(CRITIQUE) Far Cry 3 – La folie en vacances

 

Vous êtes étendu sur le sable chaud, le soleil plombe et votre peau noircit à vue d’œil. Cette chaleur écrasante vous amène à tomber dans les bras de Morphée, la somnolence est plus forte que votre volonté de rester éveillé. Pendant de longues minutes, votre corps se libère de toutes ses tensions. Si ce n’est pas le bonheur, qu’est-ce que c’est? Vos vacances si bien méritées sont finalement bien tangibles. Et pourtant, un sifflotement vous ramène à la réalité. Tout près de votre oreille gauche, vous sentez une légère vibration. Vous avez à peine le temps d’ouvrir les yeux que des crocs acérés s’affaissent sur votre jugulaire. Un dragon de Komodo passait par là, la faim le tiraillait et vous étiez sur le menu. Cette île paradisiaque aura encore fait une victime. Bienvenue dans Far Cry 3.

Cette mise en contexte, à elle seule, vous expose si bien ce que vous vivrez comme aventures dans ce nouveau volet de la franchise que c’est à se demander si je ne mets pas fin à mon texte ici même. Ce serait à peine plus long qu’un statut sur un réseau social bien connu. Je ne peux pas vous faire cela, je ne peux pas vous résumer Far Cry 3 par cette simple équation, ce serait injuste pour ses créateurs et aussi pour vous chers lecteurs. Alors, allons-y.

Dès la cinématique d’introduction, le joueur est aspiré dans une histoire qui semble bien légère. Un groupe de jeunes se retrouve sur une île paradisiaque. Ils y font la fête, nagent dans les barrières de corail, font du VTT, du deltaplane. C’est la fête et tout est beau dans le meilleur des mondes. Jusqu’à ce qu’une activité de parachutisme tourne atrocement au vinaigre. Nos joyeux lurons aux formes plastiques et casquettes à l’envers dérivent de leur trajectoire jusqu’à se retrouver en territoire hostile.

Ce qui s’enlignait pour être une semaine de vacances bien paisible se transforme en cauchemar plus vite qu’il ne prend de temps pour crier « silicone ».

Notre ribambelle de jeunes Américains se retrouve ainsi prisonnière d’un sinistre individu en Vaas Montenegro, un trafiquant d’armes et de drogue locale dont la folie n’a d’égale que sa méchanceté. Celui-ci contrôle l’ile et a bien l’intension de s’amuser au dépens de ses pauvres victimes. Un plan parfait, si ce n’avait été de l’évasion de Jason qui tentera par tous les moyens de sauver la vie de ses amis.

Une impression de paradis, une réalité d’enfer:

La prémisse de base est donc aussi simple que cela. L’équipe de développeurs ne se sont pas mise un scénario des plus compliqué entre les pattes. De toute façon,  vous aurez à plus d’une occasion besoin de délaisser cette trame narrative pour partir à la découverte des îles Rook autant pour faire une simple ballade et admirer les paysages que pour affronter la nature sans pitié qui vous y attend.

Far Cry 3, c’est des paysages vastes, jolis et variés. Que ce soit, les multiples plans d’eau séparant des différentes îles de l’archipel se situant quelque part entre l’océan Indien et l’Océan Pacifique en Asie du Sud-Est, les plaines, les forêts, les montagnes et les nombreuses cavernes et vestige de civilisation ancestrale, vous n’aurez en aucun temps l’impression de voyager dans un monde vide. Les membres de la population locale, les gangs armées de Vaas qui sillonnent le territoire, les animaux sauvages sont autant de sources de dynamisme qui agrémenteront vos balades.

Le sentiment que le monde évolue en parallèle de votre propre aventure est tout simplement saisissant. Il n’est pas rare de voir les 2 différents clans présents sur l’ile, les locaux et les trafiquants, s’affronter au détour d’une route, ou encore, de voir un citoyen qui transporte de quelconques matériaux être attaqué par un tigre ou un dragon de Komodo. Une vie qui dynamise énormément l’expérience vécue par le joueur, après tout, ce n’est pas comme si le monde attendait après vous pour avancer.

Cette faune locale n’est pas seulement présente pour agrémenter vos balades. Elle vous fera grandement craindre vos escapades en forêt. Entendre un grondement aux alentours ne vous aura jamais autant fait craindre le pire que dans ce jeu. Vos notions de base en scoutisme ne suffiront pas à vous garder en vie.

Vous devrez cueillir différents types de plantes pour vous concocter des remèdes et autres aides à la chasse, à la survie ou même au combat. Les animaux, très variés, ne sont pas en reste non plus. Les peaux des différentes espèces vous serviront à améliorer votre équipement comme votre sac d’équipement, votre porte-monnaie, sac de munitions, etc.  Il faut bien se le dire, au début de votre périple, vous ferez pâle figure face à ce monde grandiose et surtout assoiffé de sang… et surtout du vôtre d’ailleurs. Peu d’armes et de munitions disponibles, une barre de vie maigrichonne vous feront vite devenir une proie facile. Alors, ne lésinez pas sur les notions de chasse et de cueillette, car elles vous aideront grandement à améliorer vos chances de survies.

Parlant d’améliorer son avatar, sachez que ce monde ouvert de tir à la première personne est agrémenté par un système de niveaux et de points de compétence qui permettront, au fur et à mesure que vous réaliserez vos nombreux exploits, de développer de nouvelles aptitudes physiques.  Séparé en trois catégories, Héron, Requin et Araigné, ces améliorations vous permettront entre autres de pouvoir demeurer plus longtemps sous l’eau, enchainer les mise à mort au couteau, courir plus vite et encore bien plus. Jason, votre personnage, deviendra ainsi une machine à tuer extrêmement bien huilée.

Quand ton cousin te donne un coup de main:

Qui dit Ubisoft Montréal dit Assassin’s Creed. Bien que le dernier volait de la série aient été la cible du mécontentement de bien des joueurs en raison de ses nombreux bogues, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas certains éléments de cette saga qui ne peuvent pas servir dans un autre environnement. L’univers de Far Cry est agrémenté par certains emprunts faits à son cousin assassin. Je pense ici au tour radio que nous devons escalader pour débloquer les différentes sections de la carte. Des tyroliennes pour en descendre qui feront office de saut de l’ange. Des avant-postes contrôlés par les trafiquants de drogue pour nous devons conquérir pour ensuite les utilisé comme points de téléportassions rapide sur l’ile. Ainsi que les mises à mort au couteau qui sont récompensées par un bonus de points d’expériences substantielles.

Ces emprunts ne sont en aucun cas négatifs, mais si ce n’est qu’ils m’ont fait sourire au moment où je les ai découverts dans le titre.

Un méchant mémorable:

Quoi dire de plus que ce petit titre à propos de la performance de Vaas, un personnage terrifiant et complètement cinglé qui mettra votre vie en danger à plus d’une occasion dans le jeu? Ce personnage passera certainement à la postérité entre autres grâce au jeu d’acteur de Michael Mando qui a réussi à rendre son personnage crédible et diablement envoutant pour le joueur. Vous aurez autant le goût de lui mettre une balle entre les deux yeux que de le revoir une prochaine fois pour savoir jusqu’où sa folie le mènera. Le doublage français et anglais du jeu de Vaas a d’ailleurs été fait par Mando lui-même ajoutant du coup une couche supplémentaire de réalisme au vilain de service.

Je verrais bien un Far Cry 4 sortir avec à nouveau ce personnage d’impliqué ou encore mieux, un « spin-off » ou un « prequel » comme on dit dans le jargon où on raconterait comment il est devenu celui que l’on connait aujourd’hui dans Far Cry 3.

Conjuguer au presque parfait:

Avec ses graphismes à couper le souffle, son monde ouvert complet, son intelligence artificielle de bon calibre, sa jouabilité exemplaire et surtout son absence de bogues majeurs, nous serions portés à croire que c’est le jeu parfait, du moins, le meilleur sortit en 2012 et nous ne serions pas loin de la vérité. Mais Far Cry 3 n’est pas exempt de pépins, certaines textures sont grossières, voire étirées, surtout sur les flancs des montagnes. Certains scripts amènent à des situations plutôt cocasses. Exemple au moment de finir une mission où je devais détruit un stock de munitions, un décompte de 10 secondes s’enclenche avant une explosion. À la fin de celui-ci, mon personnage communique par téléphone avec un allié. Jusque-là, tout est normal, si ce n’est que mon personnage parle tout à fait normalement avec son interlocuteur alors que je suis en train de me faire bouffer tout rond par un tigre qui passait par là.

La conduite des nombreux véhicules disponible n’est pas parfaite, les contrôles de direction sont saccadés, voire trop raides, et les VTT y sont atroces à conduire. Ça brasse beaucoup, et ça donne mal au cœur à la longue.

Je déplore aussi le fait que la trame principale est coulée dans le béton. Je m’explique, dans ma partie, je me suis amusé à conquérir plusieurs avant-postes et améliorer mes équipements avant de poursuivre les missions de la trame scénaristique principale. Mon personnage répand la mort sur son chemin depuis une dizaine d’heures et a quasiment conquis l’ile, mais pourtant, arrivé dans les missions principales, il s’exprime encore comme si il avait la chienne et ne savait pas se défendre. Une différence de ton assez spéciale.

Rien de bien grave jusqu’à maintenant vous me direz et je vous donnerais raison. Le jeu en donne tellement à l’usagé, qu’on lui pardonne ses petits accros sans problème.

Toutefois, j’ai beaucoup plus de difficulté avec mes prochains points. Les menus sont clairement faits pour les consoles de salon, y jouant sur ordinateur, j’ai remarqué que l’on ne pouvait pas faire défiler les textes avec la roulette de la souris, dépendamment de l’emplacement dans le menu vous devrait utiliser soir vs touches de déplacement (w,a,s,d) ou les flèches clavier. Ça n’aurait pas été bien compliqué que tous les menus soient uniformisés dans leur méthode de navigation.

Et en dernier lieu, j’aimerais souligner la musique utilisée dans les menus. Pièce qui est atrocement désagréable. Une sur utilisation des basses dont je me serais grandement passé surtout dans un jeu où les menus sont primordiaux pour avoir accès aux options de confection, à son inventaire, à l’évolution des compétences et à la carte. On y passe beaucoup de temps et j’en suis rendu à fermer le sont de mes haut-parleurs quand j’ouvre le menu.

Un exemple à suivre:

Comme je viens de vous le mentionner, Far Cry 3 n’est pas parfait, mais ses imperfections sont si minimes comparativement à ses qualités que je peux facilement vous dire que ce jeu est un exemple à suivre pour les créateurs des autres studios… et même chez Ubisoft! Un exemple par sa durée de vie immense qui tourne entre 50 et 60 heures pour tout faire les défis et ramasser tout ce qu’il y a trouvé, par sa jouabilité exemplaire, par son dynamisme et par la vie qui s’y déroule. Comme quoi, une série qui s’étire peut bien renaitre de ses cendres si sont développement est bien fait.

Note finale: 9.5/10

Caractéristiques:

  • Développé par Ubisoft Montréal
  • Publié par Ubisoft
  • Jeu de tir FPS, action/aventure dans un monde ouvert
  • Solo et multijoueur
  • Disponible sur PC, PS3 et Xbox 360
  • Version intégrale anglaise ou française
  • Site officiel: http://far-cry.ubi.com/fc-portal/en-us/home/index.aspx

Une collaboration spéciale de Jean-Benoit Gagné @gagnej_b

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