Ces derniers temps, la saga Terrifier s’est imposée comme un véritable phénomène culte auprès d’une nouvelle génération de fans, à l’image de ce que furent, en leur temps, les licences mettant en scène Freddy Krueger, Jason Voorhees ou encore Ash. Un succès qui dépasse désormais le simple cadre du cinéma. Mais adapter une œuvre horrifique en jeu vidéo n’est jamais une garantie de réussite. Terrifier : The ARTcade Game en est-il la preuve ou la bonne surprise ? Voici mon verdict.

  • Titre: Terrifier: The Artcade Game
  • Développeur: Relevo
  • Éditeur: Selecta Play
  • Genre: action, indépendant
  • Style: solo, multijoueur local
  • Date de sortie: 21 novembre 2025
  • Disponibilité: physique et téléchargement en ligne
  • Langue des dialogues: anglais
  • Sous-titres: français, anglais et autres

Le pixel art reste un excellent choix artistique, en particulier dans le registre horrifique. Des titres comme Evil Dead ont prouvé à quel point ce style pouvait être efficace lorsqu’il est bien exploité. Dans le cas de Terrifier : The ARTcade Game, le travail sur les sprites est indéniablement réussi. Les personnages principaux bénéficient d’un design soigné, tandis que les ennemis affichent des proportions volontairement exagérées qui rappellent certains Double Dragon modernes. Visuellement, l’ensemble fonctionne plutôt bien.

En revanche, les environnements constituent l’un des points faibles du jeu. Leur répétitivité est frappante et leur aspect très « série B », bien que fidèle à l’esthétique des films, peine à convaincre sur la durée. À cela s’ajoute un manque cruel de variété dans les ennemis : hors boss, seules quelques variantes sont proposées, ce qui accentue encore davantage la sensation de monotonie. Le jeu propose deux filtres visuels optionnels : l’un imite l’usure des cassettes VHS, l’autre reproduit les rayures des écrans cathodiques. Ces deux effets sont globalement réussis, avec une mention spéciale pour le filtre VHS, particulièrement immersif. Ils restent heureusement désactivables. Autre détail appréciable : les éclaboussures de sang à l’écran, parfois accompagnées de morceaux de corps projetés au premier plan pendant quelques secondes, renforcent l’identité gore du titre. Côté audio, la bande-son intègre quelques riffs de métal intéressants, mais ceux-ci se répètent inlassablement à chaque niveau, calquant leur structure sur la boucle de gameplay. Résultat : l’ensemble devient rapidement lassant. Les effets sonores s’en sortent mieux, sans toutefois briller par leur constance.

Le genre beat ’em up connaît pourtant un véritable renouveau depuis quelques années grâce à des références modernes comme TMNT : Shredder’s Revenge ou Streets of Rage 4, qui ont su moderniser la formule tout en respectant ses fondations. Malheureusement, Terrifier : The ARTcade Game peine à se hisser à ce niveau. Le principal problème réside dans son système de combat, lent, prévisible et extrêmement basique dès les premières minutes. Les commandes se limitent à une attaque standard permettant d’enchaîner un combo et à une attaque puissante. La possibilité de courir et de sauter apporte un semblant de variété, mais l’ensemble reste très limité. Une attaque spéciale permet d’éliminer plusieurs ennemis à l’écran, avec une efficacité parfois aléatoire. Quant aux exécutions finales, elles constituent l’un des rares éléments réellement originaux du jeu, mais leur impact s’estompe rapidement, même après avoir testé tous les personnages jouables. Le titre introduit toutefois une idée pour le moins audacieuse : afin de recharger leur jauge, les personnages peuvent assassiner des innocents errant sur les plateaux de tournage. Une mécanique dérangeante, fidèle à l’esprit de la franchise, qui apporte un certain cachet, sans pour autant révolutionner l’expérience.

Bien que quatre personnages soient jouables, leurs différences restent minimes, au point que la majorité des joueurs se tournera naturellement vers Art, le personnage le plus équilibré et le plus agréable à manier. Les boss de fin de niveau, incarnant différents membres de l’équipe de production du film, constituent une idée amusante sur le papier. Dans les faits, leurs schémas d’attaque sont simplistes et répétitifs, certains devenant même frustrants à cause de fenêtres d’attaque mal calibrées. Le combat contre Damien Leone, boss final, illustre parfaitement ce problème. L’aventure se boucle en environ deux heures et demie, une durée très courte, même pour le genre. Mais paradoxalement, cette brièveté joue presque en faveur du jeu, tant la répétitivité s’installe dès les quinze premières minutes. En définitive, Terrifier : The ARTcade Game donne l’étrange impression d’être court et répétitif dès son lancement, une sensation rarement aussi immédiate. Les combats, pourtant cœur du beat ’em up, manquent de profondeur et se déroulent dans des niveaux rapidement oubliables.

Verdict:

Si vous êtes un fan inconditionnel de la franchise Terrifier, la curiosité pourrait suffire à vous convaincre d’y jeter un œil, ne serait-ce que pour l’univers et les références. En revanche, si le clown ne vous parle pas particulièrement et que vous recherchez un beat ’em up solide, il existe aujourd’hui de bien meilleures alternatives, y compris parmi les productions indépendantes les moins médiatisées.

Points positifs:
  • Les exécutions particulièrement sanglantes.
  • Le système original de recharge de la jauge.
Points négatifs:
  • Des décors sans vie.
  • Les combats sont trop fades.
  • La musique est aussi répétitive que le reste du jeu.