Un des films qui m’intéressait le plus l’an dernier, American Hustle, a notamment piqué ma curiosité par sa quantité élevée de nominations aux Oscars. Ce film, qui combine de solides acteurs, un réalisateur bien établi et un scénario plein de rebondissements, s’annonçait très solide.

Le scénario repose principalement sur 3 personnages principaux et leur entourage. Irving Rosenfeld (Christian Bale) est un homme complexe avec des ambitions relativement modestes. Il possède une buanderie, mais sa principale source de revenus provient de la vente de fausses œuvres d’arts et surtout de fraude basée sur des prêts. Irving offre à des gens en difficultés un service de demande de prêt à une grande banque Londonienne, en échange naturellement d’un petit montant, par exemple 5000$ pour un prêt de 50000$. La banque n’existe bien sur pas, mais Irving encaisse néanmoins les frais et le demandeur se retrouve les poches vides.

Lors d’une soirée avec des amis, il tombe amoureux de Sydney Prosser, une jeune femme tentant désespérément de se faire un chemin dans la vie. Elle se joint à lui dans ses activités frauduleuses, se faisant passer pour une représentante Londonienne. Leur liaison est passionnée, tout comme leur relation professionnelle, mais elle a malheureusement certains blocages. Irving est marié à Rosalyn Rosenfeld (Jennifer Lawrence) qui, malgré une vie commune difficile, ne veut absolument pas divorcer. Irving ne veut pas non plus, de peur de perdre contact avec le fils de Rosalyn avec qui il entretient une véritable relation père-fils.

Lors de l’un de leurs stratagèmes, ils se font épingler par Richie Dimaso (Bradley Cooper), un enquêteur ambitieux du FBI. En fait, Sydney se fait épingler, mais le FBI ne réussit pas à prouver qu’Irving est impliqué dans le stratagème. Richie propose donc à Irving qu’en échange de la liberté de Sydney, il devra l’aider à épingler des joueurs importants dans le domaine de la fraude et de la corruption. Il accepte, mais les dommages sont faits : la relation entre Irving et Sydney se retrouve entachée.

Les deux complices travaillent donc avec Richie Dimaso afin d’épingler notamment un réseau de corruption politique (est-ce que ca vous rappelle quelque chose au Québec par hasard?). Carmine Polito (Jeremy Renner), le maire de Camden, au New Jersey, tente de raviver Atlantic City suite à la légalisation du jeu dans son état. Manquant de fonds, il tente d’aller chercher l’aide d’investisseurs afin d’acheter tous les permis nécessaires et d’accélérer le processus de façon plus ou moins légale. Irving Rosenfeld fignole un plan apparemment sans failles, mais tout ne vas pas toujours selon les plans…

Le scénario, quoi qu’intéressant à la base, s’essouffle beaucoup à partir de la moitié du film. Le film est séparé en 3 sections principales, soit une transaction clé (le « présent »), le passé et ce qui suit la transaction. Le cheminement apporté par les différents changements dans le temps est amusante, même si on a déjà vu ce type de processus. Le gros problème est la partie qui suit la transaction. On y retrouve beaucoup de longueurs et de scènes qui sont, à mon sens, carrément inutiles. On a beau désirer élucider l’énigme du scénario, on se retrouve sans cesse mélangé dans un tourbillon de scènes inutiles et de conversations qui n’ont pas tant d’impact sur l’histoire.

La grande force du film reste l’interaction entre les personnages. Irving, Sydney et Richie forment carrément un triangle amoureux. S’il est évident qu’Irving adore Sydney, elle semble le rejeter plus souvent qu’à son tour suite à son arrestation par Richie. Ce dernier est clairement en amour avec elle, sentiment qui semble parfois réciproque. Il faut comprendre qu’elle tente d’amadouer l’agent de n’importe quelle façon, mais son jeu est tellement juste qu’on se demande si elle joue le jeu ou si elle développe un amour bien réel envers le détective. De plus, elle se détache complètement d’Irving, comme si elle le détestait, déstabilisant complètement l’escroc.

Un autre triangle amoureux est développé : celui entre Irving, Sydney et Rosalyn, l’épouse d’Irving. Cette dernière n’est pas prête à laisser Irving partir malgré un mariage difficile. Elle est en dépression et a clairement des problèmes psychologiques à régler. La situation est donc très délicate pour Irving.

Irving développe aussi une relation amicale profonde avec le maire de Camden, Carmine Polito. S’il désirait simplement l’utiliser afin de libérer sa dulcinée de la police, la situation se complique beaucoup quand il commence à connaître Polito. Il est un politicien pas comme les autres, un homme du peuple. Un bon gars. Cette situation rend la situation beaucoup plus difficile pour Irving.

La relation la plus intéressante reste, à mes yeux, celle entre Richie et Irving. On y retrouve une relation claire de maître-esclave au début de leur collaboration. C’est normal, Irving doit faire ce que Richie demande afin que Sydney soit libérée. Cependant, plus que le film avance, plus qu’on remarque que Richie n’est pas l’homme le plus sain d’esprit ni le plus compétent pour ce qui est de planification de l’enquête. Irving doit de plus en plus prendre le contrôle de la situation et ne se gênera pas pour contredire les décisions de Richie, ou même carrément  changer le plan à la dernière minute afin que tout fonctionne. Selon moi, la relation ente ces 2 personnages est l’aspect le plus intéressant du film.

Les acteurs font tous un bon boulot, mais je donnerais une étoile particulière à Christian Bale et Jennifer Lawrence pour leurs rôles respectifs. Lawrence a un rôle un peu plus effacé, mais elle perce l’écran par sa performance quand elle s’y retrouve. Elle a vraiment l’air cinglée, que ça soit lorsqu’elle se fâche ou lorsqu’elle est simplement attristée. Bale, de son côté, est complètement transformé pour ce film (encore une fois, rappelez-vous de The Fighter ou The Machinist). Il est chauve et a pris 40 livres pour le film, ce qui lui a d’ailleurs occasionné une détérioration de deux disques de la colonne vertébrale. Son jeu m’a particulièrement touché, passant d’un homme relativement confiant en lui-même en début de film, à un homme peureux, anxieux, dépressif vers la fin.

En gros, l’ambiance du film est réussie. Le film se passe dans les années 70-80, dans le temps du disco, de la drogue et du sexe sans retenu. Je n’ai pas noté s’anachronisme flagrant, que ce soit dans les décors, les discours ou la musique. Bon, je ne suis pas un expert de cette période, mais ça me semblait bien fidèle! Sachez aussi que le film est basé sur une histoire vécue, celle de Mal Weinberg. S’il y a des similitudes entre le film et la vraie vie, l’œuvre de David O. Russell est beaucoup plus près de la fiction que de la réalité, et c’est ainsi que le film nous est présenté.

En résumé, American Hustle est un bon film. Vous ne serez pas déçu si vous adorez les bons suspenses et les films traitant de relations interpersonnelles. Le film n’a pas beaucoup d’action, mais se rachète avec une solide interprétation et un suspense jusqu’à la toute fin. Par contre, je dois dire que je ne le considère pas du tout supérieur à des films comme Wolf of Wall street ou 12 years a slave, autres films nominés pour meilleur film aux Oscars.

Ma note : 7.5 / 10

Points positifs :
-Bon suspense
-La relation entre les personnages
-Interprétation des acteurs
-Scénario facile à comprendre pour un suspense

Points négatifs :
-Beaucoup de Longueurs
-Rythme lent
-La fin a des faiblesses, mais je ne la ruinerai pas pour vous.

Réalisateur : David O. Russell

Acteurs principaux : Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence

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