Des jeux qui semblent très vieux de par leur effet visuel, c’est très rare. Je pense à Cuphead entre autres, qui offre ce style graphique, mais tout en couleur. Pour ce qui est du noir et blanc, Bad Cheese est là pour combler cet aspect. Rappelant les films animés des années 20 et créé par une seule personne, est-ce suffisant pour s’y intéresser, y jouer et y prendre du plaisir? Je vous livre mon verdict via la critique suivante.
Fiche technique:
- Titre: Bad Cheese
- Développeur: Simon Lukasik
- Éditeur: Feardemic
- Genre: jeu d’horreur psychologique
- Style: se joue en solo uniquement
- Date de sortie: 01 septembre 2025 (PC / NS / PS5 / Xbox)
- Disponibilité: version téléchargeable seulement
- Langue des dialogues: anglais
- Langue des menus/sous-titres: anglais/français
- Site officiel: https://www.feardemic-games.com/bad-cheese
Avis d’ExploraJeux:
Avant de débuter, je me dois de faire un brin d’histoire. Dans les années 20, Walt Disney, jeune dessinateur de grand talent, nous offre le dessin animé en noir et blanc, Steamboat Wiile en 1928. Depuis, ce pan de l’histoire est devenu culte et on a pu l’apercevoir mainte et mainte fois, comme dans le jeu Epic Mickey par exemple. Le développeur Simon Lukasik s’est clairement inspiré de ce style visuel pour la production de son jeu Bad Cheese, mais version 2025.
Bad Cheese est un jeu d’horreur psychologique inspiré par le charme étrange des animations des années 20, dans lequel on y incarne une jeune souris en surpoids (la fin explique pourquoi d’ailleurs) qui vit avec des parents très stricts et sévères. La mère étant absente pour la fin de semaine, on doit obéir et se plier aux volontés du paternel qui est très instable, voire violent, et qu’il ne faut jamais contrarier ou décevoir. Partant de là, au début, les taches a accomplir sont assez faciles, mais plus on avance et plus ça devient complexe. Pour tout mener à bien les diverses missions et voire la scène finale, il faudra compter plus ou moins 3 heures. C’est court, mais en même temps, ça n’aurait servi à rien d’allonger sa durée de vie.

Bad Cheese propose une vue à la première personne, ce qui rehausse le degré d’immersion et j’aurais bien vu une version en mode réalité virtuelle, mais le budget alloué aurait été plus élevé. La prise en main est très rapide et accessible. Que quelques touches de la manette sont mises à contribution avec des manipulations classiques: un bouton pour courir légèrement, un autre pour interagir et un dernier pour s’accroupir ou se relever. On enchaine les diverses missions dictées par notre maman, que ce soit de ramasser quelques items qui traînent, faire la lessive, préparer des frites, passer l’aspirateur, tuer les araignées, etc, mais toujours dans un style très particulier et déjanté. Plus je progressais et plus les surprises étaient d’envergure. Il y a même des combats de boss et on peut y jouer à un vieux jeu qui rappelle le fameux Pong sur Atari. D’ailleurs, si vous portez attention, vous observerez beaucoup de références de toutes sortes. Cependant, tout n’est parfait. Le personnage est très rigide dans ses déplacements et parfois, ça devient saccadé.
L’aspect visuel est la grande force du titre. Même si le jeu mise sur une ambiance angoissante et oppressante ce qui est normal pour le style horreur psychologique, il ne fait peur à pratiquement aucun moment. On note cette absence du début à la fin et c’est fort dommage. Peut-être que le visuel n’aide pas, mais bon. Disons que je m’attendais à mieux. J’ai bien aimé les décors, les petits détails, les quelques ennemis présents et la figure paternelle épouvantable. De plus, j’ai adoré la séquence sur le Steambot Willie, un clin d’œil intelligent et payant. On peut dans les options activer le grain qui rappelle les vieux films sur bobine en noir et blanc. Une belle option.

Le son est à l’honneur également. La bande originale offre des pièces sympathiques, mais manquant d’effet angoissant, les bruits ambiants rehaussent l’expérience, je vous conseille d’y jouer avec un casque d’écoute. Le doublage en anglais de manière rétro crée un contraste intéressant entre notre gentillesse et la méchanceté du papa.
En conclusion, malgré un style dessin animé, on touche vraiment à des thématiques très importantes comme la maltraitance envers les enfants, les maladies mentales, mais amenant aussi un message positif à la toute fin. Un très bon et beau projet de la part de Simon Lukasik. Hâte de voir son prochain projet.
Points positifs:
- Le récit qui se vit devant les yeux.
- L’hommage à Walt Disney.
- Toutes les références.
- Les contrôles faciles.
- Magnifique visuel.
- Les thématiques importantes.
Points négatifs:
- Très court.
- Jouabilité rigide.
- Très peu d’éléments de peur.