TERA – la critique

S’assoir et écrire la critique d’un MMORPG (massively multiplayer online roleplaying game, en français « jeu de rôle en ligne massivement multi-joueurs ») est toujours une expérience intimidante. Il y a tant de petits éléments à juger, qu’on peut avoir l’impression de devoir rédiger une encyclopédie pour en faire le tour.

Pourtant, à la base, sous le PvP, le « crafting », les « instances » et tout le DPS du monde, se trouve un élément bien important : le facteur F, le facteur FUN. Plutôt que d’y aller d’une déconstruction minutieuse de TERA, allons-y donc avec l’objectif de se demander si ce jeu vaut la peine d’être essayé ou bien s’il se fondra parmi la horde des MMORPG médiocres qui abondent en ce moment dans les Internets.

TERA (l’abréviation du titre complet, « The Exiled Realm of Arborea ») nous accueille dans l’univers manga-esque du royaume d’Arborea, fruit du songe titanesque de deux dieux endormis, Arun et Shara, qui forment les deux continents conjoints du monde. De leur rêve sont aussi nées les races pacifiques de la Fédération Valkyon : les Humains bâtisseurs et populeux, les Amani puissants et draconesques, les Barakas pierreux et sages, les Castaniques érotiques et arrogants, les Hauts elfes androgynes et gracieux et enfin les Elins juvéniles et mi-animaux. Les Elins ont à leur tour créé les Poporis, de bedonnants petits animaux anthropomorphiques. La paix de la Fédération est toutefois troublée par l’arrivée des Argons, des créatures métalliques venues d’un monde souterrain, et dont l’objectif est d’éveiller Arun et Shara pour mettre fin à l’existence d’Arborea et de tous ses habitants merveilleux. C’est là que votre avatar interviendra, pour mettre fin aux conflits qui déchirent le monde…

Ces races sont d’après moi toutes aussi visuellement intéressantes les unes que les autres, que ce soit les très sexués Castaniques et Hauts Elfes ou encore les Elins animé-esques et leurs cousins les Poporis. L’aspect infantile des Elins fait beaucoup jaser sur Internet : certains y voient un certain encouragement à la pédophilie… Je classerais cela dans la même catégorie que les gens qui croient que la série Call of Duty peut servir de simulateur pour entraîner des terroristes : des propos ignares et vides d’intérêt. Il est aussi à noter que chaque race possède quelques pouvoirs spéciaux, comme par exemple celui de récolter certains types de ressource plus rapidement, ou encore la capacité de récupérer sa vie d’un seul coup une fois aux deux heures.

Une fois que le joueur aura décidé de sa race, il devra choisir sa classe. TERA offre un total de 8 classes, qui se jouent toutes de manières bien différentes. L’Archer attaque à distance et utilise les pièges et le poison pour venir à bout de ses adversaires. Le Berserk brandit une gigantesque hache à deux mains et peut s’en servir pour bloquer certains coups. Le Lancier est un véritable roc face à l’ennemi derrière son bouclier et son armure lourde. Le Mystique supporte ses compagnons en les fortifiant et en les guérissant tout en invoquant des esprits protecteurs. Le Prêtre est le principal guérisseur du jeu, toujours prêt à sortir ses compagnons des situations épineuses. Le Tueur en armure légère et constamment en déplacement, fauchant ses ennemis avec son énorme épée à deux mains (pensez à la Buster Sword de Cloud Strife dans Final Fantasy VII). Le Sorcier est le maître des sorts s’attaquant à distance à de nombreux ennemis à la fois. Enfin, le Guerrier est une véritable tornade de mort avec son style de combat à deux épées.

Comme vous pouvez voir, ces classes sont foncièrement différentes, quoiqu’un peu banales. On y retrouve de très bonnes idées : le Tueur, un guerrier en armure légère mais transportant une arme lourde, est un type de personnage qu’on ne voit pas très souvent. De même, le Lancier est un combattant qui peut potentiellement protéger ses amis de toute forme de dégât et se plaçant devant eux avec son bouclier. Avec le système de combat « True Action » tant vanté par En Masse Entertainment, on a là de quoi réellement créer de nouveaux concepts intéressants, et je crois que le jeu aurait bénéficié d’avoir 3 ou 4 classes supplémentaires. Notons aussi que ces classes reposent sur la fameuse « sainte trinité » des MMORPG : le DPS (Damage Per Second, « dégâts par seconde ») qui a la charge de tuer l’ennemi le plus rapidement possible, le tank qui doit attirer l’attention de l’adversaire pour protéger ses compagnons et le healer (« guérisseur ») qui supporte ses compagnons par des sorts de soin et de fortification (ou buff).

Une fois votre personnage créé, vous aurez l’occasion de vivre un court prologue d’environ 15 minutes au cours duquel votre personnage sera immédiatement élevé au niveau 20, avec l’équipement et les pouvoirs correspondant. Je trouve cette idée géniale, car elle nous permet d’essayer sérieusement notre classe et de voir si elle nous plaît. Quel dommage, en effet, de jouer à un MMORPG pour réaliser que notre classe ne nous plaît pas vraiment après 10 heures de jeu! Aussi, n’ayez crainte, vous pouvez toujours choisir d’ignorer ce prologue pour passer immédiatement au début du jeu, où votre personnage sera rabaissé au niveau 1, conséquence d’une rencontre malheureusement avec un puissant démon.

Au cours des 10 premiers niveaux, vous explorerez l’Île de l’Aube, nouvellement apparue sur l’océan entre Arun et Shara. Vous y apprendrez à combattre, à récolter des ressources et à former un groupe pour combattre votre premier BAM, ou « Big Ass Monster », une autre des marques de commerce de TERA. Soyons francs : cette section du jeu est beaucoup, beaucoup trop longue. Ces 10 niveaux s’étirent et s’étirent alors qu’on progresse sur l’île, en combattant les mêmes 5 ou 6 monstres sous des appellations et des couleurs différentes. Il est vrai qu’en quittant cette « Île des Noobs » vous serez bien équipé et prêt à affronter tout ce que le jeu a à vous offrir, mais tout de même cela manque cruellement de dynamisme et de motivateur. On en vient à s’ennuyer des quêtes dialoguées de Star Wars The Old Republic… qui permettaient d’apporter un peu de piquant aux planètes de départ.

Malgré tout, on se prend au jeu, principalement grâce au système de combat utilisé par TERA, baptisé « True Action Combat ». Que veut dire cette appellation un peu vide? Cela signifie qu’au lieu de verrouiller votre cible avec la touche Tab puis d’effectuer une rotation de touches 1-2-3-4, vous devrez constamment manœuvrer autour de vos adversaires pour éviter leurs coups, percer leurs défenses, et atteindre leurs points faibles. Cela rend chaque engagement très dynamique, que ce soit contre un ennemi seul, un groupe de laquais (des ennemis faibles) ou contre un BAM titanesque. On pourra reprocher à TERA de ne pas être particulièrement révolutionnaire, comme nous verront plus bas, mais dans un jeu où l’on consacre 90% de son temps à combattre des monstres, un système de combat complètement neuf est bien assez pour justifier qu’on s’y attarde… une chance, d’ailleurs, car le restant du jeu est plutôt typique de la scène MMORPG actuelle.

Vous poursuivrez votre exploration du monde en vous déplaçant d’un centre de quêtes à l’autre, où des personnages tout à fait oubliables vous confieront quêtes par-dessus quêtes, qui tombent dans l’une des deux catégories suivantes : « Tuez X monstres » ou « Ramenez Y objets ». Il existe aussi une histoire principale, que vous vivrez à travers une série de quêtes séparée dans votre journal, mais au final ces quêtes entrent elles aussi dans les deux catégories mentionnées plus haut. Si vous espériez échapper aux quêtes répétitives des World of Warcraft et des Rift de ce monde, passez votre chemin : il n’y a absolument aucune innovation à trouver dans TERA à ce niveau, ce qui à mon humble avis pourrait repousser de nombreux joueurs potentiels.

Autre élément moins bien implanté, la confection ou crafting. Le système dans l’ensemble est des plus classiques : on récolte dans les différentes zones des ingrédients qu’on utilisera pour confectionner des « recettes » qui nous donneront potions, armes, armures et autres. Le tout prend toutefois bien du temps lorsqu’on s’y attelle, mais le principal problème réside dans le fait que chaque recette exige qu’on achète certains ingrédients à des vendeurs. Augmenter vos compétences de confection vous coûtera en fin de compte une fortune!

En cours de jeu, vous interagirez avec les autres joueurs à deux occasions principalement : lors des fameux donjons à 5 personnes ou encore lors des combats PvP (Players versus Players, « joueurs contre joueurs »). Pour faire court, l’outil qui permet de se trouver des groupes pour faire les donjons ne me semble pas tout à fait au point : l’attente est toujours beaucoup plus longue que l’estimation que le jeu nous offre. Naturellement, vous pouvez toujours ignorer le « trouveur de donjon » et inonder le serveur de vos demandes de groupe! Pour ce qui est du PvP, si vous choisissez d’évaluer dans un tel serveur, soyez averti qu’il s’agit d’un PvP ouvert : c’est-à-dire qu’à tout moment, un autre joueur qui a hissé son drapeau PvP peut vous attaquer sans le moindre avertissement! Effectivement, sans « factions » parmi les races jouables, vous êtes une cible pour tous les player killers du serveur! Personnellement, ce type de PvP ne m’allume pas particulièrement…

Enfin, il y a un élément bien particulier à TERA dont j’ai bien hâte de voir l’application : des élections! À toutes les trois semaines, des élections sont tenues dans toutes les régions du monde pour choisir pour chacune d’elles un « Vanarch ». Chaque joueur possédant un personnage de niveau 20 ou plus peut voter (1 fois par compte, pas par personnage!) afin d’élire un Vanarch. Pour présenter sa candidature, il faut, entre autres, posséder un personnage de niveau 50 qui est chef d’une guilde. Les Vanarchs peuvent, une fois élus, récolter des taxes sur différentes transactions ou encore choisir quelles boutiques spécialisées ouvriront dans leur région. Le système n’est implanté que depuis 3 jours au moment de la rédaction, et avec la sortie de Diablo III votre humble serviteur n’a pas encore eu l’occasion d’expérimenter ce système politique, mais j’ose espérer que cela sera positif pour le jeu.

En guise de conclusion, TERA apporte un rafraîchissant changement de rythme quant au système de combat. Le monde d’Arborea est un chef-d’œuvre de direction artistique et propose un système politique unique dans l’univers des MMORPG. Toutefois, il reste à la base un MMORPG très classique, avec des quêtes et une histoire sans grande imagination.

Note finale: 7/10

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Un commentaire sur “TERA – la critique

  1. Excellente critique, si le jeu ne serait pas payant, j’y jouerais sûrement, mais comme c’est le cas, je vais passer mon tour jusqu’au FtP 😉

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