(Test FG) Werewolf: The Apocalypse – Earthblood

 
Le studio Cyanide connu pour son travail sur entre autres, les franchises Blood Bowl, Styx, Pro Cycling Manager et Tour De France, revient avec le jeu Werewolf: The Apocalypse – Earthblood. Appartenant à l’univers fantastique World Of Darkness de White Wolf Publishing, le titre a malheureusement connu des ratés lors de son développement qui perdurait depuis 2017. En raison principalement du rachat de l’entreprise par Nacon (BigBen Interactive). Alors, est-ce que ces problèmes ont eu une répercussion sur le jeu final?

Des bons, des méchants et des lycanthropes:

Le scénario prend place dans une Amérique alternative dans laquelle Cahal (moi en occurrence), un garou appartenant à la meute Fianna qui infiltre un site de la corporation Endron sous l’égide du Wyrm qui a pour but de détruire le monde en s’attaquant à la nature. Comme vous vous en doutez, la mission prend une tangente négative et Cahal entre dans une rage dévastatrice. Suite à ces tristes événements, il décide qu’il est temps pour lui de quitter la meute, estimant qu’il représente un danger pour le reste de son groupe. On le retrouve cinq ans plus tard, alors qu’il apprend que son ancien clan est sur le point de tout perdre et vient à la rescousse de ce dernier dans l’ultime combat contre Endron.

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, déjà après ce préambule, j’avais le goût d’en apprendre davantage, de sauver mon clan et surtout mon monde. Mais, ne nous emballons pas trop vite, car en surface, c’est bien, mais en réalité, les développeurs n’ont pas osé se commettre dans certaines prises de risque et c’est dommage. L’aventure fut bouclée en environ dix heures, ce qui est très peu pour un jeu jouant dans les éléments de jeu de rôle. J’ai trouvé le tout beaucoup trop expéditif. La campagne qui se joue en solo, se divise sur dix chapitres ainsi que quelques missions secondaires en plus de devoir y trouver certains documents annexes et les Esprits. On va se le dire, pour un jeu de rôle d’action, c’est très court.

Ça se joue comment?

Les différentes mécaniques représentent la grande force du jeu. Cahal avait la possibilité de se transformer à la volée en trois formes tout au long de sa progression: humain, loup (lupus) et loup-garou (Crinos). La première n’étant pas vraiment intéressante, je détaillerai les deux autres. Tout d’abord, se transformer me servait à explorer et surtout infiltrer de manière très discrète les différentes zones. Cela me procurait l’opportunité de me déplacer rapidement afin d’éliminer mes ennemis de façon furtive sans me faire repérer. Pensez de mettre hors d’usage les caméras et de saboter les tourelles et les portes.

Et voici qu’arrive le premier problème, l’intelligence artificielle. Il m’était impossible de déplacer un corps et d’avoir le choix entre neutraliser ou tuer un ennemi et à moins de devoir tuer un ennemi devant un autre ou de laisser un corps inerte bien en vue, les soldats ne réagissaient pratiquement jamais.

C’est là qu’entre en jeu la forme du loup-garou. C’est celle qui offre le plus de diversité et rehausse par le fait même l’intérêt du titre. Elle n’était disponible seulement lors des affrontements face à des ennemis plus agressifs et rendait l’expérience plus nerveuse, captivante et oui, plus sanglante. Là où je passais, l’hémoglobine coulait à flot. Au niveau des actions, je pouvais sauter, esquiver, réaliser des attaques rapides ou puissantes, des combos, saisir et exécuter des ennemis, utiliser des capacités spéciales via une jauge à remplir, prendre une posture agile ou lourde dans le but maximiser ma vitesse et ma force. Bref, prendre la forme de Crinos était très plaisant et me procurait un réel sentiment de puissance. De ce côté, ça fonctionnait à merveille.

La phase jeu de rôle:

Après la partie dédiée à l’action et aux nombreux combats, voici le déroulement des phases jeu de rôle. Malheureusement, Cyanide Studio s’est contenté de très peu. L’arbre des compétences est bien conçu, certes, mais trop minimaliste. Le fonctionnement était fort simple, j’avais la possibilité d’augmenter les aptitudes de Cahal en infiltration et en combat via les points d’Esprit récupérés tout au long de mon parcours. Après avoir mis de côté volontairement la forme humaine, cette dernière était la plus utilisée pour la fonction jeu de rôle. Elle permettait d’interagir avec différents personnages non jouables via une roue de dialogues, mais sans grande originalité. Dans un premier temps, j’ai pu en apprendre plus sur l’univers du jeu, les membres de mon clan et de mes quêtes à accomplir. Dans un second temps, trop rare à mon goût, récupérer quelques infos utiles. Petit ajout bien senti, le fait de pouvoir discuter avec un ennemi pendant que ma jauge de rage se remplissait. Ce qui me permettait de prendre l’ascendant sur mon opposant si le combat devait se déclencher.

Autre déception, la grandeur des niveaux. Le jeu comporte des cartes de taille très ordinaire, ce qui restreint grandement le champ d’action et le sentiment de liberté. Même si j’avais le choix d’emprunter la voie entre infiltration ou baston, le chemin était déjà tout tracé d’avance. Autre point négatif, certaines zones étaient gardées par des ennemis invulnérables aux attaques furtives. Pourquoi? Aucune idée, mais cette décision ne fait aucun sens dans ce style de jeu.

Des soucis au niveau du graphisme:

Je poursuis dans les points décevants et le jeu souffre de nombreux soucis techniques qui m’ont quelque peu gâché l’expérience. Le graphisme est vieillot et n’est clairement pas issu de la fin de la dernière génération. Le jeu peut s’avérer joli à de rares occasions tout de même. La caméra n’est pas toujours bien positionnée, la modélisation des personnages est bancale et les animations manquaient de fluidité et j’ai vécu quelques ralentissements pendant les cinématiques. C’est dommage, car Cyanide nous a habitué à de meilleurs résultats. Un titre fait sans trop de convictions, voire obligé par les actionnaires?

Du métal dans les oreilles:

Le jeu lors des combats s’accompagnait de pièces musicales de style métal. Mettons que ça défoulait et ça ajoutait un petit plus lors des affrontements. Il est offert avec voix anglaises et menus/sous-titres en français. Le doublage est correct, mais sans plus. Les personnages manquaient d’émotion.

Au final:

Il m’est difficile de le recommander à plein prix. Si vous avez vraiment envie de le faire, attendez une baisse de prix. Ce n’est pas si mauvais, mais pas obligatoire de le faire non plus. Le jeu possède de belles qualités, mais manque de finition.

Le jeu fut testé sur Xbox Series X via un code de téléchargement qui fut gracieusement offert par la firme Nacon.

Cote FG: 6/10

Fiche technique:

  • Développé par Cyanide Studio.
  • Publié par Nacon.
  • Jeu de rôle d’action.
  • Se joue en solo uniquement.
  • Disponible sur PC, PlayStation et Xbox. (testé sur Xbox Series X).
  • Version téléchargeable seulement.
  • Offert avec voix anglaises et menus/sous-titres en français.
  • Site officiel: http://werewolf-videogame.com/fr