(Test FG – Jeux vidéo) Middle-Earth: Shadow of Mordor (Xbox One, MàJ)

Au pays de Mordor où s’étendent les ombres se dressent des erreurs et il se doit d’être dit d’entrée de jeu: le nouveau-né de Monolith Productions n’arrive pas à la cheville de ses influences. Qu’apporte Shadow of Mordor face à son concurrent? À vous de lire.

Préface: Une première version de cet écrit a été publiée. J’étais si en colère contre la médiocrité du jeu que mon opinion et ma qualité d’écriture en ont souffert. Cependant, je tiens à souligner que je ne teste jamais mes jeux à moitié. Je crois qu’il est important de tout tester en corrélation avec le but nécessaire de ce jeu d’exister. Je le redis et je le maintiens: Shadow of Mordor n’atteint pas son but même si on excuse l’idée « d’étendre » l’univers.

Test effectué à partir d’une copie achetée par l’auteur.

Middle-Earth: Shadow of Mordor présente l’histoire de vengeance de Talion, un rôdeur du Gondor chargé de garder le Morannon soit la Porte Noire du Mordor, le pays à l’est de la Terre du Milieu. Le jeu pourrait se passer entre 2941 et 2951 du Troisième Âge mais rien n’est évidemment clair dans le récit pour établir une continuité entre la défaite du Nécromancien de Dol Guldur qui était Sauron jusqu’à l’annonce de son retour en Mordor avec la reconstruction de Barad-dûr, la Tour Noire en ruines, et l’éruption d’Orodruin, la Montagne du Destin. Le jeu tente de multiplier les références avec le film mais n’arrive pas à atteindre la même qualité que Peter Jackson a offerte aux débuts des années 2000. On retrouve les petites histoires d’amour impossible et de chasse mais le tout est si mal servi que je ne croyais plus au bon vouloir de Talion de venger sa famille qui fut assassinée devant ses yeux (dans la scène d’ouverture). Le jeu se termine par la pire des façons ce qui n’arrange certainement pas les choses. Je n’ai pas cru à l’histoire et cela me permet de dire que si le jeu voulait présenter cette histoire avant le reste du produit, c’est définitivement un échec. Certaines missions ouvrent sur une séquence de marche automatique même si vous pouvez contrôler la vitesse de vos déplacements et celles-ci ne s’activent que si vous appuyez sur RB (Xbox One). Le monde est donc pas du tout organique en comparaison avec Batman Arkham City où il y avait du développement en temps réel avec les points de relais qu’on atteignait sans oublier la succession de missions et la discussion entre les personnages.

Même si Troy Baker semble donner une bonne performance, il aurait fallu donner le travail à un vrai britannique car je ne croyais pas en son interprétation. C’est encore pire lorsqu’on entend le spectre qui l’accompagne prononcer quelques mots symboliques de la franchise et qu’il se trompe littéralement. Il aurait fallu que les doubleurs voient les films avant de participer à cette œuvre. Cependant, Gollum et un certain Ratbag réussissent à voler la vedette. Le doubleur de Gollum n’est certainement pas Andy Serkis mais joue bien son jeu et l’entendre chanter est peut-être le meilleur moment de l’histoire. Ratbag est un Orque ridiculement stupide qui souhaite devenir un chef de guerre mais finira toujours, de façon inexplicable, à se mettre les pieds dans… quelque chose. Pour revenir au spectre, n’importe qui ayant lu Le Silmarillion le reconnaîtra et il s’agit, pour moi, de la plus grosse insulte que l’on peut faire aux fans de J.R.R. Tolkien. Il est dommage que je ne puisse vous expliquer son identité car il s’agit d’un gâchis énorme de vous révéler son nom.

shadow-mordor-sale

Au niveau de la jouabilité, Shadow of Mordor est correct… si par correct on peut dire copier-coller pour ne pas dire plagiat des animations et codage d’Assassin’s Creed II. Le jeu est un monde-ouvert où on escalade les tours, synchronise la carte et combat des templiers… Je veux dire des Orques. Ceux-ci réagissent différemment selon vos performances mais la surprise s’estompe vite. Les missions secondaires n’apportent rien sauf le typique système d’expérience à la Tomb Raider et Batman Arkham pour débloquer des habiletés actives. Même si vous souhaitez jouer dans un style précis, c’est impossible car le jeu vous imposera, comme dans Batman, des séquences de combats ou infiltration. Pour ce qui est des passages d’infiltration, le tout est beaucoup plus simpliste que dans Arkham même si on peut, à un certain point du jeu, corrompre un Orque, le frapper dans le dos avec la dague après l’avoir saisi (ou même le faire tomber). Le système de combat est, bien entendu, repris d’Arkham mais a un avantage évident: on peut contrer une attaque si nous sommes en pleine offensive. Cela ouvre la porte à une plus grande marge de manœuvre mais le tout est rabaissé par le simple fait que toutes les techniques cachées pour rendre le système de combat profond n’est pas seulement repris… mais directement copié d’Arkham. C’est là le gros problème de Shadow of Mordor. On a une « nouvelle licence » qui est incapable d’amener du véritable sang neuf.

Ce qui sauve le jeu d’être 100% une déception pour moi est le système Nemesis. Mis à part le fait qu’on peut exploiter le système et rendre le jeu beaucoup trop facile, le système Nemesis apporte quelque chose qui pourrait être repris dans un futur jeu du genre. Il s’agit d’un système où la hiérarchie Orque se bat pour être capitaine jusqu’à devenir chef de guerre. La mise en situation par Ratbag est précise dans son contexte humoristique: si vous vous faites tuer par un Orque, celui pourrait monter en grade pour ensuite assassiner un autre capitaine orque. Chaque capitaine a des forces et faiblesses à exploiter mais cela ne veut pas dire qu’ils tomberont d’un seul coup. Il est aussi possible de croiser plusieurs capitaines dans une même zone ce qui force le joueur à devoir s’adapter et combattre un chef à la fois. Plus le jeu avance, plus les chefs auront des attributs supplémentaires et ne se battront pas seulement au corps-à-corps. Il y a des Orques munis d’arbalètes, des piquiers (avec des lances), des Orques avec des boucliers, etc. Certains de ses Orques sont vulnérables de la même façon que dans Arkham ce qui est un peu dommage. Affronter dix Orques, c’est possible mais les missions secondaires peuvent vous donner des tâches comme éliminer 50 Orques avec un objectif boni comme faire un combo de 100 coups pour cette même mission. Des capitaines peuvent être dans ces missions et peuvent vous causer problème. Le jeu ne profite pas assez bien de son système, particulièrement dans le contexte scénaristique. Cependant, je vois le potentiel de faire un jeu où on joue un Orque tout en ayant ce système afin de voir la hiérarchie Orque et devenir un lieutenant pour Sauron.

Middle-Earth_Shadow_of_Mordor_Nemesis_System

Le système Nemesis ne sauve pas le jeu d’être un gâchis que j’ai joué durant 35 heures et 85% des objectifs en ce qui me concerne et j’ai terminé le jeu. Je dois le dire: j’aurais dû aimer ce jeu puisque je suis quelqu’un qui apprécie immensément l’œuvre de Tolkien et le gameplay d’Arkham. Cependant, j’avais l’impression de jouer pour les mauvaises raisons. Si vous n’avez jamais joué à Arkham, peut-être allez-vous apprécier le jeu mais je maintiens mes propos: ce jeu est inférieur à Arkham City et inférieur à Assassin’s Creed II. Peut-être suis-je trop sévère… mais c’est ainsi. Si le jeu avait pris plus d’éléments du Silmarillion pour rendre ses personnages crédibles, j’aurais considéré cette œuvre comme étant un hommage à l’univers de Tolkien mais je ne peux le voir ainsi. Je suis prêt à accepter des nouveaux jeux ou nouvelles licences mais seulement s’ils amènent leur propre identité qui se reflète dans la jouabilité

Verdict: Une déception personnelle malgré les qualités indéniables du produit.

Points positifs:

  • Un système Nemesis qui fonctionne et qui démontre un gros respect de la hiérarchie et personnalité Orque!
  • Les personnages de Gollum et Ratbag donneront le sourire, c’est garanti!
  • Le système de combat aussi fluide qu’Arkham et c’est tant mieux!

Points négatifs:

  • Le jeu pâlit en comparaison avec des jeux sortis antérieurement qui ont servi d’influence…
  • Le doublage n’est pas exceptionnel et les acteurs auraient dû revoir les films pour certains mots…
  • L’oeuvre elle-même en mange pour un coup avec l’utilisation du spectre…

Fiche:

  • Nom: Middle-Earth: Shadow of Mordor
  • Développeur: Monolith Productions
  • Éditeur: Warner Bros. Games
  • Genre: Action/Aventure à monde-ouvert
  • Classement ESRB: M pour Mature
  • Disponible sur: Xbox One, PlayStation 4 et PC (Édition Game of the Year)
  • Joueur: 1
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s