(Test FG – Jeux vidéo) BioShock: The Collection (Nintendo Switch)

La Nintendo Switch se permet d’accueillir bon nombre de titres de la génération actuelle ou précédente. Dans l’effort d’être une console ayant quelque chose pour un peu tout le monde, voilà qu’un succès de la génération Xbox 360 se pointe avec sa collection complète.

Ce texte fait surtout mention de la qualité des performances concernant la version Nintendo Switch et comment les titres de 2K/Take-Two Interactive tiennent par rapport au reste de la génération. Un code pour l’évaluation a été remis à des fins critiques.

BioShock : The Collection est un ensemble regroupant les trois jeux de la série pour la première fois parue en 2007 en tant que successeur spirituel à System Shock. Il faut savoir que System Shock 2 vient du même directeur que BioShock 1 et BioShock Infinite soit Ken Levine alors qu’Irrational Games (2K Boston en 2007) a développé la suite du jeu de Looking Glass Studios. BioShock est généralement défini comme un jeu de tir à la première personne avec un accent important sur une mécanique de jeu de rôle où la question morale est développée dans le contexte du récit. On parle ici d’une quête de foi, du pouvoir, de la suprématie ou de sens commun.

Les deux premiers épisodes nous plongent (littéralement) dans les profondeurs d’une cité submergée du nom de Rapture, une utopie mise sur pied par le magnat Andrew Ryan. Le troisième jeu, un prédécesseur chronologique, nous envoie au paradis de Columbia alors que nous sommes confrontés à l’exploitation des races, l’influence technologique et la domination de la religion.

En tant que jeu de tir à la première personne, notre personnage (peu importe le jeu) est équipé d’armes à feu ou de poing comme une clef à molette, une perceuse (BioShock 2 est particulier dans ce cas-ci) ou un crochet de rail (Infinite). La mécanique de jeu de rôle vient du fait que nos pouvoirs de type Plasmid ou Vigor peuvent être choisis selon les options dans notre progression et les personnages se dressant contre nous ont souvent une barre de santé bien visible.

Les goûts sont éphémères et l’industrie vidéoludique n’y échappe pas. J’avais autrefois encensé BioShock pour son approche, mais je n’y ai pas rejoué car j’ai refusé de parler d’éléments que j’ai trouvé frustrant comme ils n’avaient pas eu un énorme impact sur ma progression. Il y a ce fameux aspect de la critique qui permet à certains d’être honnêtes même si leur opinion est à contre-courant par rapport à la majorité ce qui fait qu’un jeu adoré par plusieurs pourrait ne pas plaire à une personne bien spécifique et il faut les écouter. Les goûts changent au fil du temps et on finit par voir les réels problèmes d’un titre. Bien sûr, il faut éviter d’entrer dans une discussion toxique.

Pour moi, le véritable problème de BioShock vient de sa volonté d’offrir un système de jeu de rôle en laissant de côté tout le reste. On dirait que, depuis un bon bout de temps, la majorité des jeux se doit d’avoir un système de jeu de rôle afin d’être à « l’avant-garde ». Il y a bien sûr ce fameux concept d’état d’échec qui est bien plus discret que la norme alors que les chambres Vita sont un peu partout bien qu’il y ait des modes de difficulté limitant ou désactivant les chambres en question. Après tout, la difficulté de BioShock est tellement disproportionnée que d’y jouer dans sa difficulté supérieure ne relève que de la frustration ou de la folie. La version Switch ne fait qu’alimenter cet aspect en ce qui me concerne.

Ayant fini BioShock 1 et Infinite il y a quelques années, j’ai tout de même de bons souvenirs des titres d’Irrational et 2K Marin (BioShock 2). Je considère BioShock 2 comme étant le meilleur titre si on parle de la jouabilité grâce à la collection d’armes et de Plasmids qui peuvent être utilisées sans être forcé de changer d’options (Plasmids et armes à feu combinés). Au lieu de limiter notre arsenal, notre avatar Delta a accès à plusieurs armes différentes alors que Booker DeVitt, dans Infinite, est limité à deux armes et les armes offertes dépendent de l’arène de tir auquel il devra faire face bien que le jeu offre des améliorations d’armes ce qui est une déconnexion totale avec le récit puisque Booker ne détient aucune arme pour lui-même sauf le crochet de rail qui reste satisfaisant grâce à la capacité d’exécuter à mort un ennemi. Cela mène aussi à l’absence totale d’aspect stratégique car la volonté d’offrir un système à deux armes est une restriction basée sur une maladresse de développement depuis quelques temps. Même Tomb Raider ne fait pas cette erreur. La jouabilité même de BioShock (l’entièreté) soit la mécanique de tir à la première personne reste le plus grand défaut du jeu. À cause de la mécanique de jeu de rôle, certaines actions des personnages qu’on affronte se déroulent même si un Plasmid ou Vigor devrait l’avoir arrêté. Le système de barre de vie renforce aussi l’absence d’impact et donne l’impression que nos armes ne valent rien. En résumé : BioShock, en tant que jeu de tir à la première personne, est à la ramasse face à des jeux comme Wolfenstein, Prey, Halo et, évidemment, DOOM. Tout ça pour dire que BioShock a vraiment mal vieilli selon ma perspective et mes préférences.

La véritable force de BioShock reste son scénario qui mérite d’être exploré au moins une fois en tant qu’amateur vidéoludique. La fameuse phrase que tout le monde connaît est la pierre angulaire du scénario alors que BioShock 2 offre une perspective différente soit celle d’une créature qu’on a probablement tué assez souvent dans l’épisode original. Cependant, votre auteur préféré tient comme philosophie qu’aucune histoire ne peut sauver la jouabilité alors que la jouabilité peut sauver toute histoire. Le dernier né d’Irrational Games en est le parfait exemple : Infinite est encore plus restreint pour la jouabilité comme le jeu nous verrouille de plusieurs actions lors de conversations ce qui fait que le système de combat dans Infinite est encore pire par défaut bien que le crochet soit satisfaisant à utiliser malgré la répétition et l’absence réelle de récompenses (quelque chose qui fut réglée dans un certain jeu par id). Ce qui est plus étrange, c’est d’entendre Booker parler alors que nous sommes en première personne ce qui, pour moi, crée une réelle dissonance : je ne suis pas Booker. Si le jeu était en troisième personne, ce serait encore mieux puisque je ne peux qu’apprécier le charisme et la véracité d’Elizabeth comme personnage de fiction. Ok, c’est vrai qu’elle nous aide beaucoup, mais c’est une compagne qui est absolument formidable lors de certaines séquences de dialogues. Infinite repose entièrement sur la crédibilité d’Elizabeth car le reste du jeu, à part son scénario, est facile à oublier. Il est seulement dommage que, pour un personnage si important, sa présence est ignorée par les ennemis lors des arènes de tir, elle-même se plaçant en plein milieu d’un champ de tir parfois ce qui est absurde sans compter la distribution de ressources sous la prétention qu’elle cherche dans les poches de cadavres. Elizabeth diminue entièrement le concept de l’état d’échec à zéro et on se demande finalement si nos actions ont réellement un impact.

BioShock : The Collection reste une série de titres à explorer, surtout le premier jeu et si vous avez un ordinateur (qui peut rouler les trois titres maintenant avec un système moyen) ou une console actuelle. Ce sont des titres qui ont certainement influencé et façonné les jeux modernes pour le meilleur et pour le pire. Ce sont des titres qui méritent notre respect malgré tout car le travail au niveau visuel, artistique et sonore relève de l’exploit. Si on parle des versions Switch, on se demande pourquoi 2K ou Take-Two Interactive nous charge plein prix pour une collection de trois jeux d’une génération ancienne. Tout de même, on parle ici de la collection complète incluant tous les contenus téléchargeables de l’époque. La valeur est donc un argument en faveur de la Switch grâce à son mode portatif si on regarde les yeux fermés.

Quand je dis que les principaux problèmes de BioShock sont accentués sur la version Switch, c’est le cas. Il serait impensable pour moi de croire que le portage fut une réussite puisque ce n’est pas le cas : il suffit simplement de voir le mini-jeu de piratage pour les machines dans BioShock pour voir le sacrifice fait. La sélection de carreaux pour l’assemblage de plomberies qui font la mécanique de piratage est à un taux de rafraîchissement inexcusable. Vous me direz que ce n’est pas si important puisque ce n’est pas la portion principale du jeu et je serai obligé d’être en désaccord : l’aspect de piratage dans BioShock est un des éléments qui consistent à préserver la notion du système de jeu de rôle. Vous avez le choix de ne pas pirater les machines en général ou vous décidez de pirater tout ce qui brille avec une petite lumière rouge pour que vos machines aient une petite lumière verte pour vous protéger.

« Muh, c’est seulement une version portable, tu ne devrais pas critiquer un jeu d’offrir la chance aux gens de jouer à ce qu’ils aiment sur une console avec un mode portatif. » Parfait, c’est là qu’on s’amuse parce que c’est mon travail et c’est pour ça que je crois que je suis nécessaire. Les problèmes de BioShock sont accentués en mode portable. À cause de la faible résolution et le champ de vision sur Nintendo Switch, certains passages mettant l’accent sur le combat deviennent plus difficiles. Je pourrais aussi parler du fait que le taux de rafraîchissement affecte la jouabilité par défaut (ce qui fut, est et sera toujours un fait), mais je suis prêt à accepter ce sacrifice sur Nintendo Switch en mode portatif. Ça ne veut pas dire qu’il faut l’ignorer car même en mode maison, le taux de rafraîchissement est médiocre et cela inclut le mini-jeu de piratage. Ainsi, en mode portatif, nos choix de cible sont petits. Comme résultat, la visée est plus difficile à cause de la taille restreinte et la sensibilité à tout bout de champ. Cela rend les sections où tirer avec la lunette de visée devient un défi en lui-même. En fait, cela rend la capacité de viser avec les Plasmids et Vigors très difficile. Ce n’est pas parce que je me suis habitué avec la souris et clavier : la restriction forcée sur Switch rend le jeu plus difficile qu’il ne l’est réellement renforçant ainsi cet élément de frustration lorsque notre personnage se fait ramenée dans la chambre Vita pour se faire retuer par un Big Daddy ou des Splicers ou des robots de garde et ainsi de suite.

Durant ma progression dans BioShock, j’ai remarqué un délai dans le changement d’armes comme si le jeu devait m’empêcher de passer à l’arme suivante car il y a bien sûr une roulette pour le changement d’armes ou de Plasmids. Ce genre de truc affecte, encore une fois, la jouabilité et c’est un détail que je considère inexcusable. Je souhaite aussi pointer que les portages Remastered sur PC sont encore truffés de problèmes techniques qui continuent d’affecter le produit presque quatre ans plus tard comme des passages où ça gèle, la perte au niveau des performances et des interruptions totales forçant le redémarrage du jeu (ce qui m’est arrivé durant l’intro de BioShock 1).

Il est invraisemblable que cette collection portée par Virtuos fût approuvée par le contrôle qualité de Take-Two Interactive. Ayant fini les jeux il y a plusieurs années, je peux accepter de les refaire, mais ces titres sont bons seulement la première fois. Le sacrifice fait graphiquement pour que ces titres roulent sur la Nintendo Switch est acceptable pour ceux qui y joueront pour découvrir les titres. Malheureusement, le mode portatif n’est pas idéal à cause d’un champ de vue terrible, la taille des éléments importants qui est évidemment réduite et les irritants de la jouabilité générale. En sachant que DOOM fut porté sur Switch un an après son lancement initial sur PC, Xbox One et PS4, on se serait attendus à un effort considérable pour BioShock, une supposée révolution.

Verdict: Mon expérience dans BioShock: The Collection fut frustrante à cause des sacrifices faits. La valeur est là, mais le mode portatif démontre que ce ne sont pas tous les titres qui peuvent fonctionner rendant le tout plus difficile à jouer de manière arbitraire.

Ce texte fait surtout mention de la qualité des performances concernant la version Nintendo Switch et comment les titres de 2K/Take-Two Interactive tiennent par rapport au reste de la génération. Un code pour l’évaluation a été remis à des fins critiques.