Lorsque j’ai appris l’existence du jeu Silly Polly Beast, disons que je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. En fait, le jeu avait l’air original dans plusieurs aspects et c’est ce qui a piqué ma curiosité. Cependant, c’était rien comparé avec l’expérience manette en mains. Voici mon compte-rendu très prenant, mais quelques fois très frustrant aussi.
Fiche technique:
- Titre: Silly Polly Beast
- Développeur: Andrei Chernyshov
- Éditeur: Top Hat Studios
- Genre: jeu de tir scénarisé unique en son genre
- Style: se joue en solo uniquement
- Date de sortie: 28 octobre 2025 (PC, PlayStation, Xbox)
- Disponibilité: version téléchargeable seulement
- Langue des dialogues: —
- Langue des menus/sous-titres: anglais/français
- Site officiel: https://tophat.studio/games_SillyPollyBeast.html
Avis d’ExploraJeux:
Silly Polly Beast met en scène Polly, une jeune orpheline et muette. Étant traitée injustement par les membres de l’orphelinat, elle décide de s’échapper avec l’aide de sa meilleure amie Alice. Cependant, comme un plan d’évasion fonctionne rarement à perfection, leur objectif pour quitter cet endroit de l’enfer est rapidement compromis lorsque Alice ne se présente pas au rendez-vous, poussant Polly à partir à sa recherche. Les premières heures du jeu doivent être considérées comme un didacticiel nous montrant ce qui nous attend. Alors que la réalité commence à prendre une nouvelle forme autour de Polly, celle-ci se retrouve entre la vie et la mort après une chute dans le purgatoire. L’histoire prend alors une tournure différente, car non seulement elle doit retrouver Alice, mais avant tout, sortir de monde issu des abîmes.

Et c’est là que cet événement fâcheux change la donne. Polly fait la rencontre d’un cadavre emprisonné qui l’engage comme chasseuse et lui promet de l’aider si elle parvient à vaincre les trois démons qui contrôlent ses serrures. Lorsque Polly accepte, elle se met en route et se retrouve au milieu d’une guerre contre le brouillard, aux côtés des rebelles, et se fait même de nouveaux amis. Au cours de certains dialogues, vous pourrez faire des choix qui dicteront les actions de Polly. Parfois, ces actions peuvent mener à la fin du jeu, mais le système de sauvegarde automatique vous donne une autre chance. Tous les choix n’ont pas une fin malheureuse, et certains modifient légèrement le cours des événements, mais on vous dit de ne faire confiance à personne, et c’est à vous de décider si vous suivez ce conseil ou non. Ce qui au final, offre bien des surprises et rebondissements.

À travers chaque chapitre, vous aurez droit à des retours dans le passé de Polly et Alice à l’orphelinat. Ces scènes sont nécessaires pour caractériser Polly, car elle ne peut communiquer que par la pensée. Bien que les PNJ ne sachent pas ce qu’elle prépare, il arrive parfois qu’elle pense à une réponse qui laisse entendre que le PNJ prépare quelque chose de suspect que vous devrez découvrir durant le 10 à 15 heures que dure cette aventure démoniaque.

Silly Polly Beast propose une jouabilité à plusieurs niveaux. Polly explore diverses zones interconnectées à travers des décors intéressants. Certains endroits sont conçus comme un grand cercle où courir vous ramènera à votre point de départ, tandis que d’autres ressemblent davantage à des donjons classiques avec des chemins verrouillés et des raccourcis. À certains moments, le jeu prend une dimension plus artistique, ressemblant à une bande dessinée ou adoptant un design en 2D. Ces changements ajoutent du style et rompent la monotonie des longs couloirs similaires. Il n’y a pas beaucoup de cohésion entre toutes ces phases, mais elles sont utilisées de manière intelligente afin de limiter la redondance.

Polly acquiert progressivement davantage d’armes et de capacités, mais avant d’aller plus loin, parlons de son pistolet. L’arme de départ utilise la lumière pour recharger ses balles. Pendant le combat, la lumière est atténuée, ce qui vous oblige à réfléchir à la stratégie d’utilisation. Vous ne pouvez pas simplement vider vos munitions et espérer recharger instantanément. Elle dispose également d’un skateboard servant également d’arme et utilise de l’endurance. Si je devais décrire la jauge d’endurance en un mot, je dirais nulle. Vous pouvez peut-être enchaîner un combo avant de devoir vous écarter et attendre que la jauge se recharge, ce qui prend un temps fou et est encore plus long si vous esquivez ou tirez. Après quelques chapitres, vous trouverez des moyens de l’augmenter, mais cela ajoute toujours une touche de frustration à chaque rencontre. Voici mon premier point rageant et devra être corrigé via une mise à jour svp.

Au fil de votre progression, vous obtiendrez un fusil à pompe et d’autres armes spéciales, mais vous ne pouvez qu’en porter une seule supplémentaire à la fois. Cela vous oblige parfois à faire des choix, avec la possibilité d’en acheter une au café, mais toutes les armes font leur travail. Malheureusement, les munitions pour les armes spéciales ne sont pas rechargées par la lumière et nécessitent de ramasser les munitions lâchées par les ennemis ou trouvées dans des boîtes au préalable cassées. Il n’est pas toujours garanti que vous ayez des munitions ce qui vous rappelle constamment de ne pas gaspiller vos tirs. D’un autre côté, certains pièges peuvent être déclenchés et utilisés contre les ennemis, et les attaques ennemies blessent d’autres ennemis, ce que j’apprécie toujours. Se servir du décor à son avantage est toujours jouissif. Des chemins alternatifs peuvent parfois mener à des salles de défi qui abritent des améliorations pour le pistolet, ainsi que davantage de munitions.

Bien qu’il existe de nombreuses options pour éliminer les ennemis, ce jeu peut s’avérer assez difficile. En parcourant les donjons, vous finirez par arriver dans un café où vous pourrez acheter des objets et débloquer certains secrets. C’est également là que vous pouvez voyager rapidement, ce qui est nécessaire à certains moments, soit pour accéder à une nouvelle zone avec une nouvelle capacité, soit pour vaincre des ennemis dont vous n’avez pas encore collecté les masques. Les masques permettent d’accéder à certaines portes. Le défi vient généralement des vagues d’ennemis et du manque d’objets de soin et de munitions. La gestion des ressources ne vous laisse jamais vraiment de répit. De plus, les points de sauvegardes sont rares et si vous mourez avec une minime barre de vie et que vous êtes pris devant une vague d’ennemis, vous reviendrez à cet endroit avec la même minime barre de vie. D’habitude, lorsque l’on meurt, on revient avec sa barre pleine, mais pas ici et c’est un choix douteux et carrément crissant. J’avais le goût de lancer ma manette, mais à force de persévérer et rager, j’ai fini par réussir.

Il y a d’autres choses à faire dans l’enfer de Silly Polly Beast pendant que vous combattez les démons. Comme mentionné précédemment, certains ennemis portent des masques que vous pouvez collecter pour accéder à une pièce spéciale. Vous apprenez également des incantations qui vous permettent d’invoquer des créatures ou acquérir des aptitudes. Vous pouvez accomplir des missions secondaires auxquelles s’ajoutent quelques choix faciles. Le plus souvent, j’ai trouvé que les missions secondaires se terminaient naturellement au fur et à mesure que je progressais dans la campagne principale.
Visuellement, le jeu est magnifique et certains panoramas sont juste splendides. On distingue le monde dans lequel on vit et l’enfer dans lequel on se retrouve plongé. C’est lugubre, noir et angoissant parfois. Le bestiaire est bien modélisé et diversifié selon la zone visitée. Les effets aux ralentis lors des combats sont bien amenés. Je n’ai pas vécu de bogues ou longs chargements. Niveau audio, c’est bien, mais il n’y aucun dialogue parlé que du texte et la bande originale est bien sans plus.

Silly Polly Beast fonctionne plutôt bien par son originalité et sa créativité, mais pêche par sa trop grande difficulté et ses choix frustrants proposés par l’équipe de développement. Oui, c’est rageant, mais la progression est tellement gratifiante, donc, je le recommande, mais avec une dose d’incertitude. Il pourrait plaire autant que le contraire. À vous de voir…
Points positifs:
- Une histoire plus profonde qu’elle n’y paraît.
- Les nombreuses surprises et rebondissements.
- De magnifiques panoramas.
- Les combats…
- Une durée de vie conséquente.
Points négatifs:
- Le haut degré de difficulté
- La barre de vie qui ne se remplit pas lors du trépas.
- Trop d’allers-retours.
- … lors de vagues d’ennemis, c’est très frustrant.
Cote FG: 7.5/10
Merci à Andrei Chernyshov / Top Hat Studios de nous avoir fourni une copie du jeu sur PS5 pour permettre à Facteur Geek de le tester!
Voici un aperçu du jeu que j’ai réalisé:
