(Test FG) Monster Hunter: Rise

 
Étant fan de la franchise Monster Hunter depuis l’époque de la PSP et ayant tellement apprécié le dernier opus, en occurrence Monster Hunter: World, il ne m’a pas pris un seul instant pour accepter de tester le nouveau chapitre exclusif à la Nintendo Switch, Rise. Certes, il y a eu aussi Monster Hunter: Generations Ultimate, mais il s’agit d’un portage. Alors, est-ce que la franchise poursuit dans le succès? Vous le découvrirez via ce test ci-dessous.

Un scénario?

Les fans de longue date le savent, Monster Hunter met l’emphase sur la chasse de monstres de grandeur plus ou moins impressionnante à l’aide d’un choix d’armes tout aussi de grande taille pour rivaliser avec ces ennemis. Rise continue dans cette optique et vous placera dans la peau d’un chasseur qui devra évoluer dans un village inédit qu’il devra défendre jusqu’à son dernier souffle. Donc, on est loin du scénario poussé de World, qui se construisait à base de nombreuses cinématiques avec à la clé, une mise en scène travaillée, ainsi que sa structure linéaire indiquant quelle quête effectuer et à quel moment pour progresser dans la bonne voie. Maintenant, c’est plutôt une histoire en retrait comme dans Monster Hunter Tri par exemple, avec une faible dose de cinématiques et beaucoup plus de simples phases de dialogues sans grande mise en scène.

Si cette décision des développeurs met l’emphase sur la chasse, j’avoue que je fus surpris par ce retour dans le passé, ce qui m’a procuré un sentiment de perdition quant à l’envie que j’avais de continuer ma route. J’ai l’impression que Rise c’est contenté du strict minimum en offrant une quête très ordinaire sans grand intérêt. Pour moi, offrir un presque scénario représente un manque flagrant d’ambition. J’ai l’impression que Capcom s’est dit: comme il s’agit d’un jeu exclusif à une console, nous offrirons un minimum syndical et mettrons le budget ailleurs. Le jeu total avec toutes les quêtes s’effectue à environ 40 heures avec une absence notable, la disparition des contrats. J’entends par là de terminer l’histoire de base ainsi que de vaincre le monstre ultime de cet opus.

Un peu de contenu:

Un petit mot sur les quêtes villages qui se bouclent très rapidement et il est même possible de sauter différentes étapes des quêtes du Grand Camp gracieuseté de quelques tests. De plus, cet opus relègue aux oubliettes les fusées de détresse. Donc, retour à un système de quêtes tout en solo et un volet multi séparé.

En contrepartie, le multijoueur semble mieux structuré et défini ce qui m’a donné le goût de m’y intéresser, via une progression avec des rangs dédiés. De plus les quêtes de calamités jouables à quatre joueurs s’avèrent un magnifique ajout sur lequel je reviendrai plus tard dans mon test. Selon Capcom, du contenu gratuit suivant le lancement devrait être rendu disponible régulièrement avec la première jetée fin avril avec un Dragon Ancien répondant au nom de Chaméléos, très bien connu.

La base de tout, les combats, mais pas que ça:

Si vous ne connaissez pas la franchise Monster Hunter, je pourrais vous l’expliquer comme ça: il s’agit d’une chasse au gros gibier avec en fond des quêtes dans lesquelles il faut combattre plusieurs créatures dans des combats épiques s’étalant sur une longue période. Voici comment se déroule une journée type dans le jeu. Après avoir choisi mon arme de prédilection parmi un large choix qui possède ses propres capacités, j’ai été lancé sur de grandes cartes ouvertes sans temps de chargement tout comme c’était le cas dans le dernier volet de la franchise. J’ai pu y découvrir une faune et une flore locale fort intéressante et diversifiée avec son lot de surprises. Je me suis rapidement rendu compte que chaque élément pourrait avoir une incidence directe sur mes actions. Je pouvais ramasser des herbes de toutes sortes servant à la fabrication de différentes potions ou utiliser certaines substances à mon avantage comme le miel qui me rendait un peu de vie.

Cette utilisation des ressources primaires se veut la suite venue du dernier opus et est une nouvelle fois parfaitement exploitée. Par contre, je déplore l’absence des pièges naturels comme c’était auparavant le cas. Rise ajoute une fonction importante ou plus un allié de taille et j’ai nommé le Filoptère. Ce dernier est un insecte capable de tisser des liens très résistants et deviendra rapidement la principauté de votre arsenal, vous verrez bien en y jouant. Avec le Filoptère, arrive une panoplie de mouvements comme la propulsion horizontale ou verticale dans le but d’esquiver ou pour les simples déplacements, se remettre rapidement sur pieds après être tombé au sol, prendre le contrôle d’un monstre en le chevauchant et réussir des coups spéciaux. Voilà un petit être fort utile et multitâches qui rendait mes chasses plus intéressantes. Il est à noter que la chevauchée n’était possible que lorsqu’un ennemi se retrouvait affaibli.

Viennent ensuite les fameux coups spéciaux nommés talents de substitutions. Ces derniers présents en trio pour chaque arme pouvaient être modifiés depuis les coffres que je retrouvais un peu partout sur la carte. Selon mon choix d’arme et de talents choisis, les mouvements se trouvaient modifiés. Même si le tout fonctionnait bien dans l’ensemble, j’ai trouvé que le tout rendait le jeu plus facile. Ce qui n’a jamais été le cas de la franchise auparavant. Un exemple, même si j’étais plus mobile, les monstres eux manquaient de vivacité. Donc, la marge d’erreur était plus grande et les échecs de quête, très rares. Toujours dans le but de rendre plus facile, la jauge qui montre le tranchant des armes se restaurait seule avec le temps et il était même possible d’aiguiser une arme tout en me déplaçant en montant sur mon Chumsky, la nouvelle race canine de ce volet. Je sais, cette fonctionnalité était déjà présente dans World via les montures, elle ne permettait pas de le faire en plein combat. Autre absence notable qui m’a franchement déçu: la gestion des températures. Calvasse, où est passé l’élément de survie maintenant? Donc, plus besoin de consommer des boissons chaudes ou froides selon la zone. La liste des absents est longue… et ma déception aussi.

Pourtant, toutes ces mécaniques faisaient un réel sens, alors pourquoi les avoir volontairement enlevées? Il me semble qu’une des bases de Monster Hunter c’est la préparation des combats, les tactiques à mettre en place ainsi que la réflexion. Dans Rise, je pouvais partir à la chasse sans me préoccuper des autres aspects et en sortir vainqueur sans problème. Tout le lègue de la franchise fut passé au moulinet et pourquoi Capcom? Pour offrir le jeu à un plus grand public? Vous en faites quoi des puristes de la première heure?

La nouveauté:

Bon, okay tout n’est pas décevant dans cet opus comme l’ajout des quêtes de calamités. Ces dernières qui se retrouvaient liées à la quête principale, me demandaient d’affronter des hordes de monstres dans des zones prédéfinies. Avant de débuter, on m’indiquait quelles créatures attaqueraient et quelles seraient les meneurs de la horde en question. Comme vous pouvez le penser, oui ces meneurs étaient plus imposants et puissants que les autres membres du groupe. Un petit conseil, éliminez ceux-ci en priorité. L’action s’effectuait via des cartes fermées dans lesquelles des remparts se dressaient devant moi et me permettaient de placer mes défenses comme dans un jeu de défense de tour. J’avais à ma disposition des pièges, une baliste et c’était pas mal ça. Le tout progressait au fil de la quête en question selon les objectifs secondaires à accomplir. Toute cette avancée m’a donné accès à de nouveaux outils comme de canons et des tourelles.

J’ai bien aimé ne pas combattre seul, car oui, c’est tout le village qui me prêtait main-forte dans le but de défendre son habitation. De plus, il m’était possible d’attribuer certains rôles ainsi qu’une place à mes amis. De la même manière, je pouvais évoquer des héros et des unités d’élite. Malgré leur aspect de vent nouveau, elles devenaient rapidement redondantes.

Le plus beau jeu de la Nintendo Switch?

Monster Hunter: Rise se classe avantageusement dans les plus beaux jeux de la console de Nintendo, et ce, autant en mode portable qu’en mode sédentaire sur la TV. Techniquement, le jeu tient la route avec une résolution à 30 images/seconde qui se veut très solide et offrant une belle fluidité. Les temps chargement sont assez courts dans l’ensemble, on peut dire, je crois, un beau merci au RE Engine. Certaines couleurs sont vives et chaudes et d’autres plus ternes, drabes. Les cartes sont de types classiques. Certaines zones de démarquent à quelques occasions des autres, mais rien pour vous jeter par terre. De l’autre côté du spectre, le nouveau village est une totale réussite visuelle et les fans de l’architecture japonaise seront comblés. Les monstres sont très bien modélisés et s’inspire grandement du folklore nippon. Je dirais que le point le plus négatif vient des textures issues de la végétation qui se retrouvent très amoindries. Capcom a réalisé une excellente besogne d’optimisation sur la console de Nintendo.

L’aspect sonore en demi-teinte:

Les pièces musicales sont de grande qualité et je serais tenté de dire, une coche au-dessus de ceux présentes dans World. Tantôt calme, tantôt agressive, la musique est un atout majeur de l’immersion du jeu. La pièce initiale vaut à elle seule le détour. Cependant, lorsque je citais plus haut un manque d’ambition, ça se répercute également dans le doublage. Alors que World était offert en version intégrale française, Rise quant à lui y intègre que des voix en anglais ou japonais. Je repose la question, pourquoi Capcom? Où est passé la grande ouverture que je jouissais World?

En conclusion:

Vous êtes fan de la franchise? Vous possédez une Nintendo Switch? Alors, procurez-vous-le. Cependant, j’aurais bien aimé voir le même jeu sur les consoles actuelles comme la PS5 ou Xbox Series. Malgré qu’il possède d’immenses qualités, j’ai l’impression que Capcom y est allé avec le minimum. À vous de voir…

Le jeu fut testé sur la Nintendo Switch via un code de téléchargement qui fut gracieusement offert par Nintendo Canada.

Cote FG: 7.5/10

Fiche technique:

  • Développé et publié par Capcom.
  • Jeu de rôle d’action.
  • Se joue en solo et multijoueur en ligne.
  • Disponible en exclusivité sur Nintendo Switch, à venir sur PC en 2022.
  • Version boîte et téléchargeable.
  • Offert avec voix anglaises et menus/sous-titres en français.
  • Site officiel: https://www.monsterhunter.com/rise/fr/