(CRITIQUE) Silent Hill: Book Of Memories

 

La Playstation Vita est sur le marché depuis un an déjà et, malgré ce que tout le monde en dit, il a une très bonne offre de jeu disponible pour la console. Silent Hill Book of Memories fait partie du lot de bon jeu, mais il n’a peut-être pas attiré votre attention, due au changement radical que le studio WayFoward tente de donner à la série.

N’étant pas un admirateur de la série original, je suis de ceux qui ont montré un intérêt particulier lors de l’annonce du jeu. Les images laissaient présager un jeu d’aventure, plus axé sur l’action que l’horreur. Il faut dire que Silent Hill se situe dans une catégorie vraiment à part; les jeux d’horreur et de survie. La série a aussi généré deux films, qui ont été plutôt mal reçus. Il est important de mentionner que même si le film Silent Hill Revelation 3D est basé sur le jeu Silent Hill 3, plusieurs ennemis se retrouvent, dans Book of Memories dont les fameuses infirmières et le non moins risible Pyramid Head.

La série qui était développée par Konami depuis le début, change de mains et se retrouve chez Wayfoward, une compagnie qui a l’habitude des adaptations de films en jeux vidéo. L’équipe ne s’est pas contentée de faire un port mobile des jeux existants, mais plutôt de réimaginer l’univers de Silent Hill et la façon d’y jouer. Exit la vue à la troisième personne, l’évasion des créatures et le maudit brouillard. Maintenant, Silent Hill se joue en vue isométrique, avec des armes et une carte. Exit l’horreur aussi, puisqu’il n’y a plus de surprises. Book of Memories semble définitivement tombé dans la catégorie des jeux d’action. C’est ce qu’on peut croire jusqu’à ce que l’on mette le jeu en marche et que l’on se retrouve dans un menu de création de personnages. Couleur de peau, sexe, habillement, nom, on se croirait alors dans l’introduction de Fallout ou de Mass Effect. Ensuite, le jeu débute sur un écran contenant 8 cartes, c’est tout, aucune autre indication. On choisit alors l’une des cartes, mais outre la silhouette dessinée sur celle-ci, pas d’autres informations. On comprend ensuite qu’il s’agit d’un bonus pour les caractéristiques de notre personnage, ça commence à sentir le RPG.

Aimez-vous ça les menus ?

L’histoire s’ouvre avec notre personnage, qui reçoit un Livre de la part du Facteur, personnage qui reviendra au courant du jeu. Ce livre poussiéreux et très ancien relate notre vie au complet. Subjugué, notre personnage entame la lecture et en vient à la décision de réécrire certains moments de son passé, mauvaise idée. Contrairement aux jeux précédents, où le personnage se retrouve dans la ville paranormale de Silent Hill, ici c’est plutôt dans nos rêves que l’action se situe. Chaque nuit nous nous retrouvons donc dans ce qui ressemble beaucoup à un donjon, nous promenant de pièce en pièce pour combattre des ennemis et ramasser des résidus de mémoires qui nous serviront de monnaie et des pièces de casse-tête, qui elles serviront à résoudre l’énigme finale et changer notre passé.

Un envoyé du bon dieu, qui nous demande de massacrer des démons en échange d’armes ? DEAL !

Ça pourrait s’arrêter là, mais Book of Memories, est un jeu de Donjon-RPG des plus classiques, avec beaucoup d’éléments à gérer. Tout d’abord, notre personnage possède huit caractéristiques (santé, force, intelligence, etc.) que l’on pourra améliorer au fur et à mesure que l’on monte en niveau. Ensuite, il sera possible d’ajouter des artéfacts à chacune de ses caractéristiques pour les augmenter davantage. Nous devrons, ici aussi, débloquer ces cases avec notre avancement dans le jeu. Certains artéfacts donnent des points pour plusieurs caractéristiques, attention, certains ont des effets négatifs aussi. À vous de peser le pour et le contre. Il y a aussi les bonus de combat qui sont utilisables une seule fois et qui sont cachés dans l’une des pièces spéciales de certains niveaux. Finalement, le jeu possède un système d’alignement basé sur les deux éléments principaux du jeu, soit le sang ou la lumière. Ramasser le sang des ennemis morts, nous permet d’augmenter un ou l’autre et nous donne accès à 3 pouvoirs spéciaux. Un RPG ne serait pas complet sans un fameux sac à dos, dans lequel il est possible de transporter nos armes, munitions, outils et trousse de premiers soins. Bien sûr, il sera possible d’acheter des améliorations afin de transporter plus de matériel avec nous. Parlant d’achats, ceux-ci sont faits auprès du Facteur, qui exploite une boutique dans une des pièces du niveau.

Tout bon RPG possède un crosseur, qui vous vends votre matériel. D’ou vient-il? Comment s’approvisionne-t-il ? comment fait-il pour acheminer sa marchandise au travers des monstres ?

Les niveaux du jeu sont tous construits plus ou moins de la même manière. Si certaines pièces se retrouvent dans tous les niveaux (Boutique, salle de sauvegarde, salle d’armes.) Certaines autres ne sont pas aussi fréquentes (chambres de souvenirs, salle d’artéfacts, salle de bonus). Dès le départ notre personnage rencontre Vanatiel, un messager de Dieu qui nous demande d’accomplir une mission optionnelle. Il s’agit en fait de tuer un ou plusieurs ennemis particuliers pour recevoir une arme en échange. Le restant, du jeu se déroule en promenant notre personnage de pièce en pièce, fouillant pour découvrir des objets ou combattant les nombreux monstres qui s’y trouvent.

Le combat n’est pas sans rappeler Diablo ou n’importe quel « Hack’an’Slash ». Que l’on ait une arme dans chaque main (couteau, poignard, pistolet, bouteille de vin! Etc.) ou une arme qui se manie à deux mains (bâton de baseball, tuyau d’acier, épée, carabine, etc.). Le but et de tuer nos ennemis et éviter les coups soit en bloquant, soit en se tassant. Si je ne vous ai pas assez énuméré de pouvoirs spéciaux dans les paragraphes précédents, sachez que notre personnage a aussi à sa disposition des pouvoirs rechargeables qui permettent de faire des mouvements spéciaux ou certains trucs de magie. Une note rapide, pour mentionner que les contrôles « Touch » sont utilisés pour les menus la gestion de l’inventaire, la sélection d’armes, les casse-têtes et l’activation de pouvoirs. C’est en général assez bien, par contre il arrive que l’on ferme le sac à dos en essayant de changer d’arme. C’est la nature des pavés tactiles, sans boutons, il est difficile de dire si notre doigt est à la bonne place.

Du loot ! ce qui semble beaucoup au début, devient rare plus tard.

Une fois toutes les pièces du casse-tête retrouver, il est nécessaire de retrouver l’indice qui vous vous aidera à résoudre l’énigme finale. Cela dit, il n’est pas obligatoire d’explorer toutes les pièces du jeu, une fois en possession de l’indice et du casse-tête vous pouvez chercher la porte de sortie et ainsi terminer le niveau. L’énigme finale consiste simplement à mettre des statuettes de différentes grandeur ou couleur dans un ordre quelconque. À la fin des chapitres (à chaque 4 niveaux), un « Boss » doit être battu pour continuer l’aventure. Il y a bien sûr des points faibles à attaquer et, lors de sa mort, le monstre nous donne une nouvelle arme. Souvent bien plus puissante que ce que l’on retrouve en magasin.

Ça fait beaucoup de choses pour un petit jeu portable et je vous ai épargné l’histoire compliquée qui implique des sociétés secrètes, des notes, les télévisions, les trappes et les missions des chambres de souvenirs et plus encore. Bref, sans faire de mauvais jeux de mots, on est à des milles de Silent Hill. C’est ici que la valeur du jeu se trouve, la rejouabilité, la durée, et la richesse du contenu. Par contre, en faisant un jeu aussi structurer avec autant d’éléments, les créateurs risquent de faire peur à ceux qui voudraient un jeu simple pour jouer dans l’autobus ou les admirateurs de la série qui ne retrouverons rien de la jouabilité des opus précédents dans cette version.

La pièce la plus importante: SAVE GAME.

Si j’ai beaucoup parlé de la mécanique de la bête, il est important de mentionner que la qualité graphique est au rendez-vous, malgré l’écran de petite taille et la nécessité de mettre beaucoup d’information sur celui-ci, tout est clair. Ça se gâche un peu en ce qui concerne les menus, qui peuvent être intimidants lors des premières minutes de jeux. Heureusement il y a des icônes d’aides qui expliquent chaque élément. Beaucoup de lecture en perspective. L’univers audio fait un bon travail, avec des sons d’armes satisfaisants en combat et une musique d’arrière-plan très atmosphérique.

La lampe de poche peut effrayer certains ennemis, ou les attirer vers vous.

Un autre aspect du jeu, c’est qu’il est possible d’y jouer en Coop jusqu’à quatre joueurs, en ligne ou ad hoc. Malheureusement pour ce mode, il n’y a pas beaucoup de monde et les quelques joueurs que j’ai rencontrés n’étaient pas enclins à partager les trésors ou à me soigner.

J’ai été vraiment surpris de mon expérience avec le jeu, que je qualifierais de positive, même si la courbe d’apprentissage est un peu longue et que la difficulté monte de deux coches vers le milieu du jeu. Je le recommande fortement à tout propriétaire de PS Vita, mais avec avertissement : vous devriez essayer la démo d’abord et la rejouer au moins deux fois afin de bien comprendre toutes les nuances. Book of Memories n’est pas un jeu qui se laisse découvrir dans les premières minutes de jeu, l’importance de la gestion du personnage et d’une stratégie de combat est nécessaire pour apprécier ce titre.

Points forts :

-Renouvellement d’une licence qui en avait besoin.

-Jeu qui a de la profondeur sur une plateforme mobile.

-Qualité visuelle et sonore au rendez-vous.

-Longues campagnes qui vous feront recommencer.

Points faibles :

-Pour certains fans de la série, c’est un changement trop radical (tant pis pour eux).

-Beaucoup de choses à apprendre avec des explications pas toujours adéquates.

-Controle tactiles qui un peu petit, c’est surtout un problème en combat avec l’icône du sac a dos trop près de celle des armes.

-Temps de chargement digne de la première PlayStation.

-Longues campagnes qui vous feront recommencer… et sacrer.

Trucs d’un expert :

-Il n’est pas nécessaire de combattre tous les monstres (sauf dans les pièces de la mission optionnelle).

-Trouver la pièce de sauvegarde et la boutique devrait être votre priorité

-Une fois trouvée, sauvegarder après chaque combat, même si cela exige beaucoup de temps

-Gardez un œil sur votre barre de vie et un autre sur tout le reste.

-Faire basculer l’élément d’un ennemi est vital afin d’accumuler du sang ou de la lumière rapidement.

-Réparer vos armes ! Les outils de réparations sont la denrée la plus importante du jeu.

-le Tazer est probablement l’une des armes les plus utiles, car elle gèle les ennemis pour une longue période.

-Si vous êtes bloqué dans un niveau, refaire les niveaux déjà fait permet de ramasser de la monnaie, de l’expérience et des armes rapidement.

-Eric Chamberland

Twitter @chambee

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Un commentaire sur “(CRITIQUE) Silent Hill: Book Of Memories

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