à la fin. J’y ai joué seul, mais l’aventure peut se boucler en coop également. Pour un jeu de qualité offert à un prix de 33.99$, que voulez-vous de plus? Haute recommandation.

Cote FG: 8/10

Points positifs:

  • Un jeu 100% québécois.
  • Le trio d’acteurs/humoristes présents.
  • L’imprimante 3D.
  • La récolte d’infos.
  • La recherche grandement récompensée.
  • La haute originalité des développeurs.

Points négatifs:

  • Quelques ralentissements.
  • Un ou deux gels.
  • Caméra mal positionnée par moment.
  • Une difficulté inégale.

Fiche technique:

  • Développé par Typhoon Studios
  • Publié par 505 Games.
  • Jeu d’aventure à la première personne.
  • Jouable en solo et coop.
  • Offert en version anglaise ou française.
  • Disponible sur PC, PS4 et Xbox One. (testé sur Xbox One X)
  • Site officiel: https://savageplanetgame.com/fr/