(Test FG) Ciel Fledge: A Daughter Raising Simulator

 
Quand Dominic m’a envoyé le code du prochain test, je me suis remis en question, était-ce un message subtil qu’il n’aimait pas mon travail? Était-ce pour se venger que je ne sois pas assez souvent au podcast? Et puis je me suis dit qu’il venait de reconnaître mes talents de père avec mes trois jeunes enfants. Sinon pourquoi m’avoir envoyé un simulateur d’enfants? Ma première réponse donnée fût que je n’avais vraiment pas hâte d’y jouer mais que dans ce milieu-là il ne fallait pas passer à côté d’un jeu car parfois on peut y trouver une vraie petite perle.

Ciel Fledge : A daughter raising simulator est exactement ce que son nom l’indique, la simulation de comment élever une jeune fille dans un monde incertain. Incertain, car celui décrit dans le jeu est un peu post-apocalyptique. Vous vivez maintenant sur des îles flottantes, la Terre fût étrangement attaquée par des extraterrestres ni plus ni moins et l’arche numéro 5 fût détruite. Vous devez aider ses survivants en les accueillant dans votre demeure. Vous êtes donc du jour au lendemain le nouveau père de Ciel, une jeune fille retrouvée à moitié morte qui étrangement ne se rappelle de rien. Bref, un scénario sans queue ni tête dès le départ. Rien pour motiver d’y jouer, mais faut ce qu’il faut.

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Votre première étape consiste à remplir l’agenda de votre nouvelle fille que vous aimez déjà tant même si on vous l’a imposé. OK je suis un peu rabat-joie sur ce bout de scénario mais il faut pas nous prendre pour des idiots non plus. Chaque jour de la semaine doit être remplis pour permettre à votre future adolescente de s’épanouir et d’obtenir l’éducation nécessaire pour devenir la parfaite petite dame. Se reposer une journée lui redonnera de l’énergie, discuter avec des amis fera en sorte que ses liens d’amitiés seront encore plus fort, aller en cours lui permettra de devenir intelligente et faire quelques travaux par-ci et par-là, de la rendre plus autonome autant financièrement que pour quand vous aurez l’immense honneur de la renvoyer de chez-vous dans 10 ans. Plusieurs choix sont possibles et affecteront les différentes caractéristiques de Ciel et évolueront tout au long de l’histoire. Votre arbre de compétence évoluera aussi et offrira des activités différentes au long de votre progression. C’est une grande partie du jeu et c’est redondant après 3 semaines, on dirait une semaine de relâche à organiser pour pas que les enfants s’ennuient, mais à chacune des semaines.

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Mais quoi d’autres? Des combats… Oui. On ne savait pas trop quoi imposer alors on n’y a rajouté des combats, trois sortes en tout. Prenons exemple des combats mentaux qui se passe souvent en classe. Vous possédez des cartes de couleurs, qui ne ressemblent pas à des cartes mais bien à des petits carreaux en forme de losange mais on les appelle des cartes. Vous devez faire un combo de trois cartes de couleurs identiques pour faire des points. Vos collègues de classes peuvent aussi vous prêter main forte et bien entendu des attaques spéciales font partis du lot. Pourquoi ne pas donner un coup de pied aérien dans le vide en plein milieu de la classe? Je semble peut-être fermé d’esprit mais ces combats sont inutiles et n’apportent rien au titre qui se voulait avant tout une façon interactive de raconter une histoire moyenne. Les combats sont aussi tous inégaux passant d’une facilité déconcertante à un nombre incalculable de sacre québécois les uns après les autres. Une inexpérience du développeur sans aucun doute. Outre les combats, il nous faut également envoyer notre fille sur la Terre. Celle-ci est maintenant parsemée de danger fatal et la seule personne à qui nous avons pensé c’est d’y envoyer notre propre fille. Je comprends que nous avons sûrement hâte d’en être débarrassé mais il a y une certaine limite.

Malgré une histoire moyenne, disons que le point fort du titre reste tout de même sa narration qui se distingue par des thèmes très peu exploités dans le monde du jeu vidéo. Celui des relations père-fille étalé sur une dizaine d’année. Bien entendu, on n’y parle pas que de cette relation et bien vite l’histoire tourne autour d’alien et du pourquoi et comment votre fille s’est-elle retrouvée à perdre la mémoire. Mais votre propre fille est dépourvue de personnalité dans toute cette histoire et semble peu se soucier de tout et même à 10 ans semble être la pire des ados. Personnellement je l’enverrais dans sa chambre pour la décennie au complet. Je plaisante bien entendu, enfin je crois.

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Visuellement, le titre malgré sa simplicité est accrocheur et nous offre deux styles dans le même jeu, un à la fois plus mature lors des séquences de discussion, un peu à la JRPG et un autre chibi tout mignon lors des phases de combat ou lors du déroulement de la semaine. La musique est relativement entraînante et n’est pas trop redondante comme plusieurs autres titres indie qui ont tendance à ne mettre pratiquement aucun budget sur celle-ci. J’ai cependant noté plusieurs erreurs de traduction lorsque le jeu est en français ou certains menus ne sont tout simplement pas traduits, ce qui est plutôt inacceptable lorsqu’on décide d’offrir des langues différentes à son jeu.

Ciel Fledge : A daughter raising simulator n’était définitivement pas un jeu pour moi et je n’oserais pas le recommander. Un jeu sorti trop rapidement qui manque de contenu mais qui offre quand même de bonnes idées à la surface. C’est simplement qu’on fini par s’y noyer par manque de plaisir et d’intérêt.

5/10

Twitter : @jackgerms