Lorsque je me remémore mes débuts dans l’univers des jeux d’horreur, impossible de ne pas penser au bon vieux Resident Evil. Peu de titres ont su recréer cette sensation viscérale mêlant peur, tension et fascination. J’en ai testé beaucoup, sans jamais retrouver ce frisson d’autrefois… jusqu’à aujourd’hui. Tormented Souls 2 est, à mes yeux, la définition même du succès horrifique vidéoludique, une œuvre qui parvient à conjuguer respect du passé et modernité maîtrisée.
Fiche technique:
- Titre: Tormented Souls 2
- Développeur: Dual Effect
- Éditeur: PQube
- Genre: Horreur, Action
- Style: solo
- Date de sortie: 23 octobre 2025 (PC, Xbox Series, Playstation 5)
- Disponibilité: physique et téléchargement digital
- Langue des dialogues: anglais
- Langue des menus/sous-titres: français, anglais et autre
- Site officiel: https://pqube.co.uk/games/tormented-souls-2/
Verdict de Max :

Quelques mois après les événements du premier Tormented Souls, Caroline et sa sœur Anna tentent tant bien que mal de retrouver une vie normale. Mais la paix ne dure jamais longtemps dans ce genre d’histoire… Anna commence à être hantée par d’étranges visions, des cauchemars sanglants qu’elle matérialise à travers des dessins terrifiants. Peu à peu, la frontière entre imagination et réalité s’effrite. Convaincue que sa sœur a besoin d’aide, Caroline décide de l’amener dans un couvent isolé, un lieu censé offrir paix et rédemption. Mais très vite, les choses dérapent. Les religieuses semblent dissimuler un secret, le bâtiment regorge de passages interdits, et l’atmosphère y devient suffocante. Au réveil, Caroline découvre qu’Anna a disparu, laissant derrière elle une série d’indices inquiétants. S’engage alors une quête désespérée où le mysticisme, la folie et l’amour fraternel s’entremêlent, menant la protagoniste à explorer les recoins les plus sombres de sa propre psyché.
Ce deuxième opus réussit là où beaucoup échouent : donner du poids à son récit sans trahir le gameplay. Les cinématiques sont sobres, bien intégrées, et l’écriture, bien que classique, bénéficie d’un vrai sens du mystère.Tormented Souls 2 est une lettre d’amour aux survival horrors de la fin des années 90. Les caméras fixes sont de retour, les ressources sont limitées, et chaque balle compte. Pourtant, le titre ne se contente pas de copier : il affine la formule.Les combats gagnent en fluidité grâce à un système de visée amélioré et une meilleure réactivité des déplacements. Les ennemis, quant à eux, se montrent variés et imprévisibles : certains foncent sur vous sans crier gare, d’autres se déplacent lentement, distillant une tension constante. Les énigmes — pilier du genre — sont particulièrement soignées. Elles exigent observation, logique et exploration attentive du décor. On retrouve cette satisfaction typique des anciens Resident Evil lorsqu’une clé ou un objet trouve enfin sa place dans un mécanisme tordu.

L’un des points forts du jeu reste sa lampe torche, toujours indispensable. L’obscurité n’est pas qu’un élément décoratif : elle fait partie intégrante du gameplay, rendant chaque pièce oppressante et chaque pas incertain. La lumière devient à la fois une arme et une faiblesse. Sur le plan visuel, Tormented Souls 2 impressionne par la densité de son univers. Les développeurs ont peaufiné chaque recoin du couvent, chaque texture, chaque reflet de lumière. Les environnements oscillent entre beauté gothique et horreur viscérale : vitraux éclatés, statues inquiétantes, corridors suintants et architectures religieuses déformées par la corruption. Le jeu parvient à capturer l’essence du malaise psychologique sans recourir à l’excès gore. Les jeux d’ombre et de lumière, les effets de brouillard et les transitions entre les mondes réel et surnaturel donnent au titre une identité visuelle unique.
La bande-son, subtile et travaillée, joue un rôle crucial. Les compositions musicales ne sont jamais trop présentes : elles s’effacent pour laisser place à un silence lourd, seulement brisé par un souffle dans le couloir, une porte qui grince, ou le pas hésitant de Caroline sur le parquet. Les bruitages, quant à eux, renforcent la tension — un souffle derrière vous, un cri lointain, ou un murmure à peine audible dans les murs. C’est cette attention au détail sonore qui transforme chaque minute de jeu en expérience sensorielle oppressante. Le couvent, véritable personnage du jeu, se dévoile comme un labyrinthe vivant. Ses pièces sont interconnectées à la manière d’un manoir à la Resident Evil, mais avec une logique interne solide : raccourcis, portes verrouillées, zones secrètes et énigmes environnementales. Le sentiment de progression est constant, même si certaines zones peuvent frustrer les joueurs moins patients. Le rythme, volontairement lent, privilégie la tension psychologique à l’action frénétique. C’est un choix audacieux, mais parfaitement cohérent avec l’ambiance recherchée.

Aucun jeu n’est parfait, et Tormented Souls 2 ne fait pas exception. Si les caméras fixes participent au charme rétro, elles peuvent parfois nuire à la lisibilité en plein combat. Certains déplacements manquent encore de souplesse, et quelques bugs d’affichage viennent briser l’immersion. On peut aussi regretter un doublage inégal, surtout dans les séquences émotionnelles où le ton manque parfois de justesse. Enfin, la difficulté de certaines énigmes risque de décourager les joueurs néophytes, même si les amateurs de puzzles exigeants y trouveront leur compte. Tormented Souls 2 n’invente pas la roue, mais il la fait tourner avec une maestria rare. C’est un retour triomphal du survival horror à l’ancienne, respectueux de ses racines tout en s’autorisant quelques modernisations bienvenues. Dual Effect signe ici une œuvre passionnée, sincère et terriblement efficace.

C’est une aventure qui s’adresse autant aux nostalgiques des jeux d’horreur des années 90 qu’aux nouveaux venus avides de sensations fortes. Un cauchemar somptueux, immersif et intelligent. Pour les amateurs de frissons purs et d’énigmes retorses, Tormented Souls 2 s’impose comme un petit chef-d’œuvre du macabre vidéoludique.
En un mot : inoubliable.
Points positifs :
- Une ambiance horrifique maîtrisée de bout en bout.
- Un scénario captivant et bien rythmé.
- Des énigmes intelligentes et variées.
- Une direction artistique gothique superbe.
- Une bande-son immersive et angoissante.
- Un véritable hommage aux survival horrors classiques.
- Des améliorations notables dans la fluidité du gameplay.
- Une rejouabilité intéressante grâce à plusieurs fins possibles.
Points négatifs :
- Caméras fixes parfois frustrantes lors des combats.
- Doublages inégaux et parfois monotones.
- Quelques lenteurs dans les déplacements.