Un Voyage Inattendu devait nous accrocher à de nouveaux personnages, La Désolation de Smaug devait nous préparer au duel de mots entre Bilbon et Smaug… La Bataille des Cinq Armées a le devoir de conclure cette trilogie du Hobbit en plus de sceller les liens avec Le Seigneur des Anneaux. Malheureusement, c’est la plus grande force et le plus gros problème du film.
Vous serez choqués d’apprendre que, de mon point de vue, La Bataille des Cinq Armées est le moins bon de tous les films adaptés par Peter Jackson non pas parce que c’est la fin mais bien qu’il ne fait pas l’effort de conclure le nécessaire. On tente malheureusement trop de nous rattacher au Seigneur des Anneaux qui est, près de 15 ans après La Communauté de l’Anneau, l’une des plus grandes trilogies cinématographiques de notre temps. En fait, je crois que le film est plus du fan service qu’autre chose.
La Bataille des Cinq Armées ouvre si fort que son introduction s’avère être une déception. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le film commence là où on l’a laissé : l’assaut de Smaug (Benedict Cumberbatch) sur Lacville où réside Barde (Luke Evans). Si vous vous attendiez à du grand Smaug pour ce dernier volet, vous serez déçus… Ce fut mon cas et, au final, j’aurais préféré qu’on puisse visionner cette séquence durant le deuxième film ou que la trilogie soit finalement répartie sur deux films. Smaug reste néanmoins un accomplissement technique absolument grandiose.
Par la suite, on a toute la préparation pour cette Bataille des Cinq Armées : les hommes de Lacville tentent de trouver refuge, les Elfes tentent un marché avec les Nains et les Orques marchent sur le royaume d’Erebor. Tous se rassemblent dans une ultime confrontation et chacun a un but ultime qui est relié à Erebor. Si Smaug était LA raison de la présence des Orques, on peut facilement l’oublier puisque l’ensemble des armées nous ramène finalement à des séquences de bataille qui peuvent rappeler les champs de guerre du Gouffre de Helm, La Porte Noire et Minas Tirith qui sont encore épiques et intemporels en cinématographie.

Richard Armitage surprend dans ce film alors que Thorin est emporté par la folie.
La Bataille des Cinq Armées prend tout de même le temps de nous faire explorer des coins de la Terre du Milieu jamais parus comme les Monts de Gundabad qui sont un élément clé de la Bataille d’Eriador si vous connaissez les Contes et Légendes Inachevés ou Le Silmarillion. En plus de revisiter Dol Guldur dans une séquence incroyable qui vient sceller le retour du Mal en Terre du Milieu, je me dois d’avouer que le reste du film paraît faible à l’exception d’un seul personnage qui est enfin exploité à son maximum : Thorin (Richard Armitage)!
Si La Désolation de Smaug nous a bien prévenus concernant Thorin, on sent à travers le film que le prétendant au trône d’Erebor n’est pas lui-même malgré tout ce qui arrive. Cependant, y’a des effets de ralenti qui viennent gâcher le tout à l’occasion malgré le bon vouloir de démontrer l’aveuglement du personnage face à son seul désir : l’Arkenstone, la pierre précieuse qui est l’élément clé d’une rivalité entre les Elfes et les Nains en plus d’un peuple affamé et mourant suite à l’attaque de Smaug. Le film réussit avec succès à construire le duel fatidique entre Thorin et Azog le Profanateur.
À mon avis, je crois que le film aurait été encore meilleur s’il avait offert une scène bien précise que je ne peux pas divulguer puisqu’elle était dans le livre mais pas dans le film. Si nous devons attendre la version longue pour voir cette scène en question, cette sortie en salle est malheureusement un échec. Le véritable gros problème que je peux déceler, c’est qu’il tente de conclure les trucs trop rapidement alors qu’il y a beaucoup à faire. Cette surcharge de la présence de Legolas (Orlando Bloom) et Tauriel (Evangeline Lilly) se fait au détriment de Bilbon Sacquet (Martin Freeman) qui a été, à mon avis, à la hauteur dans les moments clés même si une scène en particulier concernant le prince de la Forêt Noire, fils de Thranduil (Lee Pace), alors qu’il doit rechercher une personne du Nord était un magnifique clin d’œil à mon personnage favori de la trilogie du Seigneur des Anneaux. À dire vrai, la présence des deux Elfes (en plus d’une relation amoureuse entre Kili joué par Aindan Turner et Tauriel qui semble plus une référence à l’amitié entre Legolas et Gimli dans Le Seigneur des Anneaux) n’apporte pas grand-chose au récit. Une chose est claire, la présence de Galadriel (Cate Blanchett), Elrond (Hugo Weaving), Saroumane (le grand Christopher Lee) et Gandalf (Ian McKellen) est encore une fois un délice pour les fans de Tolkien, cette scène de Dol Guldur fut parfaite! Je ne serais pas surpris de voir une adaptation cinématographique ou télévisuelle de la fameuse Guerre du Nord et l’ascension de l’Angmar jusqu’à la défaite ultime du Roi-Sorcier (le chef des Cavaliers Noirs/Nazgûl). Une chose est claire… et c’est personnel : aucun acteur n’arrivera à la cheville de ces quatre vétérans dans leur rôle respectif. Je crois sincèrement qu’ils n’ont pas le mérite qu’ils leur reviennent dans cette trilogie : à eux seuls, ils constituent un film entier.

« Neuf anneaux pour les Hommes Mortels destinés au trépas… »
La Bataille des Cinq Armées EST un bon film mais est une déception parce qu’il aurait pu être mieux. L’œuvre a ses mérites mais ses fautes sont si énormes qu’il est impossible de les ignorer. Une conclusion peu satisfaisante pour les promesses qui ont été faites mais Peter Jackson peut tout de même se compter chanceux d’avoir été à la barre d’une bonne trilogie en Le Hobbit mais aussi celle d’un chef-d’œuvre intemporel en Le Seigneur des Anneaux. C’est un exploit énorme! Il est clair que la dernière scène a réussi à me faire verser une larme puisque c’était, évidemment, la dernière fois qu’on allait revoir la Comté avant un bon moment et, ce n’est pas une surprise, le film se termine avec un plan sur Ian Holm, notre bon vieux Bilbon Sacquet, ce qui était le clin d’œil le plus approprié.
Verdict : Bonne conclusion mais c’est la première fois dans la franchise que la version longue sera réellement importante! Dommage…
Points positifs :
- Ian McKellen, Cate Blanchett, Hugo Weaving et Christopher Lee!
- Excellente scène de guerre!
- Dol Guldur et Gundabad!
- Richard Armitage est à son mieux et les comparaisons avec Thorin et Aragorn s’arrêtent!
Points négatifs :
- Trop de fan-service… Le film survit seulement à cause de ça…
- Legolas et Tauriel n’amènent rien au récit…
- Le climax sur Smaug anéanti en 10 minutes malgré les dialogues du dragon encore une fois splendides…
- On conclut tout trop rapidement, la nécessité de la version longue…
- L’Anneau magique peu exploité…
…les maudits aigles à la fin.
D’où le fait, justement, qu’il se contentait seulement à faire des références (suffisait juste d’entendre les mots de Bilbon).