(Test FG – Jeux vidéo) Cuphead (Windows 10) (MàJ)

De plus en plus, les jeux sont beaux au détriment de la jouabilité. Respecter les origines de Mega Man ou Metal Slug est une chose. Respecter les origines des dessins animés 1930 en est une autre. Combiner les deux? C’est ce que Cuphead souhaite accomplir.

Avis de divulgation: Je n’ai pas terminé Cuphead pour des raisons techniques hors de mon contrôle au moment de la publication. Je peux cependant confirmer que j’ai battu le boss de fin et le résultat fut 98%, tous les niveaux faits en mode Régulier avec un rang B- ou plus.

Avis de divulgation: Le jeu a pu être évalué à partir d’un code digital fourni par l’éditeur à des fins journalistiques.

Cuphead est le premier jeu du studio MDHR, fondé par Jared et Chad Moldenhauer. C’est un jeu qui a pu se démarquer le plus rapidement de plusieurs titres même à grand déploiement grâce à un style artistique très peu sinon pas du tout présent dans l’industrie vidéoludique. Parler de Cuphead sans mentionner l’aspect visuel et sonore serait comme parler de Mega Man X sans mentionner l’aspect action ou parler de Super Metroid sans mentionner l’aspect exploration.

Cuphead est un jeu d’action à défilement latéral 2D avec des mécaniques de tir et plateforme. En tant que Cuphead et Mugman (si vous jouez au jeu à deux grâce à un mode coopération local accessible en tout temps ou drop-in, drop-out si vous préférez), vous devrez vaincre les nombreuses créatures qui s’opposent à vous. La mise en situation rancontée comme une bande dessinée présente Cuphead qui a parié son âme contre le Diable en personne après avoir gagné des cagnottes coup sur coup au casino. Mais on ne peut jamais battre le Diable deux fois comme dirait le capitaine Davy Jones.

Le jeu se présente comme un titre de type « boss rush ». Vous avez quelques niveaux de plateformes mais le jeu est principalement constitué de combats de boss à multiples phases. Vous allez perdre vos points d’énergie très rapidement à chaque combat pour finalement apprendre comment éviter les attaques et obstacles. Ainsi, vous allez combattre des créatures aussi étranges les unes que les autres dans des mises en scène loufoques qui font étrangement beaucoup de sens. Le jeu présente aussi des phases de type shoot’em up alors que vous avez un avion et vos capacités sont quelques peu altérées.

Image3

Le boss change d’apparence de manière radicale lorsque vous progressez.

La seule façon que vous pouvez savoir si vous avancez contre le boss est s’il change de forme ou si vous mourrez. Une barre de progression sera affichée aussitôt que vous serez hors-combat et vous devrez recommencer le niveau ou la bataille au complet. Si chaque combat dure autour de 1 minute et 30 secondes à 3 minutes, vous passerez bien plus de temps à l’apprendre et à connaître ses habiletés. Le jeu est donc très difficile, exige beaucoup de patience même si le jeu pourrait vous déconcentrer avec les apparences qui changent.

Ainsi, vous courrez et sautez tout en tirant. S’il est possible de changer les contrôles sur le clavier ainsi que sur la manette, j’ai étrangement constaté l’impossibilité d’utiliser les leviers (triggers). Je ne sais pas si c’est à cause de Windows 10 ou que j’ai une manette Xbox 360 à défaut d’avoir une manette Xbox One mais je n’ai pu reconfigurer pleinement les contrôles. Ceci dit, cette option de reconfigurer les commandes est présente autant sur Xbox One que sur Steam ce qui est excellent.

Le tutoriel qui est très court et exige un peu de lecture vous apprendra les mouvements de base et si le premier niveau vous enseignera bien vite comment le jeu se passera, vous pourriez constater quelques petits problèmes. Mon principal point d’interrogation est la mécanique pour parer les attaques. Ce qui est plus rose que rose, c’est un objet ou un ennemi sur lequel vous pouvez techniquement rebondir si vous êtes à quelques points d’hitbox près. Juger les distances est une chose mais parfois, on a l’impression d’avoir faire la bonne fonction pour finalement encaisser les dégâts. Certains trucs à parer ne sont pas clairs non plus et c’est souvent le cas contre certains boss. Le jeu change les règles aussi pour cette méthode dans certains niveaux et boss ce qui m’a complètement pris par surprise et pas pour les bonnes raisons.

L’autre mécanique importante est la glissade ou le dash. Ainsi, votre personnage va glisser vers une direction horizontale. Vous pouvez le faire après un saut, dans le vide ou même au ras le sol. Ceci est important pour esquiver certaines attaques ou se préparer à en éviter une. On ne peut que glisser une fois dans les airs, on ne peut donc enchaîner une autre glissade à la suite de la première. Vous pouvez cependant glisser après avoir paré un objet ou un ennemi pour contrôler votre position afin d’atterir. D’ailleurs, certains niveaux de plateformes peuvent être étrangement designés puisqu’on est loin du 2D de type pixel-art ou même l’effet parralaxe 2.5 qu’on retrouve dans des jeux comme Shantae, Metroid: Samus Returns ou même Donkey Kong Country. Ainsi, certaines plateformes semblent plus difficiles à atteindre. C’est certainement un des défauts à cause du choix artistique mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Dans les niveaux de type plateforme, vous allez aussi récolter des pièces d’or (5 par niveau) pour acheter des modificateurs d’arme ou d’habiletés qui affecteront votre jouabilité via le « Shop » que vous trouverez sur la carte du monde où vous accéderez aux niveaux et étranges personnages qui vous diront des trucs. Ce magasin vous offrira ces flasques et vous pouvez retourner à l’écran carte et appuyer sur Y (bouton par défaut sur Xbox) pour examiner votre carte de personnage et choisir le type de modificateur. Il est tout à fait possible de faire le jeu en ayant que le « Peashooter ». Mon problème, avec ce système, c’est que les pièces ne sont que dans les niveaux de plateforme dans un jeu qui a été principalement conçu autour de ces boss. Au lieu de présenter un système similaire à Galaga, Gradius ou même Star Fox, vous devez procéder au magasin pour changer votre jouabilité. Les ennemis ne laissent tomber de pouvoirs ou points de vie.

Ainsi, Cuphead utilise un système de carte à jouer pour représenter les attaques de type EX. À force d’effectuer des dégâts sur les ennemis, des cartes monteront progressivement ce qui débloquera pour vous l’utilisation d’une attaque EX. Elles sont généralement très puissantes et efficaces contre les boss. Il y a aussi un effet perforant ce qui fait qu’on peut l’utiliser pour nettoyer une ligne d’ennemis.

Le mode coopératif, à moins de rire de vos défaites, rajoute à la confusion et au vacarme que proposent déjà les boss. Je ne peux même pas conseiller ce jeu à un enfant comme première expérience vidéoludique. Je dirais même que la cote ESRB devrait être 13 ans et plus. La mécanique principale du mode coopératif est le fantôme de votre cooéquipier que vous pouvez sauter en utilisant la technique pour parer. Cependant, plus vous mourrez chacun votre tour, plus vite le fantôme s’envolera.

Si tout cela semble vous couvenir, c’est tant mieux. Cependant, c’est là que je dois être honnête et affirmer qu’à partir de la troisième île, à 68% du jeu terminé, j’ai du cesser de jouer. C’est mon devoir d’être intègre et vous prévenir.

J’étais à environ 80% après 5 à 6 heures de jeu quand mon jeu a finalement gelé pour la 11e fois. J’ai donc, pour la deuxième fois, perdu une portion de ma sauvegarde. Je ne sais pas s’il y a eu des problèmes similaires sur Xbox One ou Steam mais la version Windows 10 a été une expérience catastrophique. J’ai donc peur d’aller plus loin sous conséquence de perdre encore plus de ma sauvegarde à cause de problèmes hors de mon contrôle. L’écran de sélection des fichiers a aussi eu des ratés et ce sont les deux fois où j’ai perdu une partie significative de ma progression.

En sachant parfaitement que le jeu est un défi considérable, je ne peux cacher une certaine frustration de devoir recommencer des boss que j’ai déjà vaincu. Ce n’est pas plus difficile ou facile: ma patience a des limites et notre temps à tous est précieux. Ceci est une déception car c’est ce qui m’amène aux points positifs.

Screenshot_20171001-184509.png

Avant d’arriver à cette phase, il faut ne pas céder sur sa danse rythmée.

Cuphead, aussi rudimentaire qu’il soit au niveau jouabilité, est sauvé par sa présentation de qualité exceptionnelle. Les boss possèdent tous des transformations étranges qui font du sens tout en étant loufoques. On peut penser à l’oiseau dans un horloge coucou en passant par un rat qui utilise des armes balistiques via une boîte de soupe qui roule ou encore la fleur démoniaque qui a les meilleurs mouvements de danse (basée sur une caricature du comédien Monroe Silver par Shamus Culhane). Vous découvrirez des boss mémorables, tous uniques les uns que les autres. J’ai même ri en voyant certaines phases ou atraques. L’oiseau dans l’horloge est un parfait exemple puisque la progression m’a complètement déstabilisé. Le simple fait d’évoquer le rire pour les bonnes raisons est une excellente chose. J’ai eu ce fou rire pendant une minute après avoir vu le boss faire une action avec le son et toute la transformation visuelle, il fallait que je dépose la manette parce que j’en avais mal au ventre.

La présentation est fluide ET le tout respecte la présentation des dessins animés des années 1930. On peut entendre le grain de film et même les déchirements comme si le tout était sur une bobine. Chaque animation est fait à la main et le travail des développeurs est sans bavure. Le jeu est accompagné d’une des meilleures bandes originales de tout jeu vidéo confondu. Je ne me lasse pas du jazz ou blues mais là, d’entendre ça dans un jeu vidéo qui respecte autant l’époque jazz et les dessins animés, c’est un petit bonheur que je peux prendre.

Si je n’avais eu aucun crash, j’aurais déjà terminé Cuphead et livré l’écrit et serais probablement plus enthousiaste. Je comprends la joie des consommateurs face au produit puisque je vois définitivement les qualités. Cependant, les problèmes que j’ai expérimenté et les pertes de sauvegarde m’ont complètement mis à terre. En fait, je ne suis pas frustré… je suis déprimé.

Cela me permet d’amener une autre bonne raison de ne pas donner de verdict sous type de chiffre… Ce qui m’amène à vous proposer… DEUX verdicts.

20171001_234447

MàJ: J’ai pu terminer Cuphead et je dois amener un autre point concernant les éléments de décor en avant-plan qui peuvent nous empêcher de voir notre personnage ou même quelques obstacles ou ennemis. Cela dit, le dernier boss est une tâche colossale en terme de difficulté.

Verdict: Cuphead est un bon jeu bien que rudimentaire. Il est unique dans cette industrie de jeux gris, remplis de cinématiques et actions contextuelles, refontes graphiques ou drames interactifs. Ce jeu est un réel vent de fraîcheur!

Verdict: Cuphead, sur WINDOWS 10, est à éviter à moins que vous soyez prêts à endurer les pertes de sauvegarde via des crashs que vous n’aurez aucune idée du comment et du pourquoi.

Points positifs:

  • On peut configurer les boutons comme on souhaite!
  • Les boss sont parmi les designs les plus intéressants des jeux du genre!
  • L’authenticité artistique! Pas besoin de le rappeler!

Points négatifs:

  • Les crashs sur Windows 10…
  • La mécanique pour parer n’est pas efficace…
  • Les niveaux de plateforme ne complimentent pas le jeu…

Fiche:

  • Nom: Cuphead
  • Développeur/Éditeur: Studio MDHR
  • Genre: Action/Tir/Plateforme
  • Joueurs: 1-2 (Mode coopératif local accessible en tout temps)
  • Cote ESRB: Enfants et Adultes
  • Disponible sur: Xbox Play Anywhere (version Windows 10 évaluée) et Steam
  • Langue: Anglais seulement
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s