(Test FG – Jeux vidéo) Might And Magic: Heroes VII

 
Vous le savez surement, mais en une existence beaucoup de choses nous marquent. Films, livres et bien entendu jeux vidéo.  C’est un peu le cas pour la saga Might and Magic Heroes. Une saga qui a su conquérir le cœur de nombreux fans (dont moi), mais qui malheureusement a décidé de sortir des sentiers battus et essayer de se moderniser. On le sait tous, ça n’a pas donné que du bon (Might and Magic Heroes IV), mais qu’à cela ne tienne après la sortie du 3ème opus en HD, Ubisoft a voulu donner un coup de dépoussiérant plus que bienvenu à la saga. C’est donc Limbic qui a la lourde responsabilité de relancer la machine et pour le coup, ils ont décidé d’écouter les joueurs et leur sortir un jeu « sur-mesure ». Ça nous donne un M&MH VII qui est loin d’être révolutionnaire, mais qui a pour but de regagner la confiance des fans. Du coup cet opus, une réussite ou pas ? Lisez le test bande de fougueux impatiens, vous y trouverez  la réponse.

N.B : Comme d’habitude, vous ne subirez aucun spoil. Ce sera une simple analyse du système de jeu ainsi que de ses différentes mécaniques.

Un compte aux mille et une factions:

M&MH VII met en scène le Duc Ivan en pleine crise de doute. Le royaume va mal, des décisions sont à prendre, mais il a depuis longtemps baissé les bras. Heureusement pour lui ses conseillers, issus chacun d’une faction différente, sont là pour lui… donner conseille. Pour le booster, chacun d’entre eux va conter une histoire mettant en scène un ou plusieurs Héros. Courage, trahison, diplomatie, stratégie chacun des contes a pour but d’inculquer certaines valeurs au Duc et surtout le galvaniser. La campagne fera donc intervenir chaque faction du jeu en 5 ou 6 missions ayant chacune un but précis : alliance, stratégie, trahison. Les parties se suivent, mais ne se ressemblent pas.  Chacune des factions ayant bien entendu ses propres unités et ses propres caractéristiques.

Si on peut critiquer la réalisation des « cinématiques » qui est plus que discutable à savoir une simple succession d’arrêts sur image réalisés avec les modèles 3D, la narration quant à elle est très convaincante. L’écriture, qui n’a rien à envier au passif de la série, associée au doublage honnête, nous plonge directement au cœur de l’univers M&M. Sur ce point , Limbic a fait du très bon boulot et a rendu hommage à la saga ainsi qu’à ses meilleurs opus.

Les factions disponibles sont d’ailleurs exclusivement choisies par les joueurs on y retrouvera Les Orcs, le Saint-Empire (bien entendu) ainsi que les Mages (entre autres). Donner le choix à la communauté est un geste que l’on salue bien entendu même si on peut regretter l’absence d’Inferno et sa Prison de Feu.

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Artistique solide, technique faiblarde:

In game, le constat est aussi assez positif. En effet, sur le plan artistique chacune des factions possède sa propre identité reconnaissable facilement. Les bâtiments, les unités et les Héros ont tous bénéficié d’une modélisation assez sophistiquée sans non plus tomber dans la surenchère Warhammer.

Malheureusement, la technique ne suit pas et est l’un des points noirs de cet opus.  Inutile de s’attarder sur les divers bogues et crashs occasionnels qui ne seront surement plus de la partie après la publication des différents patchs. Ce qui nous intéresse ici, c’est la finesse des textures, le travail fait sur les animations et l’environnement en général. Beaucoup d’efforts restent à faire sur ce point. Si le tout paraît très potable de loin, un simple scroll pour zoomer et la réalité technique remplace violemment les rêveries artistiques.  Le « beau »côtoie donc le « mauvais » sur le plan de la réalisation.

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Côté mise en scène lors des combats, on peut remarquer que le tout a un rendu plus dynamique. Fini les plans fixes à l’ancienne, place à la caméra dynamique qui n’hésite pas à se déplacer autour de l’action pour fournir un nouveau point de vue sur l’action. Même si les plans auraient mérité d’être un peu plus nombreux, les fans seront ravis de (re)découvrir les combats au tour par tour sous un jour nouveau. Un jour ensoleillé sans le moindre nuage à l’horizon.

Un gameplay nostalgique remis aux goûts du jour:

Des combats ayant bénéficié de nombreuses améliorations et nouveautés. On reste bien entendu dans une mécanique au tour par tour, chaque côté pouvant faire bouger ses troupes à la manière d’un jeu de dames même si quelques nouveautés sont bien sûr de la partie. On notera surtout l’implantation des bonus d’attaques qui varient en fonction du placement de l’unité par rapport à l’ennemi,  ce qui implique une nouvelle dimension tactique et stratégique. Ajoutons à cela les différentes possibilités que nous offre le terrain pour mettre les unités à couvert on obtient des combats beaucoup plus rapides et rythmés.

La diversité des unités force le respect, chacune ayant ses propres caractéristiques, points de mouvements ainsi que bonus d’attaque en fonction de leur positionnement. La possibilité d’améliorer chacune d’entre elles permet de s’adapter à l’adversaire et renforcer ses rangs même si malheureusement on se retrouve face à l’un des gros défauts du jeu : il n’y a pas réellement de stratégie.

Image 3

En effet plus les heures passent plus un schéma se dessine, on fini par comprendre que pour gagner aucune stratégie n’est nécessaire, il suffit de « bourrer » les unités. Avoir plus d’unités que l’adversaire garantit une victoire sans aucun doute. Vous me direz que c’est normal, l’armée qui a le plus d’unité a plus de chances de gagner sauf qu’ici tout est joué d’avance. Un ennemi vous fait mal ? Il suffit simplement d’attendre, de booster ces unités au maximum et de tripler leur nombre, victoire garantie. Aucune considération sur le type d’unités ni le Héro qu’il y a en face.  Tout ceci s’explique par la volonté de vouloir conserver les anciennes mécaniques héritées des précédents opus.  Si tout cela était acceptable il y a 10 ans, ce n’est malheureusement plus cas de nos jours. Limbic a dû prendre une décision qui a porté préjudice au jeu, qui se trouve amputé d’une grande partie de son intérêt stratégie. Pour un jeu du genre, c’est tout de même dommage.

Pour le reste du gameplay c’est du bon classique, on se déplace au tour par tour pour sur la map en essayant de récolter un maximum de ressource et pouvoir améliorer sa ville. Permettant ainsi de créer plus d’unités, de les améliorer et de pouvoir marchander des ressources. Ressources qui voient leur diversité augmenter ce qui nous pousse à explorer la map dans tous ces recoins pour augmenter les ressources.*

Notons aussi que la dimension RPG du jeu a elle aussi bénéficié d’un coup dépoussiérage en profondeur. Plus de capacités pour des Héros plus utiles lors des batailles. Qui ne servent pas que de super, mais qui peuvent se révéler décisifs et modifier le cours d’une bataille. Pour cela, une pelleté de sorts sont à notre disposition que l’on peut débloquer on créant et améliorer différentes guildes dans notre ville. On se retrouve donc avec de Héros remis au-devant de la scène, qui sont la charnière du jeu et qui permettent de gagner facilement la partie si on prend soin de les améliorer comme il se doit.

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Un contenu colossal:

Pour fini, attardons-nous sur la durée du jeu. De côté là, nous sommes gâtés. La campagne solo dure environ 40h, si l’on corse la difficulté et qu’on cherche à faire ça proprement on peut aller à 50h, ce qui est déjà très respectable. Ajoutons à cela le mode Escarmouche nous permettant de friter avec l’IA sur une douzaine de maps, le sympathique mode Hot Seat qui permet de jouer en local jusqu’à 8 joueurs sur le même PC. Rendons enfin hommage à l’éditeur permettant de créer des parties ainsi que des maps en paramétrant les différentes ressources (quantité, placement sur la carte, difficulté d’accès), en plaçant les unités ennemies sur la map et on modifiant le comportement de l’IA ainsi que la vitesse du jeu. De longues heures de jeu nous attendent donc avec M&MH VII que se soit pour les fans ou les néophytes.

Néophytes qui devront s’armer de patience, car Limbic a pris la (douteuse) décision de ne pas inclure de didacticiel dans son jeu. Une grosse erreur qui bien sûr confirme que l’intention des développeurs est claire : créer un jeu vidéo pour les fans. Malheureusement, cela ne manquera pas de décourager les plus curieux qui se retrouveront perdus face à un jeu aussi complexe et qui possède autant de mécaniques.

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C’est un retour gagnant pour la saga Might and Magic Heroes, ce septième opus nous a convaincus. Entre l’ajout de nouvelles fonctionnalités et la modernisation d’anciennes mécaniques de jeu, Limbic a fait un travail plus qu’honorable. Le tableau est malgré tout noirci par de nombreux défauts comme l’absence totale de didacticiel ou encore les batailles beaucoup trop unilatérales et dépendantes du nombre d’unités. Malgré tout, les fans seront surement comblés voyant leur saga fétiche revenir sous un jour meilleur, mais le reste des joueurs se retrouvera face à une saga qui accuse son âge et qui peinera à les séduire. Il ne nous reste plus qu’à espérer pour la saga que plus de risques soient pris et que l’hypothétique futur opus réussira à combler le plus grand monde.

Cote FG: 15/20

Les plus:

  • Un retour aux sources
  • Réalisation in-game qui force le respect
  • Doublage et bande-son au poil
  • Quelques mécaniques anciennes remises au goût du jour
  • Quelques nouveautés bienvenues
  • Contenu colossal

Les moins:

  • Aucun didacticiel
  • Aucune prise de risque
  • Quelques soucis techniques
  • Réalisation des cinématiques flemmarde
  • Des mécaniques de gameplay d’un autre temps
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