(CRITIQUE RÉTRO) Banjo-Tooie

Banjo-Kazooie n’était pas exactement le plus original des titres mais contenait des éléments de comédie qui faisait de ce jeu un véritable monument pour la Nintendo 64. Il a été le digne petit frère de Super Mario 64. Malgré sa sortie tardive, Banjo-Tooie a haussé la barre si haute que les jeux de plateforme les plus récents ne lui arrivent pas à la cheville… Presque 13 ans plus tard, on en reparle encore. Peut-être pas autant que Conker’s Bad Fur Day lancé quelques mois plus tard… mais Banjo-Tooie peut se vanter d’être exactement ce qu’on attend d’une suite: une amélioration sur TOUTE la ligne!

Banjo-Tooie est la suite directe de Banjo-Kazooie, le jeu à succès de Rareware suite à l’introduction du personnage Banjo dans Diddy Kong Racing. Les événements de Tooie se passent exactement deux ans après Banjo-Kazooie alors que la sorcière Gruntilda a été vaincue dans un duel au sommet de son antre et fut enterrée à la manière de Wile E. Coyote. Dans une vidéo de près de 10 minutes, on voit les sœurs de Grunty libérer leur frangine ainée. Mais avant de retourner dans leur repaire caché dans les entrailles d’une île inexplorée par l’ours, Grunty lance un sort mortel sur la maison de Banjo alors que ceux-ci jouent aux cartes. Tous s’en sortiront sauf Bottles, la taupe, qui a enseigné les techniques du premier jeu. Banjo, Kazooie et Mumbo Jumbo se donnent pour mission de venger Bottles et iront botter le derrière des sorcières… Mais cette fois, le défi est de taille!

Banjo-Tooie lance donc le joueur dans une nouvelle quête avec PLUSIEURS nouveaux éléments et des niveaux totalement inédits. Techniquement, même si le jeu contient 8 niveaux contrairement à 9, ils sont surtout plus larges! En réalité, l’univers est presque 9 fois plus grand que dans le premier jeu à cause des multiples objets à capturer en plus des objectifs secondaires afin d’accéder à d’autres. Au final, vous récupérez les pièces de puzzle… mais il y a de véritables casse-têtes! L’une des premières choses qui frappent est que plusieurs niveaux sont reliés l’un à l’autre ce qui vous force à faire de nombreux allers-retours et vice-versa. Ainsi donc, le premier monde ne peut être complété à 100% lors de votre première visite ce qui était techniquement possible dans Banjo-Kazooie.

La jouabilité reste la même et le vétéran a le sentiment d’avancer dès le départ puisque toutes les techniques du jeu précédent sont automatiquement acquises. Le nouveau joueur peut explorer le nouveau secteur et apprendre ces techniques via les tas de terre que Banjo croisait sur son chemin pour acquérir de nouveaux mouvements. Le jeu incorpore un nouveau système de visée en première personne plutôt étrange en plus des nouveaux mouvements dont celui… ENFIN… de s’accrocher aux parois! Il vous faudra cependant trouver les silos de Jamjars, le frère de Bottles, lui qui prendra un malin plaisir de vous faire comprendre que Banjo-Kazooie, c’était facile puisque Bottles ne connaissait que des techniques de débutant. De nouveaux œufs peuvent également être acquis que ce soit des grenades ou des œufs de feu. Mais le jeu mise surtout sur la séparation des deux alliés! En effet, Kazooie quitte le sac de Banjo et pourra acquérir ses propres techniques afin d’accomplir ses objectifs mais il vous faudra diviser les personnages TRÈS souvent et la moitié du jeu mise sur cet aspect.

Un aspect de plus à la jouabilité est la possibilité d’utiliser Mumbo Jumbo, le shaman, qui aura également des objectifs à accomplir via des socles ce qui aura pour effet d’ajouter d’autres énigmes pour Banjo… en plus de Humba Wumba, une indienne rivale de Mumbo, qui pourra vous transformer en divers créatures, trucs et bidules que ce soit la fameuse machine à laver, un T-Rex (oui oui), une boule de neige ou un fourgon. Il sera possible d’attaquer avec ces transformations en plus d’accéder à d’autres types de défi. Contrairement au premier jeu, vous conservez vos pièces de puzzle mais il vous en faudra tout de même un grand nombre afin d’ouvrir le dernier monde. Il vous faudra trouver les Jinjos mais ceux-ci ont des couleurs différentes et vous devrez réunir les familles afin d’avoir une pièce de puzzle. Le jeu incorpore des bosses qui sont proprement rattachés au monde visité ou presque.

L’une des grandes faiblesses de Banjo-Kazooie est encore là : les petits sons perturbant l’ouïe et les voix bizarroïdes sont encore présents mais… ce n’est pas un problème pour moi. Cependant, les dialogues vont encore plus forts dans les clichés tout en perçant le quatrième mur ce qui faisait le véritable charme du premier jeu! Toute personne comprenant l’anglais va apprécier lire les textes. Le jeu est une caricature en soit avec de l’humour cru et des modélisations de personnages laissant un doute. C’est la signature de Rare : un jeu pour tous mais pas du tout pour enfants et qui aurait cru qu’on allait recevoir Conker’s Bad Fur Day quelques mois plus tard… L’interaction avec les bosses est absolument hilarante que vous vous sentez parfois coupables de les affronter et les vaincre. Si le jeu présente le même engin graphique et quelques petites retouches sur Banjo (bras plus pâles dans le premier jeu) sans oublier un ralentissement de la fréquence d’image et les placements de caméra par moment, le jeu incorpore une nouvelle trame sonore plus complexe mais aussi mémorable que la précédente. Le travail de Grant Kirkhope est magistral encore une fois et suffit de plonger dans l’Atlantis pour le constater. Et ai-je mentionné que le combat final est tout simplement épique? Et ai-je dit qu’encore une fois, le jeu laisse place à une suite? Celle qui n’aura jamais vu le jour? On attend le véritable Banjo-Threeie mais jamais nous ne l’aurons eu et ne me dites pas Banjo-Kazooie Nuts & Bolts.

Avec une difficulté rehaussée, une jouabilité étendue et une trame sonore légendaire, Banjo-Tooie est une référence incontestée en matière de « suite de jeu »! Il est difficile de faire du neuf avec un titre datant de deux ans… mais avec une durée de 30-40 heures ou le double pour tout trouver selon votre expérience en la matière en plus d’un mode Replay pour rejouer les mini-jeux à plusieurs sans oublier la possibilité de combattre les bosses à nouveau… Banjo-Tooie est tout simplement un titre spectaculaire et rejoint The Legend of Zelda : Ocarina of Time parmi les meilleurs jeux de la Nintendo 64 haut-la-main! J’insiste à le dire : Banjo-Tooie est le meilleur jeu de plate-forme 3D que j’ai joué!