Parfois, vous irez au cinéma en ayant une idée préconçue du film que vous irez voir. Vous vous direz « ça va être malade! » ou « Tout le monde dit que c’est plate, mais j’y vais pareil ». Plus souvent qu’autrement, j’ai remarqué que lors de la première option, je suis un peu déçu tandis que lors de la 2e option, je suis très surpris et satisfait de mon expérience (à moins d’aller voir Doom, que j’ai trouvé très mauvais). Eh bien, j’ai pris la décision d’aller voir un film plus que attendu, Interstellar, afin de tester cette théorie.

Interstellar était donc attendu par la plupart des cinéphiles. Pourtant, en regardant la bande-annonce, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je savais que ça se déroulait dans un futur relativement récent. Ça traitait (bien sûr) du voyage dans l’espace (tsé, ca s’appelle pas interstellar pour rien). Je savais que ce film était attendu de pied ferme, notamment à cause de la solide réputation de son réalisateur étoile, Christopher Nolan (Inception, la dernière trilogie Batman, Memento…). Je me considère pas mal vendu d’avance par rapport à ce dernier, alors j’avais très hâte de voir cette œuvre.

L’histoire se déroule dans un futur proche (même si l’année n’est pas clairement identifiée, le personnage principal conduit clairement un Dodge Ram donc ça ne se passe clairement pas en 2240). La Terre se meurt. Pas qu’elle est sur le bord d’exploser ou en danger qu’un astéroïde la frappe, mais le réchauffement climatique fait qu’il ne pleut presque plus. Des tempêtes de sables frappent partout dans le monde. Presque plus rien ne pousse, sauf du maïs.

Le personnage principal, Cooper (Matthew McConaughey) est un ex-pilote et ingénieur de la NASA, devenu fermier suite à la dissolution de l’organisation. Les fermiers ont un énorme rôle dans la société, car la nourriture est maintenant très difficile à faire pousser. Le gouvernement force les gens moins « intelligents » à devenir fermiers afin de s’assurer de nourrir la population. Un représentant annonce même à Cooper que son fils devra devenir fermier car n’est pas admissible à l’université, malgré de bonnes notes. « Nous n’avons pas besoin de plus d’ingénieurs, mais plus de fermiers ». Merveilleux non?

Bref, Cooper est un fermier plus ou moins heureux et demeure avec ses 2 enfants et son beau-père. Après avoir élucidé une énigme laissée par un « fantôme » dans la chambre de sa fille (Bon, c’est plus complexe que ça, mais je vous épargne les détails), il se retrouve à une base secrète dans le désert, qui est en fait une base de la NASA.  Le professeur John Brand (Michael Caine), lui annonce alors qu’il serait le candidat parfait pour une mission ultime pour sauver la Terre, celle de trouver une autre planète pour sauver la race humaine. Malgré ses réticences, il accepte la mission au grand désarroi de sa fille, Murphy.

Il laisse donc ses enfants, son beau-père et sa ferme pour aller dans l’Espace. Il doit donc transporter une équipe formée des meilleurs effectifs de la NASA, se rendre à Saturne (ce qui prend 14 mois), passer dans un trou noir qui serait en fait un trou de ver (wormhole) vers une autre galaxie et trouver une planète viable pour l’humain. Plusieurs scientifiques ont déjà été envoyé dans le passé et ont trouvé quelques planètes potentielles (parfois au prix de leur vie), mais Cooper et son équipe ont peu de temps et de carburant. Ils doivent faire le bon choix, ce qui ne sera pas simple. Comme d’habitude, je vous épargne le reste de l’histoire, afin que vous puissiez l’apprécier au maximum.

Abandonnez-vous à l’infini galactique

Tout d’abord , le scénario de ce film n’est pas ce qui a de plus original. La Terre est dans le trouble. Les humains vivent sur du temps emprunté. Il faut trouver une autre planète. C’est du déjà vu. Mais il est exploité à merveille par Nolan. Malgré ses presque trois heures, ce film nous transporte dans un monde fascinant, sans longueurs et rempli de suspense.

Nous avons donc la chance de suivre le périple de Cooper dans l’espace et la tentative de l’élite sur Terre de trouver une solution à l’extinction de la race humaine. Cet aspect est très intéressant, notamment car les 2 réalités, quoique aussi importantes, sont totalement différentes et nous permettent de ne pas se lasser du scénario.

Aussi, un aspect amplement apporté dans le film est la relativité du temps. Bon, je ne m’embarquerai pas dans la possibilité d’erreurs de la part de Nolan et de son équipe, car je ne suis vraiment pas un professionnel de l’analyse du temps. Cinéphiles, acceptons la réalité proposée par Nolan et ayons du plaisir!

Selon ce qui est proposé dans le film, le temps est plus lent autour d’un objet à haute force gravitationnelle, tel qu’un trou noir. À un certain moment donné, sans trop donner de détails, Cooper et son groupe devront s’aventurer tout près d’un énorme trou noir, au point qu’une heure équivaut à 7 ans sur terre. Cet aspect très important a donné non seulement une motivation importante à l’équipe de Cooper mais a aussi permis de changer complètement la dynamique sur Terre. Les enfants de Cooper sont donc plus vieux, la situation est plus critique. Un sentiment d’urgence est plus présent que jamais et nous, en tant que spectateurs du film, sommes plus stressés que jamais pour tous les acteurs du film. Cet élément m’a grandement plu. Sachez par contre que plusieurs experts de la relativité ont trouvé des erreurs supposément majeures à ce scénario. Moi, pour être honnête, j’ai simplement profité de mon temps et embarqué dans le bateau si bien gouverné par Christopher Nolan, sans me soucier des petites erreurs potentielles (et presque inévitables dans un scénario basé sur le temps).

Le film vous transportera dans des montagnes russes d’émotions qui réussiront à émouvoir même les plus pragmatiques de ce monde. Cooper devra quitter la Terre, possiblement pour toujours. Il devra abandonner ses enfants, sa ferme, sa vie, afin de sauver le monde. Il devra risquer sa vie à maintes reprises, traverser des trous noirs (ce qui n’est pas l’expérience la plus rassurante), prendre des décisions difficiles et possiblement se mettre à dos certaines personnes afin de réussir sa mission. Il passera par la joie, la tristesse, la colère, la peur. Tout ça réparti sur plusieurs années (n’oubliez pas, le voyage dans l’espace est long).

L’année fortuite de Matthew McConaughey continue après son Oscar de l’an dernier. Il fait un travail magistral dans son rôle de Cooper, que ça soit lors des scènes légères ou celles fortes en émotions. Les amateurs d’émotions fortes seront servis à souhait.

D’ailleurs, dans une seule séquence d’environ 10 minutes lors d’un moment clé du film, il nous transmet environ tous les états d’âmes possibles à l’écran et ce de manière parfaitement convaincante et honnête. À moins d’avoir un cœur de pierre, vous serez touché à coup sûr lorsqu’il quitte ses enfants, ou lorsqu’en solitaire, il regarde les vidéos qui lui sont envoyés de la Terre. S’il ne gagne pas d’Oscar pour ce rôle, je n’aurai rien compris du cinéma.

Les autres acteurs font par ailleurs un bon boulot, principalement la ravissante Jessica Chastain, campant le rôle de la fille de Cooper (adulte). Devant afficher une certaine amertume vieille de plus de 20 ans suite à l’abandon de son père, elle démontre parfaitement bien le sang froid de son personnage lorsqu’il en est le temps, tout en affichant des moments de faiblesse lorsqu’elle n’en peut plus. Sans vous gâcher la fin, son interprétation prend encore plus d’importance vers la fin du film.

Pour ce qui est de l’ambiance générale du film, Nolan a eu beaucoup d’influence de d’autres succès de science-fiction, notamment 2001 : Odyssée de l’espace. On y reconnait le rythme lent, les longs moments de silence, l’omniprésence de la musique pour mettre l’ambiance etc. Je dresserais aussi un parallèle intéressant entre Gravity et Interstellar. Pas que Nolan ait usé de la même sauce que Alfonso Cuaron ni même été influencé par ce dernier, mais j’ai souvent eu les mêmes émotions provoquées par l’infini de l’espace lors des deux visionnements.

Lorsque vous pensez à Christopher Nolan, vous pouvez généralement vous attendre à une ambiance presque parfaite, que ce soit par les effets spéciaux impressionnants ou la musique envoûtante. Vous ne serez pas déçus. La justesse des effets spéciaux est irréprochable, que ce soit lors des scènes sur Terre ou dans l’Espace. On ne ressent pas une exagération ou un forçage des effets spéciaux. Tout se fait naturellement.

Hans Zimmer a, tant qu’à lui, reprit là où il a laissé lors de ses derniers projets avec le réalisateur (trilogie Batman, Inception…) en nous offrant possiblement la meilleure bande originale de l’année. L’ambiance apportée par la musique fait donc partie prenante de l’œuvre. Deux mots : Hans Zimmer.

Conclusion

Si vous êtes un fan de Nolan, de science-fiction, de Matthew McConaughey, de bonne musique, d’effets spéciaux ou si vous avez simplement du goût (ok ok, j’arrête d’être condescendant!), vous devez absolument voir ce film. Il a tous les ingrédients d’un grand film et me donne assurément du fil à retordre dans mon choix du film de l’année.

Ma note : 10 planètes potentielles sur 10 (ouf…)

Points positifs :

-Scénario bien écrit et réalisé
-Interprétation des acteurs sans reproche
-Plein d’émotions
-Effets spéciaux à couper le souffle
-Rythme parfait
-Bande originale parfaitement adaptée au film

Points négatifs :

-Je devais en trouver un, la base du scénario est déjà vu

Mon Twitter : JsChapleau