(Test FG – Jeux vidéo) Conarium

 
Force est de reconnaitre que retranscrire l’essence des écrits voire l’univers de H.P. Lovecraft est loin d’être chose aisée. La lourde tâche fut donnée au développeur indépendant Zoetrope Interactive et vous savez quoi, c’est mission réussie… globalement.

Conarium vous place dans la peau du scientifique Frank Gilman qui se réveille au beau milieu de la base d’Upuaut sans trop se rappeler ce qu’il fabrique là. Commence alors l’exploration de cette mystérieuse base qui semble désertée de toute vie humaine. Votre but sera dans un premier temps fouiller cet emplacement de fond en comble et dans un second temps, tenter de découvrir et comprendre pourquoi vous vous retrouvez dans cet endroit ainsi que les étrangetés qui s’y produisent. Outre les moments qui m’ont surpris et même plonger dans un état de stress. À chaque pas que je faisais, jamais je ne savais ce qui m’attendait au détour. Les développeurs ayant grandement misé sur la narration de grande qualité pour immerger le joueur. Ayez en tête que l’histoire de Conarium s’inspire grandement du récit Les Montagnes Hallucinées de H.P. Lovecraft.

Au cours de votre exploration des lieux, vous aurez à examiner une pléthore d’items de toute sorte, trouver des documents fournissant des explications et qui se retrouvent confinés dans votre journal que vous pouvez consulter à tout moment. Ces derniers, vous relateront l’ensemble des faits de l’expédition scientifique qui semble avoir mal tourné. La force du scénario réside dans les nombreux « flashbacks » narratifs et les interventions vocales de vous-même. De plus, quelques puzzles sont au menu. Vous n’aurez d’autres choix de les résoudre pour avancer.

Construit sur le type de jeu offert dans un modèle pointer/cliquer, sachez que plusieurs lignes de texte seront mises à votre disposition. Soyez-en avisé, mais hé, c’est du H.P. Lovecraft, le maître de l’épouvante tout de même. Comptez environ entre 5 à 6 heures pour en voir la finale qui compte deux fins différentes, à vous de les découvrir. Vous n’aurez qu’à refaire la scène finale et changer votre choix effectué.

Côté mécanique de jeu, vous aurez beaucoup plus un simulateur de marche qu’autre chose. Je dirais qu’environ 80% de l’action se basera sur cet aspect. Certes, il y a quelques énigmes à résoudre, mais elles s’avèrent beaucoup trop guidées pour faire chauffer votre cervelet. Pourquoi? Parce que les indices de réussite sont donnés via les documents récoltés ou les interventions des différents protagonistes. J’aurais apprécié un plus large éventail de puzzles et être beaucoup moins guidé. Le titre m’a semblé quelque peu trop dirigiste et l’apparition scriptée d’éléments interactifs qui forcent de nombreux allers-retours inutiles auraient pu être contournés. J’avais l’impression que mon personnage pesait une tonne. L’alternance entre la marche et la course était tout sauf fluide. De plus, fouiller dans son inventaire n’est pas particulièrement intuitif.

Le gros positif comme tous les jeux estampillés Lovecraft, c’est son ambiance. En débutant par le graphisme. On passe dans des environnements sombres et empreints d’un stress incessant. En contournant un coin dans un couloir, on ne sait jamais sur qui ou quoi on tombera. Les cinématiques en ajoutent évidemment ou on a l’impression de se retrouver dans un monde parallèle.

Du début à la fin, l’ambiance lourde et inquiétante ne vous quittera jamais. De là l’intérêt suscité par les développeurs de ne jamais miser sur les « jump scares », mais plutôt sur le sentiment d’oppression qui habite le joueur du début à la fin. Le tout renforcé par une trame sonore de qualité qui place l’immersion à un autre niveau.

Au final, il s’agit d’un bon jeu pour son ambiance, mais pauvre lorsqu’il est question de mécaniques de jeu. Un bon divertissement niche qui peut plaire. Le début était prometteur, le dénouement pas si mal, mais la fin… on aurait pu faire mieux, beaucoup mieux. Ma copine qui a vu quelques moments dont la fin est d’accord avec moi sur ce point.

Cote FG: 7/10

Points positifs:

  • Un hommage à l’univers de Lovecraft.
  • Une panoplie de documents à lire, voir.
  • Une atmosphère oppressante.
  • Trame sonore d’ambiance efficace.

Points négatifs:

  • Un rythme inégal.
  • Un jeu niche (trop).
  • Énigmes peu nombreuses et trop simples.
  • Manque de finition.