(Test FG – Jeux vidéo) Elegy For a Dead World

Elegy for a Dead World (Trad: Éloge d’un Monde Disparu), n’est pas un jeu vidéo. En fait, ce n’est même pas un jeu. Elegy fait partie de cette nouvelle vague de « jeu », comme Dear Esther ou Proteus, qui vous demande seulement d’explorer des mondes désolés. Mais Elegy pousse plus loin que la simple balade en forêt accompagnée d’une narration, parce que Elegy exige de vous d’écrire l’histoire que vous inspire le visuel.

Note: le logiciel qui nous a été fourni pour le test est en mode Béta.

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Entrez dans un monde et écrivez.

Je n’ai jamais rencontré quelque chose qui se compare à Elegy for a Dead World, sinon peut-être un cahier de première année dans lequel on nous demandait de décrire un dessin.  Elegy débute avec notre petit astronaute qui flotte dans le vide intersidéral. On choisit l’un des 3 mondes à l’écran et c’est alors que l’on peut faire son choix de la méthode selon laquelle on va écrire notre histoire. Premier bémol, le jeu est en anglais seulement, par contre, il est possible d’y écrire en français, soit en ignorant le début de textes qui y sont déjà et qui sont censés nous donner une direction, soit en choisissant le mode d’écriture libre (free writing). Si vous vous débrouillez assez bien dans la lecture de la langue de Shakespeare, vous pouvez simplement utiliser les phrases à l’écran comme point de départ à votre propre scénario. D’autres modes vous suggèrent d’écrire selon différentes perspectives, ça peut être soit un auteur du 18e siècle, une écolière, ou un roi qui s’adresse à son peuple à la fin d’une guerre. Il y a aussi le mode grammaire, mais j’y reviendrais à la fin.

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Tatooine ?

Une fois les paramètres de votre inspiration choisie, vous plongez sur une planète qui semble dépourvue de civilisation. L’une d’entre elles semble offrir la vue d’animaux, mais aucun autre Humanoïde n’est présent. C’est un monde mort, détruit, ou tout simplement abandonné. En fait, c’est ce que vous en ferez, puisque Elegy a beaucoup plus en commun avec Microsoft Word que Fallout. Si vous vous êtes surpris à admirer le paysage dans Assassin’s Creed ou si vous avez eu des envies de faire des dithyrambes poétiques au sommet de l’hôtel de Fallout 3 en observant le nuage nucléaire de Mégaton que vous avez causé, tel Néron chantant devant Rome en feu, et bien Elegy pourrait répondre à un besoin. Il y a donc peu à dire sur ce jeu. On déplace notre astronaute puis une plume nous indique qu’il y a un paragraphe disponible à notre prose. On entre bien dans des structures ou des souterrains, mais c’est seulement pour continuer l’écriture. Pas d’ennemi, pas de fusils, pas de barre de vie. Les contrôles sont aussi très simples: les flèches vous déplacent, et le reste du clavier vous permet d’écrire !!!  Probablement la plus forte utilisation du clavier depuis ARMA 3.

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J’avais envie de parler du métro de Montréal en 2020.

Les mondes créés par l’équipe de Dejobaan Games sont quand même superbes et inspirants, même si au moment du Bétâ il n’y en a que trois. Ils donnent toutes les mêmes atmosphères de calme après la tempête. J’aurais peut-être aimé un monde qui offre plus de surprise, celui avec le cerf était intéressant, mais au final on regarde un tableau très doux et très reposant. Il serait bien que le développeur ouvre l’accès à d’autres artistes pour remplir sa banque d’image. Un partenariat avec Deviantart serait un bon départ. Et si écrire n’est pas votre tasse de thé, je vous suggère de vous en faire une, et vous assoir devant votre ordinateur pour lire ce que d’autres ont écrit. Un amateur de science-fiction pourrait donc trouver dans Elegy une sorte de mini bibliothèque virtuelle de courtes histoires. Il est possible pour le lecteur de recommander leurs lectures, ce qui se traduit en trophée pour les auteurs qui réussiront à atteindre mille recommandations.

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Une fois finalisé, le mode lecture vous permet d’apprécier votre futur prix Nobel.

Mais qui va vouloir passer des heures devant son ordinateur à écrire des histoires? Pas le joueur moyen qui cherche de l’action comme dans Smash Bros, Bayonnetta ou Farcry 4. Le jeu en fait devrait faire sa promotion dans les salons du livre et les écoles, là où les gens qui désirent écrire comme forme de passetemps sont peut-être plus faciles à rejoindre. C’est ici que je reviens sur le mode Grammaire. Il est certain que les créateurs ont voulu faire de Elegy un outil éducationnel. L’introduction du mode grammaire mentionne clairement qu’il est destiné aux professeurs d’anglais. L’idée est simple: fournir une histoire dans laquelle l’orthographe a besoin de correction. Par contre, le jeu ne donne pas la correction, alors si vous pensiez y trouver une forme de cours d’anglais, oublier ça. Le mode est vraiment conçu pour être supervisé par un enseignant.

Elegy for a Dead World n’est pas un jeu que l’on recommande. Le type de personne qui va être attiré vers ce produit n’est probablement pas quelqu’un qui aime les jeux vidéos au départ. C’est peut-être un avide lecteur de courts essais, ou votre prof d’anglais qui cherche quelque chose de plus stimulant qu’une page blanche pour vos dissertations. J’applaudis le concept et je souhaite que le distributeur fasse son chemin dans les salles de classe, du moins, j’aurais surement aimé avoir ce type de produit lorsque j’étais au secondaire.

Fiche technique:

PC, Mac, Steam, Kickstarter

Developer par: Dejobaan Games et Popcannibal Games

Points forts:Version finale prévue pour 2015.

Site officiel: http://www.dejobaan.com/elegy/

Points forts:

  • Beau visuel qui inspire des histoires variées, lorsque l’on regarde les histoires publiées.
  • L’atmosphère sonore aussi complémente bien avec douceur et un imaginaire auditif relaxant.
  • Les multiples suggestions pour vous diriger dans le style d’écriture.
  • La possibilité d’imprimer nos histoires et de recevoir un livre.

Points faibles :

  • Expérience EXTRÊMEMENT niche.
  • Les mondes devraient offrir des surprises ou des actions, qui nous choquent et nous poussent à réagir de façon plus émotive.
  • Le créateur du jeu doit sortir de Steam pour promouvoir son projet à une audience plus réceptive.
  • En anglais seulement, à moins d’écrire en mode libre.

-Eric Chamberland

Twitter @chambee

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