(Test FG) Song Of Horror

 
Pour les plus vieux, est-ce que le premier épisode de Resident Evil ou Silent Hill vous évoque certains souvenirs? Vous savez l’époque des jeux d’horreur avec des plans fixes, des endroits stressants et des énigmes un peu trop complexes. Alors, vous jouerez avec plaisir au jeu Song Of Horror de Protocol Games. Bon, je l’admets, ça sera sans zombie, créatures d’outre-tombe, mais avec la Présence. Une fibre nostalgique? Oui, mais d’une autre manière d’y jouer. Voici notre test de ce titre un peu spécial.

Une histoire basique:

L’histoire est présente, mais sert plus de contexte que de l’expérience en elle-même. De ce fait, l’écrivain Monsieur Husher ne donne plus de signes de vie depuis un bout, dès lors son éditeur contacte Daniel Noyer, le personnage central du jeu. Toujours est-il qu’il décide d’aller rendre visite à ce fameux Husher dans le but d’en savoir plus et éventuellement, enquêter sur la disparition. Arrivez sur les lieux, il découvre une étrange porte, la traverse et… elle s’efface et vous aussi devenez un autre personnage manquant. Coup de chance ou hasard calculé vos amis qui étaient au courant de votre visite, se rendent eux aussi sur les lieux pour vous chercher. Jeu d’horreur oblige, le tout se déroule durant la nuit avec comme seul outil de travail, une bougie.

Ça fonctionne comment?

L’action du jeu se découpe en plusieurs chapitres comme le ferait un roman de R.L. Stine. Ces derniers sont prétextes à découvrir de nouveaux environnements ou pièces avec divers individus. Lorsque je parle d’interpréter plusieurs personnages, c’est le même principe que par exemple, le jeu ZombiU. La mort est permanente et devrez retourner sur les lieux du crime pour récupérer le butin laissé pour mort. En effet, à chaque nouvel épisode, vous pourrez choisir l’un des quatre protagonistes possédant une gamme de caractéristiques différentes. Ayez en tête que pour affronter la Présence, vous n’aurez aucune arme à votre disposition. Vous ne pourrez que vous cacher, écouter au travers les portes et ainsi échapper à cet être venu de l’enfer des abysses. Si vous veniez qu’à vous frotter à lui, une séquence de touches contextuelles s’enclenchera et faudra faire vite. Donc, si on résume, vous avez quatre occasions pour boucler l’aventure. Dans le cas contraire, vous devrez recommencer totalement l’épisode en cours. Certes, il y a un moyen de contourner cette règle en baissant la difficulté et en optant pour le niveau facile, mais ça serait de contrevenir à l’essentiel de la jouabilité du titre indépendant tout en enlevant le facteur stress durant l’exploration du manoir. Compter environ quatre heures par épisode qui en compte cinq. Faites le calcul.

Une visite qui va bien au-delà:

Le manoir ne sera pas le seul endroit que vous serez amené à visiter. Ainsi, vous devrez passer par un hôpital, une université, un presbytère et d’autres également. Au fil de mon aventure, j’ai vécu quelques moments de frayeur disons de basse intensité, rien pour augmenter le rythme cardiaque. Exemples: lorsque je regardais par la fenêtre, tout était okay, et au second regard, voilà qu’une apparition pointe le bout de son aura. Les séquences qui m’ont jeté un petit froid dans le dos ne se passaient jamais au même endroit lorsque je devais recommencer la scène. Dans une première phase exploratoire, la Présence m’attendait en haut de l’escalier, lors de ma reprise, magie, elle n’y était plus. Rien d’effrayant, mais la peur est dans les petits détails.

Comprendre la Présence:

Pour faire court et bien réussir dans le jeu, disons que lorsque vous aurez compris comment fonctionne la Présence, dès lors vous aurez tôt fait de comprendre qu’il est fort possible d’éviter la mort assez aisément. Donc, j’arrive à la mécanique qui permet d’écouter aux portes. J’ai adoré ce mécanisme qui me donnait l’option de savoir si une manifestation m’attendait l’autre côté de la porte. Deux choix s’offraient à moi: attendre en ayant un peu de chance, elle finira par changer de pièce ou simplement changer de chemin. Par contre, si vous faites trop de bruit, la Présence n’hésitera pas à vous sauter dessus et une séquence d’actions contextuelles se met en route. Comme retenir une porte en martelant la même touche encore et encore. À d’autres occasions, je devais courir pour me cacher tout en suivant mon rythme cardiaque avec les touches LT/RT. Être trop curieux, malheureusement vous fera passer l’arme à gauche. Certaines scènes demandaient une confirmation avant d’être accomplies, mais ces scènes étaient scriptées, alors ça enlevait l’effet de surprise.

La dureté du mental:

Tous les lieux comportent des portes verrouillées, des endroits bloqués et des énigmes à résoudre. Cet aspect est habilement transposé dans le jeu. Quelques-unes m’ont fait penser à celles de Resident Evil 7. Ce faisant, une carte très complète vous servira très, très souvent. Cette dernière indiquera les portes ouvertes, fermées, les cachettes, les énigmes encore à résoudre, bref, tout ce qui est utile pour mener à bien votre mission. Ayez en tête que vous devrez effectuer une multitude d’aller-retour pour terminer une scène. Voici un point négatif que je ne comprends pas encore la décision: il n’y a aucun de lien entre les épisodes. Donc, vous n’aurez pas besoin d’aucun item du premier chapitre pour résoudre quelque chose dans les niveaux suivants. Il me semble que l’immersion aurait été encore meilleure, mais bon.

Un soupçon de Resident Evil:

Je ne suis pas décorateur intérieur, mais j’ai vécu les années 90 et j’ai trouvé beaucoup de similarités avec les décors et objets de ces années. Les décors sont somptueux et sont remplis de détails. Les environnements sont diversifiés et surprenants. Ces derniers regorgent d’items à vérifier et certains d’entre eux, pourront être placé dans l’inventaire pour les associer ou s’en servir pour avancer. Les caméras en plan fixe ne sont pas sans rappeler les premiers épisodes de Resident Evil avec une ambiance oppressante. J’ai été victime de quelques bogues de collision ou d’objets impossibles à ramasser ce qui peut devenir frustrant. J’espère que les développeurs en prendront note, car tout est facilement corrigible via une mise à jour.

Tout repose sur l’ambiance:

Comme il s’agit d’un jeu d’horreur, il faut bien que l’entièreté du titre repose sur son ambiance. Tout est sujet à vous placer sur le qui-vive. Je vous conseille d’y jouer avec un casque d’écoute. Même si j’étais seul, j’avais l’impression que ce n’était jamais vraiment le cas. Le doublage est en anglais et le jeu des acteurs était bien, mais rien pour gagner un prix d’interprétation. La musique suit l’action à l’écran.

Au final:

Bien que le jeu soit intéressant sur plusieurs aspects dont le fait de pouvoir écouter aux portes, il comporte quelques lacunes frustrantes, mais pas assez pour passer à côté. Attendez une baisse de prix, car à 50$, c’est un peu cher.

Le jeu fut testé sur la Xbox Series X via un code de téléchargement qui fut gracieusement offert par Raiser Games.

Cote FG: 8/10

Fiche technique:

  • Développé par le studio Protocol Games.
  • Publié par Raiser Games.
  • Jeu d’horreur.
  • Se joue en solo.
  • Disponible sur PC, PlayStation et Xbox. (testé sur Xbox Series X)
  • Version téléchargeable uniquement.
  • Offert avec voix en anglais et menus/sous-titres en français.
  • Site officiel: https://www.raisergames.com/games/song-of-horror/