Dexter : l’anti-héros par excellence

 
Ce que j’ai pu apprendre avec le temps est que nous avons tous des qualités et des défauts. On essaie de mettre en valeur nos qualités et de cacher nos défauts afin de paraître à notre mieux en tout temps. Par exemple, on peut être un homme patient et dévoué, mais trop pragmatique et trop exigeant envers les autres. On peut aussi être responsable et stable, mais être un psychopathe ne pouvant s’empêcher de tuer. C’est le petit défaut de Dexter Morgan, véritable star de la série « Dexter » sur Showtime tirée d’une série de livres de Jeff Lindsay. L’émission a tiré sa révérance le 22 septembre 2013, après 8 saisons. Comme pour Breaking bad, je ne ruinerai pas la fin, ne vous inquiétez pas.

Histoire

Dexter Morgan, un jeune homme tranquille et sans histoires, travaille comme analyste des  traces de sang sur les scènes de crimes pour le service des homicides de la police de Miami. Il jouit d’une solide réputation dans le service, notamment car la famille Morgan a une riche histoire avec le département. En effet, son père (aujourd’hui décédé) a travaillé toute sa vie pour la police de Miami, et sa soeur Debra travaille depuis peu pour ce même service. Ce que ses collègues ne savent pas, ni même sa soeur d’ailleurs, est que Dexter a une impulsion incontrôlable depuis sa jeunesse: celle de tuer.

Son père s’en est rendu compte lorsque Dexter était encore enfant, et il a élaboré un plan d’action (surnommé le code) afin que Dexter ne fasse pas souffrir d’innocentes victimes lorsqu’il commet ses meutres. La seule circonstance donnant « droit » à Dexter de tuer, toujours selon le code, est d’assassiner un meurtrier ou autre crapule de ce monde qui le « mérite ». Il profite donc de son emploi pour la police de Miami pour dénicher des victimes potentielles sur le dos de ces collègues qui cherchent bien sûr à arrêter ces malfrats.

Dexter Morgan doit donc jongler avec ses impulsions, ses proches, ses collègues et ses prochaines victimes afin que tout entre en place sans se faire prendre. Bien sûr, étant un expert de scènes de crime, il jouit donc de tous les outils et connaissances nécessaires pour ne pas se faire prendre.

Appréciation

Scénario : Dexter est une série qui avait d’ores et déjà beaucoup de potentiel. Nous sommes à l’époque où les anti-héros n’étaient pas aussi à la mode (nous sommes il y a 8 ans, avant Breaking Bad, The Walking Dead, Ray Donovan ou Mad men), Showtime innovait donc avec ce type d’émission. Le scénario a été basé sur la série de livres basée sur Dexter, écris par Jeff Lindsay, mais a rapidement bifurqué afin d’avoir du contenu original. Honnêtement, je n’ai pas de problème avec ce principe, aimant qu’il y ait une différence entre le récit original et le résultat au cinéma ou à la télévision. Il ne faut que penser à Game of Thrones ou The Walking Dead pour voir que les 2 produits sont de qualité et il en va de même pour Dexter.

L’émission démarre en force lors des premières saisons, Dexter est le parfait anti-héro car il tue ceux qui le mérite (sans lancer de débats sur la peine de mort), lui donnant des airs de justicier, de bon gars. On ne veut pas qu’il se fasse prendre, et ce durant les 8 saisons. Malgré les embûches, il semble presque toujours avoir la situation bien en contrôle, ou le regagne vite s’il vient à le perdre. Pragmatique, analytique et schizoïde de sur les bords, le personnage de Dexter m’a beaucoup interpellé. La psychologie n’est pas un aspect à négliger, car Dexter tente constamment de concilier sa vie « normale » avec sa vie de tueur, et on sent que cette déchirure le ronge de plus en plus à mesure que les saisons avancent. Certains moments presque cocasses par rapport à ce problème allègent parfois l’atmosphère, ce que j’ai apprécié.

La série est bâtie en fonction où à chaque saison, Dexter doit faire face à un tueur en séries majeur ou un problème de taille à régler (comme un fameux « Boss Fight » dans les jeux vidéos) tout en faisant face à plusieurs petits problèmes à mesure que la saison avance. Où le bas blesse à mes yeux est qu’ils ont trop étiré la sauce. Quand j’ai commencé à écouter cette émission, les questions qui me venaient en tête étaient assez prévisibles :

  • Comment peut-il constamment faire ça sans se faire prendre?
  • Un moment donné, il restera plus de criminels à tuer non?
  • Comment peut-il tuer quelqu’un toutes les 2 émissions sans que le spectacle devienne moche et ennuyant?
  • Comment peuvent-ils rendre les tueurs en séries, adversaires de Dexter, originaux à chaque saison?

Mes craintes ont malheureusement été confirmées lors de quelques saisons. Si la plupart de la série a été excellente, plusieurs saisons de remplissage ont eu lieu, faisant en sorte que j’ai (temporairement) abandonné lors de 2 saisons séparément (les saisons 5 et 6 sont essentiellement plates et prévisibles). Par contre, je dirais que pour 4 ou 5 saisons, l’émission est très solide. L’histoire est originale et le suspense reste jusqu’à la toute fin, rendant l’expérience très intéressante pour n’importe quel fan de séries dramatiques. Soyez simplement patient lors des quelques saisons plutôt ordinaires. Autre bémol, sans raconter l’histoire, j’ai trouvé la fin un peu bâclée. Elle n’a clairement pas été à la hauteur de mes attentes, contrairement à d’autres séries comme Breaking Bad.

Dexter devra berner ses collègues de travail à plusieurs reprises

Dexter devra berner ses collègues de travail à plusieurs reprises

Acteurs : L’acteur principal, Michael C. Hall, vole le spectacle à lui-seul. Son rôle n’est pas nécessairement évident, campant le rôle d’un homme qui doit cacher sa véritable identité et ce, la plupart du temps. Il doit jouer le rôle d’un homme visiblement pragmatique, mais sympathique et attentionné lorsqu’il socialise avec ses collègues et ses proches. Il doit cependant jouer le rôle d’un calculateur analytique et froid lorsqu’il nous fait part de ses plans meurtriers où lorsqu’il en discute avec la vision de son père, qui agit un peu en tant que conscience. L’autre personnalité de Dexter, possiblement la plus perturbante, est la haine qu’il démontre lorsqu’il attrape et tue ses victimes. En 5 minutes, Dexter transformera complètement son attitude, passant de méthodique (établissement du plan et capture de la victime), à plein de rage (explication à la victime juste avant de passer à l’acte) pour terminer avec le soulagement (le meurtre). Il redevient ensuite méthodique, sans émotion perceptible, afin de se débarasser du corps et de toute preuve incriminante. La profondeur de Dexter Morgan est telle que Michael C. Hall est, à mes yeux, le seul acteur principal de l’émission valant la peine d’en parler avec profondeur. L’actrice jouant sa soeur (Debra), Jennifer Carpenter, a été convaincante en fin de série et n’a jamais mal paru, mais elle joue clairement dans l’ombre de son ex-conjoint. Plusieurs bonnes prestations ont cependant eu lieu pour des personnages secondaires, notamment par Keith Carradine et John Lithgow, qui ont d’ailleurs fait partie des meilleures saisons de Dexter.

Ambiance : L’ambiance est bien impémentée par l’équipe de Dexter, que ce soit l’image esthétique ou l’atmosphère générale de l’émission. L’image générale est sobre, ce qui est parfait car il ne s’agit pas d’une émission de science-fiction, ayant besoin d’effets spéciaux ou d’images à couper le souffle. Les plans de caméra sont cependant ordinaires, la plupart du temps fixes, sans originalité particulière. Là où l’esthétique de l’émission prend toute son importance est lors des scènes de crime et lorsque Dexter tue ses victimes. Sans être un expert du sang (et tant mieux!), je trouve ces scènes très réalistes, et le sang est très convaincant.

Pour ce qui est de l’atmosphère émanant de notre écran de télévision, il ne faut pas s’attendre à finir un épisode et se sentir joyeux et détendu. L’émission reste un drame. On y voit des scènes de crime carrément dégoûtantes, des meutres en direct, du sang en masse et le sujet tourne autour d’un psychopathe ne pouvant pas contrôler sa pulsion de tuer. Il faut donc avoir une tête sur les épaules et surtout ne pas écouter cette émission quand on a le goût de regarder le dernier épisode des Simpson.

Mon gros coup de coeur serait la trame du début de chaque émission, montrant Dexter se préparant à aller travailler. Cette entrée est très bien exécutée, le montrant couper une orange sanguine, manger du jambon ou s’attachant les souliers. Il est évident que toutes ces actions font alusion au secret de Dexter, mais elles sont incluses de façon douce et presque humoristique. Ça peut paraître cliché, mais j’ai simplement adoré et c’est une des seules trames de début que j’ai écouté pour tous les épisodes (soyons honnêtes, on passe souvent par dessus les crédits d’ouvertures non?).

Conclusion :

Cette émission a eu beaucoup de succès et a transporté Showtime durant 8 bonnes années. Ils auront besoin d’une bonne émission pour prendre la place de Dexter, ce qui n’est pas chose faite. Je conseille cette émission aux gens qui n’ont pas un coeur sensible et qui aiment les anti-héros. Je dois cependant mettre un bémol car l’émission n’est pas parfaite, notamment à cause de 2 ou 3 saisons difficiles à terminer par leur manque flagrant d’originalité et de suspense.

Je conseille aux parents d’être vigilants, car l’émission est déconseillée aux moins de 14 ans. Mon conseil additionnel est que même si vous avez 23 ans, il se pourrait que l’émission ne soit pas pour vous car l’atmosphère est très sombre et les scènes peuvent être difficiles à regarder.

Acteurs principaux : Michael C. Hall, Jennifer Carpenter

Ma cote : 8.5 / 10

+ Scénario solide et original
+ Michael C. Hall est très convaincant
+ Ambiance fidèle à mes attentes pour ce type d’émission

– Quelques saisons de trop (saisons 5 et 6 auraient pu être passées)
– Fin bâclée à mes yeux

Pour terminer, voici l’excellente trame d’ouverture de l’émission :

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