(Test FG – Jeux vidéo) – The Last Of Us

Il y a de ces jeux qui offrent une expérience linéaire loin de combler les attentes et il y a The Last of Us. Il y a de ces jeux qui offrent un doublage loin d’être à la hauteur du talent des acteurs d’Hollywood et il y a The Last of Us. Il y a de ces jeux qui offrent des suites et qui ont du mal à se renouveler ou des licences qui ressemblent trop au genre préconçu et il y a… The Last of Us! Il y a les jeux imprévisibles mais stables et il y a The Last of Us…*Jeu solo testé par tilexarmont en anglais.

Vous souvenez-vous de la bombe présentée au Spike TV Awards en Décembre 2011 et les bande-annonces lors du E3 2012? Sinon… où étiez-vous? Il est impossible de ne pas avoir entendu parler de The Last of Us, jeu développé par Naughty Dog, les responsables d’Uncharted, Crash Bandicoot et Jak & Daxter. Je m’avance malheureusement dans ce jeu sans avoir joué à Uncharted et j’ai enfin l’énorme opportunité de voir le talent de ce studio qui a une réputation de fer.

The Last of Us présente un nouveau duo de personnages, Joel et Ellie, ainsi qu’une panoplie d’adjuvants et d’antihéros dans le but de faire vivre au joueur une expérience post-apocalyptique alors qu’une bactérie a « infecté » (selon Naughty Dog) la population de Los Angeles. Cette bactérie fait rage à travers les États-Unis d’Amérique et lorsque Joel et Tess, sa comparse, voudront trouver des armes, ils tomberont sur la chef d’un groupe nommé les Fireflies et celle-ci leur confiera Ellie afin qu’elle puisse être sauvée. C’est un véritable enfer où tout se joue contre Joel puisqu’il devra se méfier non seulement des infectés mais aussi des humains puisque tous veulent survivre… et certains iront même jusqu’à le tuer sans exception. Ce jeu puise donc son influence dans I Am Legend (avec Will Smith) et les films de zombies comme 28 Days Later (avec Cillian Murphy). La prémisse de The Last of Us est, entendons-nous, loin d’être originale mais la présentation est classique et digne d’Hollywood et c’est une fois qu’on goûte au scénario qu’on embarque dans ce film « version longue, montage du directeur, non-censurée »… prenez l’expression que vous voulez… mais c’est un film interactif. Un bon film de zombie… Non… Un MAUDIT bon film… ou « jeu vidéo » dans ce cas-ci! Les rebondissements fonctionnent en plus de nous plonger à travers des vagues d’émotion. Il suffit d’entendre la musique dès l’ouverture du jeu…

Les chargements dès l’ouverture… c’est le gros point faible du jeu mais on a le temps d’admirer la trame sonore, encore et toujours sublime mais une fois en jeu, vous n’avez pas à vous soucier du chargement si vous avez à recommencer un passage parce que vous êtes mort ou avez commis une erreur. Le jeu se succède bien au niveau des chapitres et, même s’il y a les sauvegardes automatiques, il est fortement recommandé de faire des sauvegardes directes afin de vous faciliter la tâche au cas où.

La première chose qu’il faut chercher à faire quand on veut créer une expérience comme The Last of Us, c’est de faire en sorte que les personnages soient crédibles. Le doublage y est donc pour beaucoup. Je connais assez bien le travail de Troy Baker, celui qui fait Joel (Robin et Two-Face d’Arkham City et Booker DeVitt de BioShock Infinite), et il est… incroyable! Il s’agit selon moi de sa meilleure performance, si naturelle fut-elle grâce à la capture de mouvement. Je dois donner crédit aux figurants et autres doubleurs également puisque chacun est capable d’une certaine authenticité et c’est surtout le cas d’Ashley Johnson avec une performance de calibre en tant qu’Ellie. De temps en temps, il est possible de déclencher des discussions ce qui amènent au développement des personnages mais aussi à des moments forts. Dès le départ, prenons Joel comme exemple, on peut entendre des dialogues alors qu’il bouge que ce soit des jurons ou des sursauts… mais surtout des jurons. Il y a une certaine personnalité dégagée dès les premières minutes. On est surpris lorsqu’Ellie passe à l’action, elle qui a le sang froid pour une jeune fille de 14 ans, elle qui n’a jamais vu l’extérieur… On s’attache aux personnages malgré tout. On ne veut pas en laisser un derrière et on se bat pour notre survie et celle des autres… ou presque. Techniquement, le tout est bien incorporé mais malheureusement, il y a certains problèmes au sous-titrage ce qui ne nous permet pas de tout lire… ou bien on en lit trop. J’ai pris une chance de les désactiver à un moment et le sentiment d’immersion était cependant amélioré.

The Last of Us présente aussi une qualité d’animation rendant ces mêmes personnages crédibles et dignes du cinéma. En plus de décors prouvant un certain talent pour la direction artistique… pour vous dire à quel point j’ai passé du temps ne serait-ce que d’admirer le paysage, j’avais malheureusement l’impression de déjà-vu à certains moments… prévisibles à cause des rencontres avec les ennemis. Malgré tout, l’ambiance rajoute au fait que chaque section a un petit quelque chose renforçant les éléments d’infiltration en plus d’ajouter un brin d’horreur très intéressant lorsqu’on affronte les infectés. Un passage dans les premières heures du jeu nous permet de réaliser l’ampleur de la catastrophe qu’a causé cette maladie dont nous découvrons les symptômes. Malheureusement, j’ai senti quelques légères pertes au niveau de la fréquence d’animation mais rien de trop alarmant. Les passages entre les cinématiques et les séquences de jeu sont aussi bien réalisés à ma grande surprise. Les personnages sont parfois un peu clichés mais au niveau des détails et des blessures, c’est bluffant. Cela se voit certainement mieux durant les cinématiques… mais on frisonne rien qu’en voyant les infectés et leurs têtes de chou-fleur, les redoutables Runners et les effroyables Clickers.

L’ambiance post-apocalyptique de The Last of Us est grandiose et nous prouve l’étendue des ravages que peuvent causer une telle guerre puisque ça l’est. Tout le monde se bat pour sa survie. Voir les gratte-ciels en miette, sentir les tremblements de terre, les orages, l’éclairage, la nature, l’eau… The Last of Us surprend grâce aux petits détails amenés ici et là. L’aspect exploration n’est pas mise de l’avant mais lorsque nous sommes dans un secteur, il est possible d’examiner et trouver des documents rajoutant une certaine information au scénario que ce soit les personnages ou les éléments qui sont arrivés… ou peuvent survenir! La musique du jeu y est pour beaucoup. Parfois silencieuse, parfois stressante… la trame sonore est bien adaptée et arrive parfois à point. Et je m’en voudrais de ne pas mentionner l’ambiance sonore générale… les oiseaux, les tremblements… Parfait! Je suis quelqu’un qui est soucieux au niveau de l’ambiance sonore qui doit toujours refléter l’esprit et le genre du jeu et c’est, pour moi, le plus grand point fort du jeu! Autant redonner crédit au doublage car lors des passages d’infiltration, il faut très souvent écouter puisque les dialogues peuvent fournir les alarmes ou encore des signes de quand bouger ou non. Il est donc important de rester concentré durant chaque minute ou même chaque seconde! Si vous entendez un Clicker, c’est qu’il y en a plusieurs! Malheureusement, le jeu s’égare dans sa présentation générale puisqu’on oublie qu’il y a les Clickers et autres. On nous place beaucoup d’humains et le tout résulte en une violence peu nécessaire où certaines des actions mêmes de Joel sont injustifiables. On oublie que ce jeu-là se concentre sur la pandémie.

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The Last of Us… C’est quoi? De mon expérience, c’est un jeu d’aventure à la troisième personne (Third-Person Adventure) reprenant les éléments d’horreur à la Silent Hill ou Resident Evil, d’infiltration à la Deus Ex ou Batman Arkham et de tir à la troisième personne avec la mécanique de Resident Evil. Au final… vos options sont assez limitées, vos munitions sont précieuses et les choix que vous prenez en affrontant les ennemis sont cruciaux. Un faux pas, trop de bruit ou autre peut facilement vous mettre dans le pétrin et lorsque vous l’êtes… s’en tirer requiert beaucoup de patience et souvent on est emportés par cette adrénaline que nous procure déjà ce film… ce jeu vidéo, pardon. Bien sûr, vous pouvez vous battre au corps-à-corps mais attendez-vous à utiliser cette mécanique que dans des conditions où vous seriez face-à-face à un ennemi seul. À dire vrai, le système de combat au corps-à-corps est affreux. Vous êtes amené à connaître rapidement les boutons mais une fois que vous comprenez vos actions, vous pourrez prendre les objets instinctivement et saisir votre arme ou vous soigner au bon moment. Mais reste que les phases de tir sont exécrables et si, par malheur, vous devez tirer durant une phase d’infiltration, vous êtes fini. Certaines phases de tir arrivent sans avertir. Rappel: une fausse manœuvre et vous êtes cuit.

Les éléments amenés à la jouabilité sont loin d’être aussi originaux qu’on le croit mais fonctionnent bien dans le contexte post-apocalyptique. Bien sûr, nous les avons vu les lancers de bouteille, de brique et plus… Mais dans un contexte de survie… ça marche à l’occasion! Il est surtout intéressant d’entendre les réactions… et important aussi. Il faut parfois courir pour échapper à nos poursuivants et cela est souvent la meilleure option. Il y a aussi la possibilité d’améliorer nos armes avec des objets ramassés un peu partout en plus de pouvoir créer des objets comme des trousses de survie ou du cocktail Molotov. L’utilisation du sac à dos ne met pas le jeu en pause ce qui est un aspect vital! Le tout se déroule donc en temps réel! Vous êtes dans un jeu de survie et le bouton Start EST le bouton de pause. N’utilisez pas votre sac si vous êtes au beau milieu d’ennemis car vous ne ferez pas long feu. Une chose qui m’a légèrement déçu fut à quel point certains secteurs furent prévisibles quand il s’agissait d’affronter les humains. On voit souvent les morceaux de béton, les voitures entassées, les camions, etc. C’est sans oublier les gratte-ciels et les immeubles à explorer. Les passages dans l’obscurité renferment par contre des moments vraiment stressants. Nous n’avons pas de cartes et ces passages deviennent donc des labyrinthes avec des infectés à nos trousses. Il faut souvent activer un passage ou distraire vos poursuivants mais souvent, on fait face à un cul-de-sac et… faut recommencer le début de ce passage.

Un petit mot sur l’intelligence artificielle qui m’a surpris quelque peu pour les bonnes et mauvaises raisons. Pour note, je jouais en mode Normal. J’ai souvent remarqué que suivre notre alliée nous aidait plus souvent qu’autre chose dont un passage dans les premières heures du jeu mais il faut aussi user de notre intelligence afin de distraire nos opposants et gagner du temps et de l’espace. Même si on ne semble pas se soucier d’Ellie ou de Tess, on remarque que celles-ci font parfois des tirs précis et qu’on n’a pas à gaspiller nos balles même s’il ne faut PAS recourir à vos alliés. Elles ne sont pas des murs qui nous empêchent littéralement de bouger tellement les animations nous permettent de bien contrôler notre personnage. Mais ça, c’est au début. Gros problème: les personnages qui nous accompagnent peuvent être sur la route d’un adversaire et ne seront pas détectés par l’intelligence artificielle ce qui élimine tout sentiment d’immersion! À certains moments, on est parfois seul pour dégager un passage ce qui, étrangement, amène un sentiment d’inconfort puisqu’être seul face aux infectés, c’est pas de tout repos et croyez-moi, un de ceux-ci est de loin l’un meilleurs passages que j’ai pu franchir dans ce jeu. C’est dans ces moments où The Last of Us devient un jeu vidéo. Pour ce qui est des ennemis, les humains surtout, ils réagissent selon ce que vous utilisez et s’adapteront à votre façon de faire. Il faut surtout examiner partout et être attentif au moindre dialogue. Le bouton R2 nous permet d’entendre en profondeur ce qui se passe dans l’environnement révélant ainsi la position de vos assaillants. Vous pouvez aussi distinguer le parcours et les mouvements afin de bien planifier vos attaques ou comment vous échapper. Joel réagira s’il n’a plus de balles et, si vos adversaires vous voient, ceux-ci le réaliseront aussi. Ils sauront aussi prendre avantage des distractions de Joel. On se frustre donc très souvent à cause de la jouabilité qui est instable. Une des phases du jeu devient une passe de cache-cache mais l’atmosphère est bien installée pour ce moment et devient, aisément, le passage où The Last of Us combine TOUT ce qui a été fait de bon! Belle cinématique à la fin durant l’un des moments les plus intenses.

En mode Normal et à mon rythme, j’ai terminé le jeu en 15 heures et la majorité du temps, ce fut de l’angoisse, des surprises et des émotions fortes mais tout ça, c’était dans des cinématiques. J’embarque rarement dans une histoire et celle-ci m’a comblé mais comme jeu, je n’y retournerais pas. Si vous avez une PS3 et que vous êtes prêt à vous faire raconter une histoire et vivre ces émotions au fil de votre progression, The Last of Us est un excellent titre solo et je vous invite fortement à le découvrir par vous-même et savourer chaque moment! Même les petits détails et les à-côté grâce à l’interaction entre les personnages vous amèneront à apprécier de plus en plus cette perle! Malgré les points négatifs (et ils sont nombreux mais minimes), il n’y a rien qui ne va ruiner l’expérience cinématique… Ne consultez aucun guide de jeu de peur de voir un élément de l’intrigue qui gâcherait le reste de votre expérience! Même en normal, on a le temps d’admirer les détails et l’effort de Naughty Dog. C’est un jeu qui va faire école pour ce qui est de raconter une histoire dans l’art vidéoludique, une histoire digne des chefs-d’oeuvre d’Hollywood mais pour la jouabilité, franchement, il y a tellement mieux. Ce n’est pas le jeu le plus original mais The Last of Us fait la job! Gardez ce jeu hors de la portée et la vue des enfants! Mais malheureusement, The Last of Us est une sacrée belle coquille… vide!

Verdict: 7/10

Points positifs:

  • Doublage impeccable avec un souci du détail au niveau du son des environnements! Parfait!
  • Trame sonore merveilleuse et poignante et respect de l’ambiance post-apocalyptique!
  • Mécaniques de l’horreur-survie bien implantées dans la jouabilité!
  • Des vagues d’émotions fortes, de la frustration en passant par l’angoisse!
  • Une histoire bien mise à l’avant, peu originale mais poignante!

Points négatifs:

  • Certains passages prévisibles et jouabilité qui donne une impression de déjà-vu…
  • Système de combat au corps-à-corps affreux…
  • Chargement d’ouverture pénible…
  • Ellie et Tess ne sont pas un danger pour l’intelligence artificielle: non détectées par vos ennemis… Ridicule!

Fiche:

  • Titre: The Last of Us (Les Derniers d’entre nous)
  • Développeur: Naughty Dog
  • Éditeur: Sony Computer Entertainment
  • Disponible sur: Playstation 3 (Exclusivité)
  • Genre: Aventure à la troisième personne/Horreur-Survie/Action
  • Classement ESRB: M pour Mature (17+)
  • Joueurs : 1-8 (multijoueur en ligne)
  • Langue: Anglais/Français Intégrale
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