Plusieurs œuvres de science-fiction ont abordé la notion de voyage seul dans l’espace, mais peu d’entre eux vous placent dans la peau d’un explorateur qui hallucine des cubes de couleurs et une intelligence artificielle qui vous guide sous forme de marionnette. Si vous pensiez que la fin de 2010 : l’Odyssée de l’Espace était bizarre, dans Crew 167 The Grand Block Odyssey on ne fait que commencer.

Le jeu ne perd pas de temps et nous lance assez vite dans l’action

Jeu indépendant du Studio Oddbreeze, Crew 167 nous place dans la peau d’un colon de l’espace (#167) parti de sa planète mourante afin de préparer le venu des siens dans un monde meilleur. Voyager seul dans l’espace pendant des années-lumière a des effets négatifs sur le moral et notre ami ne perd pas de temps à halluciner toute sorte de trucs, mais surtout des cubes. Il y a deux aspects très distincts dans Crew 167. Il y a une narrative basé sur la santé mentale, les implants et autres trucs du genre. Puis il y a les casse-têtes. Le lien entre les deux est plutôt faible à mon avis, mais ça n’empêche pas les deux de fonctionner en parallèle. D’un côté, l’histoire très développée qui agit comme entre scènes pour les différents chapitres de puzzles. De l’autre, le jeu lui-même qui nécessite de déplacer des blocs pour activer des interrupteurs qui nous donnent accès à de nouveaux puzzles et de nouvelle difficultés. Je vais analyser le gameplay en premier parce que c’est là que la majorité de votre temps se passe et c’est surtout le seul aspect du jeu qui nous laisse des choix, l’histoire étant linéaire.

Je ne suis pas un expert mais je pense que 167 représente la quantité considérable de café que notre gars bois.

Une fois qu’on accepte le concept bizarre d’un mec qui hallucine des boites qui doivent être déplacées sur des socles, on s’abandonne au plaisir de donner des coups de pieds sur lesdites boites pour les faire glisser au bon endroit. La mécanique de base envoie une boite jusqu’au prochain obstacle, que se soit un mur, un meuble, un roche un arbre, etc. Évidemment si votre boite se retrouve coincée contre un mur il devient impossible de placer notre personnage derrière pour la botter au bon endroit. Il y a plusieurs sortes de blocs qui seront introduits tout au long du jeu, ceux qui doivent être mis sur le socle de couleur correspondante, ceux avec un décompte, ceux avec une limite de mouvement, ceux lier ensemble, etc. Il y en a beaucoup et aussitôt que vous pensez avoir maitrisé la chose, une nouvelle sorte de boite est introduite pour vous faire sacrer davantage. Je dois dire que la difficulté est relativement bien balancée et la progression est juste parfaite. Si « kicker » des boites afin de résoudre des problèmes mentaux n’est pas votre tasse de thé il est possible de faire d’en faire seulement 2 minimums à chaque niveau afin de passer à l’histoire plus vite. En même temps, si vous désirez résoudre des problèmes au lieu de vous tapez l’apitoiement de notre infortuné, il est possible de faire tous les puzzles et de passer au prochain « bloc » en sautant par-dessus toute les entrescènes. Je pense que c’est une excellente option, car elle permet au joueur de jouer à sa façon et de choisir de passer plus temps avec l’aspect qui lui plait le plus.

Des truc frustrants, comme la boite verte qui passe au travers du décor en haut à gauche.

Si les casse-têtes sont intéressants, l’environnement dans lequel on doit les résoudre est n’est pas toujours participatif. Les choses se corsent en effet lorsque l’on tombe dans les environnements naturels. La limite des arbres, tronc et roches ne sont pas toujours bien définis et on doit alors y aller de plusieurs essais-erreur juste pour comprendre ou l’on peut envoyer les blocs. Mention spéciale aux maudits buissons (que l’on peut mettre en feu) qui bloque notre héros, mais pas les blocs eux-mêmes.  Parlant de promenade dans la nature, c’est probablement l’aspect le plus faible du jeu en termes de graphisme. Le vaisseau spatial est loin d’être un chef-d’œuvre, mais au moins les textures ne sont pas délavées et floues comme les rochers que l’on retrouve sur notre planète d’adoption. Quelque chose de surprenant se passe vers la fin du jeu lorsqu’après une séquence dans un labyrinthe, la vue change à la première personne l’instant d’un casse-tête. C’est ici que la trame narrative et le jeu sont à leur plus proche et que la connexion entre les deux est le plus soutenue. Dommage que ce soit si court.

On dirait plus quelqu’un qui s’est emmêlé dans le boyaux d’arrosage.

Puisque je parle de rapprochement avec l’histoire, parlons-en donc. Le l’histoire explore la notion de solitude, de confiance en soi et de contrôle cérébral avec des implants. Vous racontez quoi que soit serait donné beaucoup trop d’information puisque les révélations se suivent à un rythme soutenu. J’ai trouvé que c’était bien écrit et que le niveau d’ésotérisme ne devient jamais du n’importe quoi. On reste toujours bien connecter à la réalité du personnage pour suivre ses tribulations sans en venir à décrocher. Cependant nous ne sommes qu’un passager et il n’y a rien que l’on peut faire pour influencer le déroulement de l’histoire ce qui est une occasion ratée à mon avis. Musique d’ambiance et voix font le travail, sans jamais impressionner. Je suis devenu un expert du jeu indépendant sur PC avec toutes mes critiques de jeu sur Steam, et je vais dire que ce n’est pas la pire performance d’acteur que j’ai vu, mais ça ne se place pas dans la moyenne haute c’est certain. L’actrice qui joue le rôle de l’AI est meilleur que le personnage masculin ce qui nous fait un peu décrocher.

Les boites magnétiques amènent un des challenges les plus intéressant du jeu.

En gros il faut prendre le jeu pour ce qu’il est : une série de puzzles amusants qui requièrent un minimum de réflexion. L’histoire n’est pas mauvaise, mais je la considère plutôt comme un bonus plutôt que l’attrait principal. Cela aurait été différent si l’on avait eu des interactions plus poussé avec l’AI, ou des choix avec des conséquences dignes du scénario. À 20$ sur Steam je crois que le jeu est à un prix juste.

Page officielle

Page Steam

Points forts :

  • La diversité de casse-tête.
  • La possibilité d’en faire plus que nécessaire.

Points faibles :

  • Graphisme minimal, mais qui peut nuire à la compréhension dans certains niveaux.
  • Bonne Histoire, mais aucune chance de l’influencer.

 

Eric Chamberland

Twitter @chambee