(Test FG) The Medium

 
Le studio polonais Bloober Team fait ses marques depuis quelques années dans le monde vidéoludique et plus particulièrement dans le style horreur psychologique. Auparavant, il y avait Capcom, Konami et Red Barrels, dorénavant, il faut compter sur un quatuor d’horreur. Après Layers Of Fear 1 et 2, The Observer ainsi que Blair Witch, voici venue la nouvelle pépite du groupe avec The Medium. Est-ce aussi efficace que leurs autres titres? Sans plus tarder, voici notre compte-rendu de cette expérience sans égale.

Une histoire prenante:

Le scénario The Medium place le joueur dans la peau d’une jeune femme nommée Marianne en 1999 en Cracovie. Cette dernière est dotée depuis son tout jeune âge de pouvoirs psychiques lui permettant de séparer les mondes matériels et spirituels ce qui lui confère d’avoir de nombreuses visions. Parfois très marquantes pour son imaginaire comme celle dans laquelle elle assiste au meurtre d’une enfant sans défense sur le bord d’un lac. Pour faire court, elle peut voyager entre le monde des morts et des vivants pour ainsi discuter avec les défunts et les faire traverser dans l’au-delà. Le jeu débute alors que Marianne se voit porter le deuil de son père adoptif, elle reçoit alors l’appel d’un homme étrange Thomas, qui l’invite à le retrouver dans les ruines du complexe hôtelier Niwa. Ce mystérieux Thomas pourrait enfin apporter un son de cloche sur les visions effrayantes qui hantent Marianne.

Comme à son habitude, Bloober Team met en place un récit complexe imprégné de psychologie et de bien des rebondissements. Il faut être hyper attentif tout au long de l’aventure. J’ai adoré vivre tout le jeu en dualité entre les vivants et les morts. Une magnifique dose d’originalité. Je ne sais pas si le studio s’est inspiré de la série TV à succès Stranger Things, mais toute cette épopée entre les univers, n’est pas sans rappeler le Monde à l’envers.

Ça l’air complexe sur papier expliqué de cette manière, mais c’est comme si je jouais un jeu coop en écran scindé. Dans une partie, Marianne évolue dans le monde réel et dans l’autre, son alter ego se retrouve dans le monde parallèle. Donc, tout est fait en temps réel, les mêmes endroits, les mêmes situations. De plus, j’ai pu évoluer dans les deux univers simultanément. Lors de certaines situations, j’ai dû utiliser l’une ou l’autre pour trouver des éléments dans le but de faire avancer le jeu.

Une durée de vie courte, mais intense:

Autre fonctionnalité intéressante, à certains moments, Marianne peut sortir totalement de son corps pour ainsi laisser toute la place à son alter ego. Toujours dans le but de résoudre certaines énigmes et faire avancer l’histoire. La totalité du jeu se boucle en plus ou moins huit heures tout en solo à la troisième personne. Outre la quête principale, le jeu renferme un aspect exploratoire dans le but de dénicher différents items comme des cartes postales, des échos audios, etc. Il y a certaines énigmes à résoudre via certains articles trouvés un peu partout. Je pouvais même y faire des associations d’objets pour avancer.

Ça se joue comment:

Dans l’ensemble, Marianne se déplaçait assez bien. Je pouvais sprinter, mais bon, ça avait l’air plus d’une marche rapide que d’une course. J’ai pu pousser certains objets, monter sur ces derniers et utiliser ma vision dans le but de trouver certains indices comme par exemple, des traces de pas au sol. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi dans certains endroits je pouvais courir et dans d’autres non. Pour ce qui est de Marianne 2.0, elle possède un autre pouvoir qui semble être un niveau de puissance lui permettant entre autres, d’utiliser de l’électricité pour mettre en marche un ascenseur désuet. Le niveau d’énergie se retrouve directement sur son bras gauche (les développeurs ont mentionné vouloir épurer au maximum l’interface de jeu). Je pouvais recharger son bras en dénichant des sources de puissances dans le monde parallèle. De plus, Marianne dans le monde parallèle pouvait se retrouver seule, dès lors, l’écran scindé n’en devenait qu’un seul et la scène ne mettait que cette dernière en avant-plan. Par contre, elle se désagrégeait après un court moment et je devais réintégrer le corps de Marianne dans le monde actuel. Une belle pensée qui marque un moment de stress.

Un graphisme en demi-teinte:

Si vous avez joué à Blair Witch, alors vous remarquerez que The Medium provient du même engin graphique. Le jeu n’est pas super beau, mais demeure efficace. Bloober Team, c’est clair, ne mise pas sur cet aspect, mais plutôt l’ambiance. La direction artistique est superbe cependant. Dans le monde actuel, le jeu comporte plus de couleurs, plus de détails et dans le monde parallèle, les couleurs sont plus orientées vers l’orangé, l’ocre avec des décors plus sombres. Du côté de la caméra, elle demeure fixe tout en proposant des plans qui semblent tous programmés d’avance. Un peu comme à l’époque des jeux anciens jeux d’horreur. Simple opinion ici, je crois que ce procédé sert les développeurs dans le but de resserrer encore plus la ligne entre le jeu vidéo et le cinéma. Outre les phases d’action, le jeu est parsemé de nombreuses cinématiques qui s’enchaînent plutôt bien. Par contre, petite déception, le jeu semble souffrir d’une optimisation moindre alors de passer d’une cinématique à retourner dans le jeu.

Une ambiance pesante et convaincante:

Bloober Team a toujours misé sur l’ambiance dans leurs jeux et c’est encore le cas ici. Je dois l’admettre, même si le jeu est catégorisé horreur, il en est rien. Quelques moments de stress oui, quelques scènes effrayantes, des rencontres avec une entité démoniaque, mais loin de ce qu’offrait Blair Witch. Bref, rien d’épeurant, mais je n’avais jamais l’impression d’être à l’aise ou à tout moment, ça pouvait tourner mal. Pour ça, bravo aux développeurs, mission accomplie. Les pièces musicales instrumentales s’enchaînent de belle façon et suivent l’action à l’écran. Le jeu est disponible avec les voix en anglais et menus/sous-titres en français. Le jeu des acteurs est bien, mais aurait pu être mieux. Surtout pour Marianne, on sent une exploitation plutôt faible du côté émotionnel. Parfois, c’est trop et à d’autres moments cruciaux, vraiment pas assez.

Dernière chose à souligner, le jeu renferme une panoplie d’items cachés comme des références aux autres jeux de Bloober Team et des infos sur l’équipe de développement dans les différentes cartes postales.

Une finale déconcertante:

Je sais que pour tout ce que le jeu apporte, il peut paraître un peu cher à 63.99$, mais d’un autre côté, passer à côté serait une erreur. Alors, attendez peut-être une baisse de prix et sautez dessus. Du lourd encore balancé par la Bloober Team. Déjà hâte à leur prochain projet.

Le jeu fut testé sur Xbox Series X via un code de téléchargement qui fut gracieusement offert par la firme ONE PR Studio.

Cote FG: 8/10

Fiche technique:

  • Développé par Bloober Team
  • Publié par Xbox Game Studios.
  • Jeu d’horreur psychologique.
  • Jouable en solo uniquement.
  • Offert en anglais avec menus et sous-titres en français.
  • Disponible en version téléchargeable seulement.
  • Sorti sur PC et Xbox Series. (testé sur Xbox Series X)
  • Site officiel: https://themediumgame.com/

Voici un aperçu en vidéo de ce qui vous attend que j’ai produit via une session de jeu sur ma chaîne Twitch, disponible ici: https://www.twitch.tv/jedidunord