(Test FG – Jeux vidéo) The Town Of Light

 
Le monde vidéoludique indépendant est souvent rempli de surprises, de moments émotionnels ainsi qu’imprégné d’une certaine part de risques. C’est ce que j’apprécie grandement avec cette partie de l’industrie. C’est exactement ce que j’ai vécu au travers du jeu The Town Of Light développé et publié par le studio indé. italien LKA.it.

Dans ce jeu catégorisé horreur, j’émets beaucoup de réserve sur ce terme, se jouant à la première personne et se déroulant en 1938 en Italie, on y campe Renée, 16 ans qui a été internée pour un crime odieux (ironie): celui de ne pas avoir trouvé sa place dans ce monde. Voici d’ailleurs l’avis d’internat émis par le procureur: « elle constitue un danger pour elle-même, pour son entourage et pour l’ordre public. » Vous devrez revivre l’histoire de la jeune femme à l’intérieur de l’établissement en explorant et en interagissant avec l’environnement et où chaque décision affectera le cours de son histoire.

Cette histoire injuste en plus de nous faire vivre l’enfer de Renée, met l’emphase sur une institution historique qui prenait de plus en plus place durant cette période: les hôpitaux psychiatriques. Cette mentalité de supériorité d’une force présente, contrôlante et oppressante est pleinement vécue tout au long de l’avancée sur ce bout de vie de Renée. Bref, malgré le côté émotionnel qui est venu me chercher grandement et de cette injustice véhiculée par les grands bonzes qui se donnent le droit de tout décider, j’ai apprécié grandement vivre le côté historique de la chose.

Le jeu se vit sur quinze chapitres qui peuvent se diviser selon les choix faits dans les périodes de questionnement. Car, oui le jeu ne se campe pas seulement sur le volet exploratoire et un type de pointer/cliquer, également est présent à certaines occasions de questions sous un angle de choix qui influent sur le cours de vie de Renée. Le joueur doit se déplacer à la première personne ce qui le place dans une atmosphère encore plus immersive. Durant mon expérience, j’ai pu interagir avec certains objets, tantôt utiles, et parfois pas du tout. De plus, j’ai découvert des endroits secrets. Donc, je vous conseille fortement d’explorer toutes les zones, ça pourrait changer bien des choses.

Ces phases sont importantes, car elles permettent de retracer certains souvenirs de Renée ainsi que certaines pages de son journal. Sans ces items, vous ne comprendrez jamais son histoire et ce qui lui est véritablement arrivé. Exit la linéarité, vous pourrez visiter chaque pièce de l’établissement accessible, sortir dehors, revenir en dedans. Une belle idée des développeurs. Le jeu renferme un bon facteur de rejouabilité en offrant et choisissant de nouveaux choix qui entraîneront de nouveaux embranchements narratifs. Une superbe expérience qui se vivra sur un quatre à cinq heures pour une première fois.

L’aspect graphique demeure sobre et efficace. Certes, on ne se retrouve pas devant une production à grand budget, mais il se débrouille très bien. L’institut psychiatrique est bien représenté malgré quelques textures très laides et des décors qui chargeaient au moment de mon avancée. Par contre, les cinématiques sont sublimes et sont représentées sous forme de dessin au fusain. De l’art visuel à son meilleur et fort original. Certaines scènes sont très suggestives en présentant certains moments de nudité. Ce n’est rien comparé à la scène du viol, de la lobotomie et du suicide. J’y pense encore…

La force du titre réside dans son ambiance. Certes, il n’y a aucune présence d’ennemis, mais j’avais toujours l’impression d’être épié et observé. Les développeurs jouent sur les sons ambiants et les cris des personnes qui semblent toujours présentes entre ces murs. C’est vide et délabré, mais on a tout de même l’impression qu’il y a encore des âmes qui y vivent. Il est offert en anglais avec des sous-titres en français. Le jeu présente quelques pièces musicales à consonances italiennes bien choisies, mais que dire de la chanson après avoir terminé le jeu. Il s’agit de I Will Find You de Soley. J’en ai eu des frissons et même une larme en visionnant la vidéo.

Pour conclure, je ne peux que de vous le recommander haut la manette. Trop de qualité pour passer à côté. J’ai vécu un cinq heures intense et très émotionnel. Dans la lignée de Blackwood Crossing ou Layers Of Fear. Une superbe expérience vidéoludique. BRAVO LKA.it!

Cote FG: 8.5/10

Points positifs:

  • On veut connaître l’histoire de Renée.
  • Une ambiance immersive.
  • Les cinématiques dessinées au fusain.
  • La bande originale dans son ensemble.
  • Le facteur rejouabilité et son système de questions/choix.

Points négatifs:

  • Un peu court.
  • Un graphisme dépassé.
  • Aucune carte présente pour aider lors des déplacements.

Fiche technique:

  • Développé par LKA.it
  • Publié par Wired Productions.
  • Jeu de type pointer/cliquer.
  • Mode solo seulement.
  • Disponible en version anglaise avec sous-titres en français.
  • Offert sur PC, PS4 et Xbox One uniquement en téléchargement (testé sur Xbox One).
  • Site officiel: http://www.thetownoflight.com/press/sheet.php?p=the_town_of_light

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